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MON TOP 2021, LITTÉRATURE DE GENRE.

Comme promis, il est l’heure de parler de « littérature de genre » et de faire le bilan de cette année 2021. Globalement, et parce que je suis une grosse lectrice depuis longtemps, je deviens plus exigeante dans mes exaltations, mais aussi dans mes retours : au-delà des seules émotions, il me faut de l’imagination, de l’originalité et un grain de folie dans l’intrigue. Cela ne veut pas dire que je ne prends pas de plaisir à lire des romans plus « grand public », bien au contraire, vous en trouverez ici aussi, mais cette année, j’ai lu quelques ouvrages que j’ai classés dans la catégorie OVNI littéraire. 

Dans mon bilan d’hier, j’ai mentionné « Notre part de nuit », qui en est un. Dans celui-ci, les deux premiers de mon classement en font partie. « Nous sommes les chasseurs » et « Les somnambules » sont deux lectures majeures de cette année pour cette formidable ode à l’imaginaire, le fait de tout oser dans la narration, et de proposer une écriture immersive qui sert réellement le récit. 

Je vous laisse découvrir le reste de ce classement tout en ajoutant ceci : on peut avoir découvert un auteur par un roman et l’avoir vraiment détesté, puis le placer dans son classement des meilleures lectures quelques années plus tard !! Toujours laisser une seconde chance : ceux qui me suivent régulièrement sauront de qui il s’agit.

Je vous souhaite de magnifiques lectures en 2022. Merci aux auteurs de nous faire rêver.

Existe-t-il une « méthode d’écriture Fel » ? 

Peut-être l’exploitation de tous les types de narration, le mélange des genres, la frontière floue entre réalité et fiction, la toute-puissance de l’imaginaire utilisée sans limites ni barrières…
« Nous sommes les chasseurs » brille par son originalité, s’obscurcit par la présence du Mal, peut susciter rejet et admiration. 
Jérémy Fel déploie ici l’étendue de son talent de la plus magistrale des façons : en générant de multiples émotions, souvent contradictoires.
Une œuvre surprenante, hallucinatoire, et audacieuse. 

 

Et si un mystérieux virus mettait en péril l’humanité ?

Et si seul un troupeau de marcheurs était mystérieusement protégé de l’épidémie ?
En 2019, Chuck Wendig imaginait un récit fascinant où un monde, malade, disparaissait progressivement.
« Les somnambules » mélange les genres et l’auteur offre un roman prophétique d’une rare densité, mêlant relations humaines, thématiques sociopolitiques et personnages emblématiques. 
Jusqu’au bout des 1165 pages, du grand art !

 

Retour en « 1991 » au temps où Sharko n’était pas encore Sharko. Fraîchement diplômé, il fait son entrée au 36. 
Ce prequel pose les bases de l’homme en devenir, des difficultés à naître, d’un métier chronophage et obsédant tout en happant le lecteur grâce à une enquête à glacer le sang. 
Franck Thilliez reste le BOSS !

 

« Komodo » est le récit intime d’une femme sur la corde raide. Tracy confie son expérience de la maternité, « cette peine à perpétuité », « cet isolement au cachot », « cette liberté surveillée » inhérents au rôle de mère qu’elle interprète depuis 5 ans. En se glissant dans la peau de cette femme, David Vann orchestre une purge des émotions. 

Seul le monde du silence et la beauté des fonds marins apportent à Tracy un sentiment de paix, difficile à abandonner sur la terre ferme, qui intensifie davantage le poids de sa charge mentale et l’amène à toutes les extrémités. 
Une lecture aussi oppressante que paisible qui nous embarque au cœur des contradictions de l’âme humaine.

 

Dans ce troisième roman, Fabrice Papillon pousse les murs de l’imagination. 
Une multitude de lieux, un mélange de réel et de fiction, des scènes d’action cinématographiques et la rencontre de deux personnages que tout oppose font de « ALIENés » un vrai divertissement. 
Mais attention, « ALIENés » délivre un vrai message de fond qu’il serait sage d’écouter…

 

« Le Carnaval des ombres » se déroule au Kansas, en 1958, sous le chapiteau d’un cirque. Un cadavre retrouvé sous le carrousel amène Michael Travis, agent du FBI à se rendre sur place. Mais… les apparences sont parfois trompeuses et l’on peut tomber sur des choses que l’on ne cherche pas vraiment…
« Le rideau était levé et ce qui se passait en coulisse était troublant et inquiétant. Le monde tel qu’il le voyait n’était pas le monde tel qu’il était. Il s’était laissé duper. »
RJ Ellory, virtuose des mots, conteur de talent, potentiel coach de vie signe ici un roman qui met en lumière les questionnements de l’existence. Un vrai bijou !

 

Donato Carrisi laisse éclater tout son talent de conteur, de metteur en scène et de scénariste dans « Je suis l’abysse ».
Au cœur d’une atmosphère malaisante à souhait, d’étranges personnages viennent hanter ce récit qui navigue autour des berges du lac de Côme.
Une totale réussite pour ce roman qui explore l’ambivalence de l’être humain. 
Connaissez-vous vraiment l’intimité de ceux qui vous entourent ?

 

« Le démon de la colline aux loups » c’est la voix de l’innocence qui narre l’horreur absolue.
Une plume incandescente se confronte à la noirceur la plus abyssale pour livrer un texte d’une remarquable portée et d’une incroyable justesse. Dimitri Rouchon-Borie signe ici une merveille de la littérature contemporaine.
Premier roman et chronique d’un immense coup de cœur.

LE DÉMON DE LA COLLINE AUX LOUPS, Dimitri Rouchon-Borie – Éditions Le Tripode, sortie le 7 janvier 2021.

 

« Le sang des Belasko » est l’histoire d’une fratrie de retour dans la Casa familiale. Entre jalousies, rancunes et non-dits, Chrystel Duchamp dissèque les émotions d’une tribu dans une construction originale et diabolique. Du grand Art !
« La maison respirait. Elle vivait. En écoutant avec attention, on entendait son cœur battre et son estomac crier famine. Son appétit semblait insatiable et son but terrifiant : engloutir la fratrie. »

LE SANG DES BELASKO, Chrystel Duchamp – L’Archipel, sortie le 14 janvier 2021

 

« S’adapter ou mourir » est le troisième roman d’Antoine Renand. Il y développe deux histoires parallèles : celle des modérateurs du web chargés d’effacer des contenus avant qu’ils nous arrivent sur la rétine, et celle d’Ambre, grande consommatrice des réseaux et des confidences faites à « un ami fictif ».
L’observation avisée de notre société et l’écriture incisive apportent de vraies thématiques à cogiter. 
L’alternance millimétrée des chapitres amène le rythme qui en fait un page-turner.
Quand la violence est omniprésente, et en constance évolution, il vous reste deux choix : « S’adapter ou mourir »

 

« La banquise était d’un bleu sombre et limpide à la fois. L’air coupant comme une lame d’acier. La lumière rasante réchauffait les esprits plus que les corps. C’était beau, immensément, irrationnellement. »
Une expédition vers le « grand désert blanc », derrière le cercle polaire.
Une correspondance entre une sœur et son frère. 
Dans cet enfer blanc, « De silence et de loup », la fureur et le bruit des souvenirs…
Patrice Gain, l’art du roman noir. 

 

Dans « Le cercle des mensonges », vous trouverez du fond et de la forme. 
Une écriture minutieuse, une auteur soucieuse du détail, de la précision dans le choix des mots et une vraie justesse dans les procédures.
Puis, une intrigue au carré, une construction rythmée et de l’exigence dans la psychologie des personnages.
Enfin, des enjeux pertinents qui pèsent sur notre futur, une thématique sociétale forte qui
alimente notre réflexion. 
Céline Denjean est désormais incontournable dans le cercle des auteurs féminines du noir. 

 

Troisième volet de l’exploration des 5 sens, « Toucher le Noir » rassemble 11 auteurs de talent. 

Le chef d’orchestre de ce projet, Yvan Fauth n’imaginait certainement pas que ce projet se poursuivrait avec autant d’enthousiasme après « Écouter le Noir ».
Et pourtant… 
Solène Bakowski, Éric Cherrière, Ghislain Gilberti, Maud Mayeras, Michaël Mention, Valentin Musso, Benoît Philippon, Jacques Saussey, Laurent Scalese, Danielle Thiéry, Franck Thilliez ont imaginé 11 textes qui gravitent autour du toucher. Hasard de la programmation, c’est sans doute ce sens qui nous manque le plus en ce moment. 
Des nouvelles immersives, envoûtantes et sombres à découvrir d’urgence !

 

« Le dernier chant » s’apparente à un cri venu des profondeurs de la Terre. Il touche d’abord les animaux, mais semble annonciateur de maux plus profonds.
L’écriture chamanique de Sonja Delzongle fait le reste.
Il flotte ici et là quelques notes de handpan, comme un trait d’union entre la planète et ses habitants…
 

Sophie Loubière excelle dans les romans d’atmosphère. Elle apporte autant de soin à ses personnages, décrits ici avec beaucoup de psychologie et une grande finesse. 
« De cendres et de larmes » est l’histoire d’une maison singulière et de cinq êtres qui l’occupent. Mais s’ils y vivent, elle les habite…
J’ai follement aimé ce roman ❤️

 

« Jeu de peaux » est un premier roman. 

Dans ce thriller sur fond d’art contemporain et de tatouages, Anouk Shutterberg y ose absolument tout. 
De l’audace, et un sacré culot !

 

MON TOP 2021, LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

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