Aude Bouquine

Blog littéraire, chroniques, sorties, bilans lecture : passionnée de polars, thrillers et romans noirs mais pas seulement !

Alors que je publiais la photo de mes derniers achats littéraires dont « La vie est un roman » de Guillaume Musso », j’ai été, comme les trois années précédentes, la cible d’un certain nombre de remarques plus que désobligeantes  : « Musso, Dicker, pour ceux qui naiment pas vraiment la littérature. », « Elle préfère du MacDo littéraire que de la gastronomie. ». Ces réflexions montrent bien, si besoin en est, où nous en sommes encore en 2020, lorsqu’il est question d’un auteur, tête d’affiche, qui vend. A-t-il évolué depuis sa première parution, s’est-il renouvelé, a-t-il progressé, est-il détenteur d’une nouvelle forme d’inspiration qui va lui permettre, encore une fois de happer ses lecteurs, dit-il de nouvelles choses ? Les imbéciles aux préjugés abrutis se ficheront bien de trouver des réponses à ces questions, trop auto centrés sur leurs probables manuscrits en gestation, jaloux sûrement de ne pas avoir la lumière tant voulue, portés sur leurs maigres petites phrasounettes, pédantes à souhait, certainement pondues à grand renfort de citations de maîtres à penser lors de vagues études de lettres dont les réminiscences servent de terreau à tenter de scribouiller un truc qui s’apparenterait à un roman. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : l’intelligent aura le discernement nécessaire pour affirmer que la lecture d’un roman est un plaisir tout à fait personnel, intime, presque confidentiel. Chaque année c’est la même histoire et c’est la même rage qui monte qui monte en moi. Lire la suite

Comprendre les raisons profondes qui poussent ceux qui disparaissent volontairement après un traumatisme. Tel était le vœu de Laurence Peyrin en écrivant « Les Jours brûlants. » Joanne Linaker est « la joie de vivre incarnée ». 1976, mariée avec Thomas, mère de deux enfants, elle vit à Modesto, petite ville dans laquelle il ne se passe pas grand-chose. Sa vie est bourgeoise, simple, minutée, rythmée par les soirées données par son époux dans lesquelles elle apparaît être « la reine de cocktails » en plus d’être une maîtresse de maison parfaite. Joanne est parfaite, « d’un bonheur simple, elle se faisait toute une fête. » Son quotidien semble idyllique, proche d’une certaine ataraxie. Lire la suite

Aller faire un petit tour sur le carrousel des sept péchés capitaux : c’est l’idée de Lawren Schneider dans ce recueil de nouvelles. Dédramatisation de certains ? Culpabilité pour d’autres ? Duquel vous sentez-vous le plus proche ? Et du plus éloigné ? Petite balade dans le recueil : c’est par ici.

Vous êtes gourmand ? Hou que la gourmandise est un vilain défaut…Demandez le menu ! Vous êtes plutôt crevettes Taïcho à la plancha ou filet de renne rôti aux fruits ? Assez spécial comme plat le renne… Vous y avez déjà goûté ? Personnellement, je crois que le Château Margaux 1986 m’attire bien plus. Allez savoir si la combinaison des deux ne donne pas l’accord parfait qui sert de décor à une soirée en amoureux. Un menu parfait pour réveiller les papilles et les instincts les plus vils au bon goût de vengeance savamment orchestrée. Dommage, on ne parle pas de dessert… pourtant préparé à l’avance et resté bien au frais au congélateur… Un sorbet fraise conclurait parfaitement ce repas ! Lire la suite

Après cette période de confinement et d’arrêt de toute publication littéraire, le premier à se jeter dans l’arène est Bernard Minier avec son huitième roman, « La Vallée ». Depuis plusieurs jours, j’entends la polémique enfler : pourquoi ne parler que des gros auteurs (comprenez ceux qui vendent), il faudrait aussi parler des petits, des « inconnus », de ceux qui vendent moins. C’est vrai. Et c’est que nous, blogueurs, essayons de faire toute l’année. Aujourd’hui, 20 mai 2020, il n’y a qu’un seul objectif : faire revenir les lecteurs en librairie. Pour éditer des auteurs moins connus, et trouver des fonds pour le faire, il faut que les têtes d’affiche de chaque maison d’édition vendent. Bernard Minier est une tête d’affiche qui vend. Pourquoi ? Parce que ses romans sont solides et addictifs (oui, j’ose un mot qui se termine en -if), des pages-turner (on ne me musellera pas), et qu’ils sont impossibles à lâcher (v’lan je t’en remets une petite couche). Bref, il y a de la place pour tout le monde, retournez en librairie, choisissez, achetez et faites-vous plaisir. Ce que j’ai personnellement eu en lisant « La Vallée ». Lire la suite

Tout d’abord, rappelons les faits. L’aventure commence avec « Dust », se poursuit avec « Quand la neige danse », puis avec « Récidive » et enfin avec « l’Homme de la plaine du nord ». Des terres d’Afrique du Kenya, à l’hiver féroce de Chicago, aux terres battues par les vents de Saint-Malo, Sonja Delzongle nous en a fait parcourir des kilomètres, nous emportant à chaque fois dans des ambiances très différentes. Cette fois-ci, c’est en Belgique qu’elle nous donne rendez-vous, aux frontières entre les cônes sombres des premiers terrils et la forêt de Seignes. Point commun ? Un personnage récurrent, Hanah Baxter, profileuse renommée à l’instinct viscéral, utilisatrice d’un pendule qui la guide perpétuellement. Quatre romans, pour une seule héroïne que je retrouve toujours avec un immense plaisir. Lire la suite

Je démarre la rédaction de cette chronique alors que je n’ai pas encore terminé le roman. C’est la première fois que cela m’arrive. Je veux être absolument sûre de rester dans l’émotion pure ressentie à la lecture de « J’irai tuer pour vous ». Henri Loevenbruck est un conteur de génie. Il fait partie de ces écrivains rares capables de vous embarquer dans n’importe quel siècle, dans n’importe quelle histoire en vous accrochant dès les premières lignes. Après l’exceptionnel « Nous rêvions juste de liberté » et le premier tome d’une saga historique « Le loup des cordeliers » qui se déroule dans les années 1700 aux prémices de la Révolution française, le voilà maintenant qui nous entraîne dans les années 80, en France, sous Mitterrand, et les attentats qui ont alors frappé le sol français. Dit comme cela, ça peut paraître rebutant… C’est sans compter sur la virtuosité de l’écrivain qui insère dans son histoire un personnage phare : Marc Masson, un homme qui a pourtant les initiales du bonheur. Lire la suite

Un juin, tu peux faire du boudin, mais aussi aller acheter des bouquins ! Le#TousEnLibrairie continue, soyons solidaires de nos amis libraires. Vous trouverez ici ma petite liste (25 titres) toute personnelle et assez éclectique : ne manque que la SF, mais j’attends les avis des copains pour m’orienter vers ce genre un peu difficile d’accès pour moi. Je signale que parmi cette sélection, vous trouverez 2 recueils de nouvelles : « Regarder le Noir » et « Classe tous risques », de quoi redonner ses lettres de noblesse à ce genre un peu délaissé. J’installe ma chaise longue dans mon jardin dès le mois de juin, et ceci pour tout l’été. Encore un déménagement programmé, mais le dernier pour… cette année ! J’aurai donc largement le temps de tous vous lire et même d’en rajouter quelques-uns. Profitez de cet été un peu particulier pour vous nourrir spirituellement en savourant cette parenthèse un peu obligée, c’est vrai. Prenez soin de vous !
Lire la suite

Ce roman est l’histoire d’une destruction massive : celle d’un père envers son fils. Une lente, mais irrémédiable démolition, depuis le plus jeune âge, par les coups et les humiliations verbales permanentes. Matthieu Fabas est atteint d’une maladie : la cryptorchidie, une anomalie de l’appareil génital masculin. Cela fait de lui moins qu’un homme, cela le résume à un être pas tout à fait achevé auquel il manquerait l’essentiel : des couilles. C’est du moins la façon dont son père le voit. Espérant remonter dans son estime, susciter un semblant d’admiration, Matthieu tue un homme. Il prendra quinze ans de prison et ne gagnera pas pour autant la moindre considération de son paternel. Son séjour en prison est l’occasion de développer une chose qui grouille en lui : un désir d’écriture. Il participe à des cours, livrés en ce sens par la prison, orchestrés par un écrivain qui canalise les émotions et donne des conseils avisés. Le récit s’articule autour des souvenirs de Matthieu, ses écrits, mais aussi des scènes d’interrogatoires. Gravitent autour de lui, trois enquêteurs : Cérisol, Nicodemo, et Grospierres dont nous suivons les vies privées, les vies professionnelles, les pensées, les doutes et les interrogations. Lire la suite

Bonjour les fans de lecture ! Enfin, nous allons pouvoir parler des sorties à venir ! J’ai préparé une petite liste des sorties de mai que vous trouverez ci-dessous. Cette liste est sujette à changements pour des raisons que vous imaginez tous aisément, mais j’y rajouterai également des titres au fil des confirmations des maisons d’édition. Pour illustrer cet article, j’ai utilisé la planche vue sur le compte d’Oliver Bal (j’espère qu’il ne m’en voudra pas — ou que celui qui l’a créée ne m’en voudra pas) parce que, comme lui, je souhaite relayer son message : les libraires ont besoin de nous ! #TousEnLibrairie en respectant les règles élémentaires de sécurité. Bonne reprise et bonnes lectures à tous ! Lire la suite

Vaut-il mieux être simple d’esprit et ignorer sa propre condition ou intelligent en possédant la spiritualité de l’âme et le jardin secret vivace de sa mémoire ? Tel est l’enjeu de cet extraordinaire roman qui vous fera vous poser mille et une questions. Charlie Gordon est ce qu’on appelle un simple d’esprit. Il n’a conscience ni de lui-même ni des autres. Il n’a aucun souvenir de son enfance. Il est toujours gai, de bonne humeur, serviable, concentré sur son travail d’apprenti dans une boulangerie. Suivi par des savants qui intègrent un traitement capable d’améliorer l’intelligence d’une souris, Charlie va subir une opération qui va le rendre intelligent. Très intelligent. Plus intelligent que la moyenne. Cet éveil à la conscience est perçu comme un cadeau tombé du ciel. Enfin, Charlie est quelqu’un. Quelqu’un qui est. Quelqu’un qui pense. Quelqu’un qui découvre les émotions telles que l’amour. Un monde nouveau s’ouvre à lui, celui de l’intelligence liée au savoir et celui de l’intelligence émotionnelle. Sauf que… cet éveil ne vient pas sans heurt, sans déceptions ni sans douleur. Charlie va se souvenir. Des moqueries, des sales coups, des violences de sa mère, de son enfance martyrisée parce qu’il n’était pas un enfant comme tout le monde. Lire la suite

%d blogueurs aiment cette page :