Aude Bouquine

Blog littéraire, chroniques, sorties, bilans lecture : passionnée de polars, thrillers et romans noirs mais pas seulement !

Saint-Étienne, juillet 2017. Karim Bekkouche, dit Bek, chef de la BAC, enquête sur la disparition mystérieuse de la fille d’une amie, Inès Ouari. En Savoie, c’est une joggeuse qui disparaît, Marion Testud. Jacques Canovas, ex-flic aux mythiques RG, recyclé dans la presse à faits divers est envoyé sur place par son rédacteur en chef. L’un flic, l’autre journaliste, méthodes différentes, mais objectifs similaires : le besoin de savoir. Lorsque de vieux « cold case » refont surface, c’est ensemble, malgré tout ce qui les sépare, qu’ils font front. Lire la suite

À Los Angeles, la découverte d’un corps débarrassé de toute chair et la présence massive d’insectes de toute sorte sur les lieux plongent les forces de police, dont Atticus Gore dans un abîme de perplexité. « Des escouades qui auraient dû débarquer les unes après les autres sur un cadavre, car elles n’étaient pas censées intervenir au même moment dans le processus de dégradation des corps, souvent séparées par des temps très longs, se réunissaient au même endroit, concentrées les unes sur les autres au point de presque fusionner lorsqu’elles avaient été tuées. (…) C’était bien l’homme qui était intervenu pour les répandre ici… » À New York, c’est la disparition inquiétante d’une jeune femme de 22 ans qui occupe la détective privé Kate Kordell. Insecte, secte ? Ces deux affaires sont-elles liées ? Comment ? Pourquoi ?

Je vous le dis de suite : ce dernier opus de Maxime Chattam est excellent, un très bon cru, un retour aux sources pour l’auteur qui m’a attirée vers le noir avec « L’âme du mal ». Si je n’ai pas toujours eu de coup de cœur pour ses derniers livres, j’ai toutefois apprécié qu’il se mette en danger en proposant des romans très différents de ce qu’il avait l’habitude d’écrire, et prenne des virages intéressants et encore inexploités. C’est le cas par exemple dans « Que ta volonté soit faite », récit plus introspectif, mais pas dénué d’intérêt. Bref, je préfère un auteur qui se mette un poil en danger, qu’un auteur qui ne tente rien !

Dans « Un(e)secte », Maxime Chattam terrorise un large public en utilisant pour trame de fond une arrivée massive d’insectes. «  Savez-vous que pour chaque être humain présent sur la Terre, il y a près d’un milliard et demi d’insectes ? Vous imaginez un peu le ratio ? » Nous avons tous nos phobies, la peur d’au moins une espèce fait partie de nos phobies ordinaires. C’est bien joué. Ça fonctionne à merveille. Je défie quiconque après la lecture du bouquin à ne pas penser à fermer la bouche en allant dormir ! Si comme moi, vous êtes entomophobe, vous allez être servi : coléoptères, histéridés, chélicères  arachnides, scolopendres, abeilles tueuses, fourmis légionnaires… Vous pourrez choisir votre bébête préférée ! Ces petites bestioles, dont certaines bien répugnantes posent le récit et la première enquête. Une autre, a priori plus légère, simple disparition dune jeune femme qui semblait avoir un passif, disons tumultueux, démarre à New York. Si, de prime abord, le lecteur semble bien plus captivé par ces squelettes lisses, lintérêt est tout à fait similaire pour la disparition. Lalternance des lieux, des recherches, des personnages est passionnante, très bien amenée, équilibrée, donc parfaitement réussie. 

Expatriée 6 ans aux États-Unis, j’ai eu le temps de visiter 43 états, dont toutes les grandes villes américaines. Je suis allée plusieurs fois à New York, mais j’ai vécu 4 ans en Californie, dont une année à Los Angeles. « Los Angeles ne pouvait se concevoir qu’en voiture. Tentaculaire, elle se déploie sans fin, des montagnes au désert puis jusqu’à l’océan, et le moindre trajet se comptait en kilomètres. » J’étais évidemment très curieuse de savoir comment Maxime Chattam allait retranscrire mes propres sensations sur cette ville. Je dois avouer que c’est un carton plein : je m’y suis revue, et cela à de nombreuses reprises. Il a su capter la quintessence de cette ville tentaculaire, l’atmosphère des différents quartiers, les spécificités de cette ville bercée par des couchers de soleil de toute beauté, où le soleil rouge s’écrase dans l’océan, le parfum des fleurs, dont celui des hibiscus omniprésent, l’atmosphère de certains quartiers tels que Silver Lake ou Skid Row où une pauvreté crasse frôle une richesse presque nauséabonde. « La société ne pouvait effacer ceux qui ne suivaient plus, alors elle les parquait loin des quartiers résidentiels et regardait ailleurs. Elle laissait s’autodétruire ses plus faibles éléments dans l’indifférence. Personne n’a à se salir les mains, le temps fait le job » Bienvenu en Amérique !

À mon sens, un gros travail a été effectué par l’auteur sur la profondeur de ses personnages principaux dont Atticus Gore, son flic angelin, prototype du mâle californien : la quarantaine, obsédé par le vieillissement du corps qui fréquente salle de sport, spa, instituts de beauté et massage, manucure. Il roule dans une mini Cooper cabriolet bleue à bande noire et écoute du métal. Spécificité ? Atticus est homosexuel… sa crédibilité est donc rudement mise à mal dans un secteur d’activité où une testostérone massive fait rage. Autour de ce personnage, raillé par ses pairs, Maxime Chattam fait d’un « anti-héros » potentiel, un modèle d’une société en mouvance où les lignes d’une pseudo norme bougent, et ça fait un bien fou !

Ce roman est aussi une ode à la musique métal « Il se laissa entraîner brièvement dans ce tunnel d’émotions noires, puissantes, viscérales. Il aimait cette musique pour ça aussi, sa capacité à faire remonter ce qu’il avait de plus nostalgique, de plus fragile, une émotion primaire dont il ne captait pas bien le sens lui-même, un lien entre la cruauté de la vie et l’implacable terreur de la mort. » Pour rédiger cette chronique, j’ai écouté tous les morceaux dont l’auteur fait mention ! (si ce n’est pas de l’implication personnelle ça !!!,sachant que ce genre de musique n’est franchement pas ma came…) Iced Earth, Clandestine, Megadeth, Craddle of fire, Machine Head, Metallica, Sepultura, Faith No More, Obituary: ils y sont tous passés ! Cela donne au roman une ambiance particulière sous le lourd soleil californien. « Son amour adolescent immodéré pour cette musique puissante, sombre, parfois agressive ou mélancolique, n’avait pas cessé d’interroger l’adulte qu’il était devenu, car cette passion ne s’était pas ventilée à mesure que sa personnalité s’affirmait. Au contraire, il en savourait désormais les subtilités, la technique, la profondeur. » Si vous aimez la musique métal, ce livre est pour vous !

Comme beaucoup d’auteurs actuels du noir, Maxime Chattam s’interroge sur le futur de l’homme. Le dernier quart du livre en est une belle démonstration. Vous y trouverez de belles idées, de sombres pensées que je ne peux dévoiler ici sans divulgâcher le cœur du roman. Je ne donne pas cher de notre peau….

En résumé, que vous soyez lecteur de la première heure ou que vous ayez découvert l’auteur sur le tard, ne boudez pas votre plaisir : « Un(e)secte » est un excellent roman qui réveille nos petites phobies, mais pas seulement …

J’avais envisagé l’hibernation durant ce mois d’octobre…. et j’ai vraiment hiberné ! Oui lorsqu’on vit 4 ans en Californie et qu’il fait moins de 10 degrés dehors, on ne rêve que de feu de cheminée, de plaid et de cocooning ! Voici donc mon bilan lecture pour ce mois d’octobre : 12 romans lus, une BD formidable, et l’album jeunesse de Jack Koch et Amélie Antoine. Globalement, octobre a été un excellent mois de lecture : des ouvrages très différents, mais passionnants ! Je vous remets les liens vers les chroniques des livres d’Elsa Roch et de Fabrice Papillon, lus en septembre, mais sortis ce mois-ci. Pour terminer ce mois, je suis entrain de lire le dernier Maxime Chattam, qui se déroule aux États-Unis  entre Los Angeles et New York  L.A est une ville que je connais très bien, et je peux vous dire qu’il a capté l’ambiance très particulière de cette ville ! Ça s’annonce comme un très bon cru. Bonnes lectures à tous !

 

Je l'aime

JE L’AIME, Loulou Robert – Julliard, sortie le 22 août 2019

 

Je ne suis pas un monstre

JE NE SUIS PAS UN MONSTRE, Carme Chaparro, Plon – sortie le 26 septembre 2019.

 

Cosmologie de monstres

UNE COSMOLOGIE DE MONSTRES, Shaun Hamill – Albin Michel imaginaire, sortie le 2 octobre 2019.

 

Les carnets de cerise 1

LES CARNETS DE CERISE, T.1 – Le Zoo pétrifié, Joris Chamblain et Aurélie Neyret / Editions Soleil

 

Le cri du lièvre

Chronique à paraître…

 

Sang

 

Ernest et moi

ERNEST ET MOI, Amélie Antoine et Jack Koch – Michel Laffon, sortie le 17 octobre 2019.

 

Miracle

MIRACLE, Solène Bakowski – Cosmopolis, sortie le 17 Octobre 2019.

 

Lettres à l'assassin de ma fille

LETTRES À L’ASSASSIN DE MA FILLE, Cath Staincliffe – Stéphane Marsan, sortie le 16 octobre 2019.

 

Du poison dans la tête

DU POISON DANS LA TÊTE, Jacques Saussey – French Pulp, sortie le 24 octobre 2019.

 

Anamnèse

ANAMNÈSE, Salvatore Minni – Slatkine et Cie, sortie le 17 octobre 2019.

 

Une famille tout à fait normale

UNE FAMILLE PRESQUE NORMALE, M.T Edvardsson – Sonatine, sortie le 24 octobre 2019.

 

Le loup des cordeliers

LE LOUP DES CORDELIERS, Henri Loevenbruck – XO éditions, sortie le 24 octobre 2019.

 

Matière noire

Chronique à paraître….

 

Lus en septembre, mais deux énormes coups de coeur !!

Le baiser de l'ogre

LE BAISER DE L’OGRE, Elsa Roch – Calmann-Lévy, sortie le 9 octobre 2019

 

Regression

RÉGRESSION, Fabrice Papillon – Belfond, sortie le 10 octobre 2019

Adam Sandel est prêtre à Lund, petite ville de Suède. Si « C’est un drôle de métier que le mien, où la mort et la vie se serrent la main sur le pas de la porte », c’est encore plus étrange qu’il soit marié à Ulrika, avocate, qui jongle fréquemment avec les interprétations de la vérité. Leur fille Stella, 19 ans, atypique, ayant « un sacré mal à tenir la bride de ses émotions », souvent empreinte à des accès de colère très violents est accusée du meurtre de Christopher Olsen, tué de multiples coups de couteau. Le chemin de la vérité est un enfer pavé de bonnes et de mauvaises intentions… Adam et Ulrika vont très vite en prendre la mesure. Lire la suite

1789, la révolte gronde à Paris. Le peuple a faim, écrasé par les impôts. Louis XVI alors au pouvoir, ne prend pas la mesure de cette révolte et continue à profiter des fastes de la cour. Gabriel Joli, provincial arrive à Paris contre l’avis de son père. Son ambition ? Devenir journaliste. Esprit éclairé, il est aussi avide de transmettre la vérité sur les évènements qui se déroulent sous ses yeux et cherche à démasquer le loup des cordeliers. En effet, ce justicier qui défend les femmes agressées dans les rues de Paris en égorgeant leurs agresseurs, accompagné d’un loup en laisse, suscite bien des interrogations… Qui est-il ? Quelles sont ses motivations ? Gabriel mène l’enquête en rencontrant les grands esprits de son temps : Danton, Desmoulins, Mirabeau et Robespierre. Les évènements le conduiront jusqu’à la prise de la Bastille et les clameurs d’un peuple qui demande plus de justice. Lire la suite

J’avais découvert Jacques Saussey en octobre 2018 avec son roman « Enfermé.e » qui m’avait littéralement scotchée au mur par l’émotion qu’il avait suscitée en moi en abordant une thématique oh combien douloureuse dont on parle peu : naître dans le mauvais corps. Je ne connaissais pas alors son couple d’enquêteurs Lisa Heslin et Daniel Magne que le lecteur aguerri a déjà découvert dans de nombreux ouvrages précédents. Si j’en crois sa biographie, « Du poison dans la tête » est donc le huitième volume des enquêtes de ce binôme. Les éditions French Pulp ont eu la gentillesse de me l’adresser et je les remercie de m’avoir fait découvrir cette plume. Si vous me suivez, vous savez que je me suis jetée sur la première librairie venue pour acheter tous les livres de Jacques Saussey qu’elle avait en rayon. Quand on aime…. Lire la suite

Cette chronique se veut objective, et constructive. Je n’aurais pas la prétention de tenter de résumer ce roman, mais je veux dire merci à l’auteur d’entrée de jeu de m’avoir appris un nouveau mot. « Anamnèse », retour à la mémoire passée vécu et oublié, ou refoulé. Oui, j’ai ouvert un dictionnaire, j’aime au moins comprendre le titre du roman que je lis.

Ceux qui me suivent savent que je n’avais pas aimé le premier roman de Salvatore Minni « Claustrations ». Je suis de celles qui pensent que le subjonctif imparfait alourdit considérablement un récit même si, il est certes beau à l’emploi, je ne le conteste pas. Et pourtant, contrairement à un commentaire de l’auteur sous une chronique de la blogueuse Jessica Blet, blog livresaddict (lien plus bas) et je cite : Lire la suite

Lorsque j’ai inscrit ma fille dans sa nouvelle école, la Directrice m’a dit « Il faut être conscient qu’un déménagement pour un enfant équivaut à un deuil. Il perd tous ses repères, tous ses amis, tout ce à quoi il était profondément attaché, quand nous, adultes, ne voyons que l’organisation du déménagement, les cartons à emballer et à déballer… » Elle me raconte alors l’anecdote suivante : un petit garçon qui arrivait des États-Unis pleurait tous les jours dans la cour. Cela a duré des semaines, tout le monde a essayé de le comprendre, de le consoler, de lui dire qu’il allait s’habituer… rien n’y faisait. Un jour, c’est elle qui le reçoit dans son bureau pour essayer de comprendre où se situe le problème. Le petit garçon a simplement dit qu’il n’y avait pas de vert ici, pas de pelouse, pas de nature. Partout le béton, une cour minuscule, pas d’endroit pour courir. Il était en deuil de son ancienne école américaine. Lire la suite

Laure, 21 ans est atteinte d’une tumeur au cerveau : inopérable et incurable. Les médecins lui donnent 2 ans, peut-être 3, à vivre. « Incomplète. Sa vie, tout ce qu’elle ne fera pas. Incomplète. Tout ce qu’elle ne sera jamais, parce qu’elle n’en aura ni le temps ni l’envie. » Si la nouvelle a l’effet d’une bombe à retardement, l’espoir et l’envie d’accomplir un rêve naissent : traverser l’Atlantique en solitaire sur le bateau qui appartenait jadis à son père. De nos jours, rien d’impossible ! Pour cela, utiliser des moyens à portée de nos doigts, les réseaux sociaux. GoFundMe, Facebook, Instagram, YouTube, tous les moyens sont bons. En quelques clics et des milliers de partages, son rêve fait le buzz et devient le rêve par extension de milliers d’autres personnes atteintes du cancer. Sous le hashtag #OnEmbarqueAvecLaure, #LeCancerNeVaincraPas, Laure devient une idole des temps modernes, suscitant admiration, espérance et foi en l’avenir. Parfois, ce qui a fait votre gloire fait aussi votre chute : sûrement le prix à payer pour un miracle…. Lire la suite

Les sorties thriller/polars/romans noirs se calment en novembre et c’est tant mieux ! Personnellement, j’ai beaucoup de livres que je voudrais lire avant la fin de l’année pour bien préparer mon top des lectures 2019, notamment «  De bonnes raisons de mourir » de Morgan Audic et «  Octobre » de Søren Sveistrup dont j’entends beaucoup parler. Puis, j’emporterai en vacances quelques-uns des livres de Jacques Saussey, une très belle découverte du mois d’octobre et quelques pépites conseillées par Valérie du blog Sangpages dans ses articles «  Résistance », ou d’autres de Séverine Lenté, chaîne et groupe «  Il est bien ce livre ». En attendant, voici ma liste non exhaustive des romans à paraître que je veux absolument lire. Je vous ai rajouté à la fin les sorties poche de livres que j’avais beaucoup aimés. Très bonne lecture à tous ! Lire la suite

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