Aude Bouquine

Blog littéraire, chroniques, sorties, bilans lecture : passionnée de polars, thrillers et romans noirs mais pas seulement !

Après « Sa Majesté des ombres », puis « Les Anges de Babylone », « Le Sacre des impies » clôture la trilogie commencée en 2018 par Ghislain Gilberti. Plus de deux mille pages qui narrent l’histoire de l’Hydre, allégorie de ce monstre à sept têtes. Dans ce dernier tome, l’auteur prend le parti de remonter aux origines de la création du groupe en mettant l’accent sur Faust Netchaïev, la tête pensante de l’organisation, et sur la formation de Borderline, où comment sept gamins se sont trouvé des valeurs communes puisées dans une expérience de vie semblable. Ainsi, les grandes parties du roman alternent entre deux espaces-temps, 1995 retour vers la construction de l’entité et 2011 l’exécution finale d’un plan. Il est indispensable d’avoir lu les deux premiers opus pour savourer et comprendre ce dernier tome. Je vous conseille même de relire le dernier chapitre du tome 2 avant de vous plonger dans celui-ci pour vous remettre dans l’ambiance. 

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La sortie d’un nouveau roman de Paul Cleave est toujours un évènement. L’imagination très fertile de l’écrivain n’est plus à démontrer. Ici encore, il surprend par l’originalité de son récit et sa propension à emprunter un chemin différent de celui attendu. Si ce roman était destiné à un jeune public, l’écriture a emporté l’auteur vers d’autres desseins, l’œuvre ayant largement dépassé les velléités de son créateur. Joshua 16 ans est aveugle de naissance. Lors du décès brutal de son père adoptif, celui-ci lui lègue… ses yeux. Après des années de nuit profonde, Joshua découvre le monde en couleurs. Pourtant, très vite, des rêves très étranges, violents, anxiogènes viennent hanter ses nuits. Il commence à voir des choses qu’il n’a pas vécues, des évènements passés qui défilent dans les yeux… de son père. 

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Pietro Gerber est un psychologue pour enfants, spécialisé dans l’hypnose. Cette méthode est utilisée comme recherche de vérité sur ces très jeunes esprits. On l’appelle l’« endormeur d’enfant ». Lorsqu’une collègue australienne lui propose de rencontrer Hanna Hall, et d’en faire sa patiente, Pietro Gerber n’est pas très à l’aise. Hanna n’est plus une enfant, c’est une adulte. Or, les adultes ne font pas vraiment partie de sa patientèle. Sauf que… Hanna est persuadée d’avoir tué son petit frère dans sa prime jeunesse. Cette idée l’obsède. Cette idée la terrifie. La main un peu forcée, Pietro accepte cette mission singulière. À chaque séance, les révélations sur le passé d’Hanna deviennent de plus en plus angoissantes. Son histoire personnelle a même parfois des résonnances avec le passé de Pietro. Qui est réellement cette femme ? Qu’a-t-elle vécu ? A-t-elle un lien avec son passé ? 

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Karine Giebel est une auteure atypique. L’intensité de ses romans ne peut laisser insensible, et c’est toujours le cœur en vrac que vous les refermez. Peu sont capables de susciter de telles émotions, souvent contradictoires, mais toujours extrêmement puissantes, denses, si épaisses qu’elles stagnent au creux de vos tripes longtemps après la lecture. On pourrait se dire que l’exercice de la nouvelle est plus difficile, pour ne pas dire périlleux quand on écrit habituellement des romans longs qui permettent de construire une intrigue profonde en prenant son temps, de développer la psychologie parfois ambivalente de ses personnages. Détrompez-vous : elle aussi efficace sur des textes courts.

Elle explore ici les prisons, sous toutes leurs formes : les prisons extérieures, les prisons intérieures, les prisons sociales, les prisons psychologiques, les prisons légitimes.

Chaque nouvelle porte le titre d’un film, comme une collaboration implicite entre un réalisateur et un auteur. La couverture met en lumière une salle de cinéma, sombre, et ce titre « Chambres Noires ». Un souci du détail qui va de pair avec la précision du verbe, jusque dans les non-dits et les allusions implicites, un appel à tous les sens, un contrat tacite entre l’auteur et le lecteur. 

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Deux frères, le Grand et le Petit sont prisonniers au fond d’un puits. Jour après jour, ils tentent de survivre en se nourrissant de racines et de vers, en buvant l’eau qui s’écoule des murs. Lentement, ils dépérissent… La folie gagne le Petit, la maladie gagne le Grand. Et pourtant, malgré les illusions perdues, le désespoir, le corps qui lâche, la tête qui se perd dans des hallucinations, ils sont en vie. Que font-ils là ? Pourquoi ? Entrez dans le terrier du Grand et du petit et écoutez leur histoire…

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Le mois d’octobre s’achève sur de bien tristes nouvelles… Heureux celui qui parvient à s’échapper de ce triste monde par la lecture, il aura la possibilité de vivre mille vies. En ce premier jour de confinement épisode 2, tentons d’être un peu optimismes : nous connaissons la musique puisque nous l’avons déjà chantonnée en mars. Nous sommes prêts ! Les jours qui raccourcissent, la météo catastrophique devraient nous aider à passer le cap plus facilement. J’espère que comme moi, vous avez passé les derniers mois à faire un stock de livres, cela vous permettra de piocher dans vos PAL au gré de vos envies et surtout de vous changer les idées. Dans ce bilan, vous trouverez comme d’habitude mes lectures du mois, et un petit aperçu de celles que j’ai eu la chance de pouvoir lire avant leurs sorties prévues en novembre. Ces lectures ont été très éclectiques puisque j’ai navigué entre littérature contemporaine et romans noirs : seize ouvrages lus, dont deux recueils de nouvelles, et un roman graphique.

Je recommande tout particulièrement : « Les Monstres » de Maud Mayeras, « Impact » d’Olivier Norek et « Les désossés » de François D’Epenoux.

À l’heure où je vais publier mon bilan, je viens de signer une pétition pour autoriser les libraires à être considérés comme magasins de première nécessité au même titre que le bricolage ou l’électronique. Force est de constater que certaines enseignes telles que la FNAC resteront ouvertes, mais leurs rayons culture seront totalement vidés… Voici donc la réponse claire du gouvernement pour lutter contre la concurrence déloyale : fermer tous les rayons culture des magasins dits de première nécessité. Le livre est donc désormais considéré comme un produit de luxe ! Alors, même si j’essaie de rester positive, l’avenir s’assombrit considérablement avec ce geste symbolique qui laisse entrevoir les spectres d’une certaine forme de tyrannie et la volonté d’insuffler la pensée unique à un peuple auquel on refuse justement une certaine liberté de penser, sans parler de celle de se divertir… Lire la suite

Il est parfois nécessaire de s’éloigner des nouvelles du monde trop anxiogènes ou d’évènements douloureux qui arrivent subitement dans nos vies. Ces moments difficiles flottent dans nos cerveaux, nos cœurs sont malmenés, nos sommeils perturbés. Ce fut mon cas jusqu’à « Une chance sur un milliard » conseillé par un ami qui a pensé que c’était l’instant parfait pour le commencer. À la lecture des premières pages, j’ai pensé « il se fiche de moi », l’annonce d’une très mauvaise nouvelle au personnage principal a considérablement plombé ma recherche de paix et de sérénité : «une météorite qui s’écraserait dans une réserve naturelle»«ce n’est pas un coup de massue que j’ai pris sur la tête, mais un bombardement», «les points d’impact se multiplient», « l’onde de choc intérieure progresse », merci bien pour le champ lexical de la dévastation. Allons bon ! Quel message ce roman est-il censé me passer et comment va-t-il pouvoir devenir un livre doudou dans lequel je pourrais venir me réfugier pour fuir ma réalité ?

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Et vous ? Que faites-vous pour aider la planète? «On agit quand, pour de vrai?»

Solal est un militaire au passé dur. En raison de ses missions à travers le monde, il a vu tout ce que l’humanité comporte de plus abject. Il est en mode autoprotection «pour que les images n’aillent pas de ses yeux à son cerveau, de son cerveau à son âme.» En Afrique, les industries pétrolières ont déversé 22 millions de pétrole brut et on fait d’une partie du monde «l’endroit le plus pollué de la terre.» Qui dit pollution extrême, dit morts. Charniers serait un terme plus exact. Un enfant sur deux est malade. «Nés dans le pétrole, nourris au pétrole, morts à cause du pétrole, brûlés par le pétrole.» Alors, quand un drame personnel dû à la pollution frappe Solal de plein fouet, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. L’enlèvement du PDG de Total «menacé d’être asphyxié par la propre essence qu’il extrait et commercialise» est une façon de forcer les yeux du monde à s’ouvrir. L’enlever puis expliquer pourquoi. Et diffuser tout ça sur les réseaux sociaux, seul moyen d’atteindre en quelques secondes, la planète entière.

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Vous trouverez ici mon dernier article de l’année concernant les sorties de novembre. En décembre, je vais toujours relâche et j’essaie de lire ce qu’il reste dans ma PAL et que je n’ai pas pu lire par manque de temps. De plus, je vous prépare déjà mon article concernant mes meilleures lectures de l’année. Vous constaterez que le 5 novembre est LE jour de multiples parutions qui étaient sur ma liste. Évidemment, comme d’habitude, cette liste et non exhaustive et je compte sur mes copains blogueurs pour l’allonger !

En cherchant des informations pour cet article, je suis tombée sur de futures sorties annoncées. Vous les trouverez en fin d’article. Les dates indiquées sont à prendre avec modération puisqu’on n’est plus vraiment sûrs de rien en ce moment. Bonnes lectures à tous.

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Encore la thématique de la disparition de l’enfant me direz-vous… Ils sont un certain nombre à avoir « exploité » ce sujet, parfois en s’y cassant sévèrement les dents. Sauf que, François-Xavier Dillard ouvre son roman sur une banale balade en bateau et sur ces phrases terribles lancées par des parents, qui comme tous les parents ne mesurent pas forcément les dégâts engendrés par des conseils assénés en période de grand stress ou de grosse frayeur. À la sœur, «Clémentine, je compte sur toi pour surveiller ton frère», au petit frère «je compte sur toi, Gaspard, pour protéger ta sœur». Il sera toujours temps d’en vouloir à Marc qui a pris la mer alors qu’une très forte tempête était annoncée, et à Clémentine d’avoir lâché la main de son frère. Si ce n’est qu’une vague gigantesque s’abat sur le navire familial et que c’est Clémentine qui disparaît sous les flots. «Soudain, c’est un mur d’eau qui s’abat sur le navire. Le vent a forci en quelques minutes pour n’être plus qu’un hurlement constant, une bourrasque immense et folle qui se joue du voilier et de ses occupants.» Suit un enterrement terrible puis quatre années passent. 

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