Aude Bouquine

BLOG LITTÉRAIRE

L’autre moi de Franck Thilliez

Chaque année, j’attends avec impatience le nouveau roman de Franck Thilliez. Cette année, la couverture rose de « L’autre moi » attire le regard mais le rituel, bloquer sa soirée, poser son téléphone et plonger dans cette nouvelle histoire, reste le même. En effet, les intrigues retorses imaginées par l’auteur demandent une vraie concentration et un temps de lecture resserré. 

« L’autre moi » est un tome indépendant, le lecteur n’y retrouvera ni Sharko, ni Henebelle : une précision à apporter si vous n’êtes pas à jour dans la saga. Autant vous dire que vous n’avez aucune excuse. 

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Bilan lecture avril 2026, Aude Bouquine

Bilan lecture avril 2026, c’est parti ! Encore un mois fécond au niveau de mes lectures. En avril j’ai lu 11 romans et j’ai écouté 7 romans à l’audio. Parmi ces livres, j’ai eu trois énormes coups de coeur que je vous encourage vivement à lire. « La société des objets magiques » de Gareth Brown m’a éblouie. « Atelier 4 » d’Hélène Gestern m’a complètement scotchée. Enfin, avril a été le retour de Marie Neuser avec « L’île où je ne suis pas morte » qui m’a bouleversée. Il me faut aussi mentionner « La chance rouge » de Damien Igor Delhomme qui est une excellente surprise et dont je vous reparlerai bientôt.

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Que la mort nous frôle de Michel Bussi

À la rentrée 2025, Michel Bussi m’avait agréablement surprise avec son récit sur le Rwanda dans « Les ombres du monde ». Cette année, avec « Que la mort nous frôle », il revient dans un registre plus « thriller », ce genre littéraire où il signe un contrat tacite avec le lecteur : « je vais te surprendre ». La mission est donc de ne pas se faire avoir, de rester aux aguets prêt à débusquer des indices et autres tours de passe-passe avant qu’ils n’aient lieu. Le plaisir coupable du lecteur de Michel Bussi consiste à être surpris. Malheureusement, ce réflexe, cultivé roman après roman, nourri par différentes autres lectures, peut aussi transformer l’expérience en quelque chose de plus frustrant. 

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Atelier 4 de Hélène Gestern

Dès les premiers mots, c’est l’interprétation saisissante de Clara Brajtman qui m’a amenée vers « Atelier 4 ». Puis, ce sont les mots d’Hélène Gestern qui m’ont incitée à continuer cette lecture. Quand le travail tue et que l’on tombe « sur un champ d’honneur sans honneur, sans territoire, sans cérémonie », il y a matière à réflexion. Récit d’enquête, autopsie familiale, radiographie du monde du travail, « Atelier 4 » est l’un des textes les plus précis et les plus douloureux lus depuis longtemps sur la colère, l’injustice et le deuil… et sur le monde du travail. 

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La société des objets magiques de Gareth Brown

Gareth Brown, dont j’avais dévoré « Le livre des portes » l’année dernière, récidive avec « La société des objets magiques ». La bonne nouvelle, c’est qu’encore une fois, il ne déçoit pas. J’ai retrouvé intactes toutes mes émotions de lecture ressenties la première fois. Cet auteur possède une capacité rare à construire un monde parallèle au nôtre, invisible, mais paradoxalement tangible, qui coexiste dans l’ombre de notre quotidien sans que personne n’en sache rien. Ce roman est un ravissement à explorer, et croyez-moi, une fois plongés à l’intérieur, ce texte va vous emprisonner (pour votre bien).

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Dans la jungle de Adeline Dieudonné Bilan lecture avril 2026

Un notaire. Une table en chêne massif. Deux femmes épuisées qui n’ont plus rien en commun que leurs morts. Et des chiffres. Des droits de succession, des pourcentages, des montants nets à percevoir après impôts sur le sang versé. C’est par là qu’Adeline Dieudonné choisit d’ouvrir « Dans la jungle », son quatrième roman, et c’est sans doute la scène la plus glaçante du livre. Froide comme un relevé bancaire, précise comme une autopsie, elle pose d’emblée le ton : ici, on ne raconte pas une tragédie. On en dresse un constat, et on réfléchit à qui a été tué en premier pour établir la succession.

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Sorties littéraires Mai 2026, Aude Bouquine

Le mois de mai arrive, et avec lui son cortège de nouveautés. Il est temps de vous présenter ma sélection de sorties littéraires mai 2026. C’est le dernier « gros arrivage » avant la rentrée littéraire d’août. Je vous le dis d’emblée : cette fois, j’ai délibérément choisi la lecture plaisir. Un plaisir simple et assumé. 

En effet, il y a des périodes où l’on a besoin que la littérature nous emporte ailleurs, sans nous lester davantage. J’ai refermé trop de romans qui s’acharnaient sur le corps des femmes, sur l’emprise, les pervers narcissiques, les zones de conflit, la violence sous toutes ses formes. Il s’agit là de sujets nécessaires, mais dont je n’arrive plus à absorber la répétition. 

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L’île où je suis pas morte de Marie Neuser Bilan lecture avril 2026

Marie Neuser, la « Délicieuse » m’avait éblouie avec son roman éponyme en 2018. Il aura fallu attendre sept longues années pour la retrouver avec « L’île où je ne suis pas morte ». Je l’écris d’emblée, ce texte renifle des plaies et a soulevé les planches vermoulues de ma mémoire, comme un exutoire. J’ai lu énormément de livres sur la violence familiale, mais celui-ci possède une résonance singulière. Dans mes relents d’enfance meurtrie, dans mes souvenirs crasseux, il est toujours là, celui qui, quand il entrait dans la maison, faisait taire toute vie. En me plongeant dans ce livre, j’ai entendu ses pas, ses mots si blessants, senti ses poings aussi. Il n’existe aucune guérison pour effacer les abjections que l’on a connues enfant, mais il existe des romans, et la force des mots pour caresser des plaies à vif. 

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Ce qu’il nous reste à aimer de Camille Dupuis

Si vous deviez mourir demain, sauriez-vous comment vous y prendre ? Et surtout, sauriez-vous à qui le dire ?

C’est la question que pose Camille Dupuis dans « Ce qu’il nous reste à aimer », qui prend le lecteur par la main dès les premières pages et ne le lâche plus. Pas pour l’angoisser. Pour lui apprendre quelque chose sur lui-même.

Roxane a 41 ans. Elle habite Nice. Elle a un mari qui l’aime, des enfants, une vie construite brique par brique avec la précision d’une architecte. Agenda tenu à la virgule près, image impeccable, volonté d’acier. Elle a tout réussi, ou du moins, tout fait rentrer dans le cadre qu’elle s’était elle-même fixé. Puis vient le diagnostic : un glioblastome inopérable. Et Roxane fait ce qu’elle a toujours fait. Elle décide de gérer ça seule.

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Il faudrait leur dire de Carène Ponte

Certains romans nous regardent les lire, comme s’ils savaient ce qu’ils allaient réveiller en nous. L’écoute du livre audio de « Il faudrait leur dire » a rouvert un pan entier de mémoire, de la fin de l’adolescence vers l’âge adulte. Un peu comme si j’avais pu rouvrir une armoire que je croyais fermée depuis longtemps. Celle où l’on range les étés qui semblaient ne jamais devoir finir, les liens qu’on jugeait indestructibles, avec cette certitude que les amitiés les plus fortes sauraient tenir tête au temps, à la vie, à tout. Alors, du haut de mes cinquante ans, j’ai beaucoup de choses à leur dire. 

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