Aude Bouquine

BLOG LITTÉRAIRE

Anouk Shutterberg m’avait épatée l’année dernière avec « Jeu de peaux », un thriller d’excellente facture, véritable invitation au voyage et plongée dans l’art contemporain. J’avais été fascinée par son habilité à m’emporter dans le monde de l’art et du tatouage, et dans l’incapacité de refermer son roman tellement je l’avais trouvé bon et immersif. Elle revient cette année avec « Bestial », toujours édité aux éditions Plon. Si l’on retrouve certains personnages de « Jeu de peaux » auxquels je me suis beaucoup attachée, elle change de lieux et de thématiques pour une nouvelle enquête qui fait froid dans le dos. 

En 2007, 5 jeunes filles âgées d’une douzaine d’années disparaissent. En 2019, bis repetita, enlèvement de 5 autres adolescentes. En 2020, Mathilde disparaît en plein Paris alors qu’elle visitait la capitale avec sa famille. C’est le Commandant Stéphane Jourdain qui est chargé de l’enquête, secondé par la Capitaine Lucie Bunevial désormais riche et célèbre grâce à l’héritage Rizzoni (voir premier tome).

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Elin Hilderbrand possède la particularité d’emmener ses lecteurs sur l’île de Nantucket située au sud-ouest de Boston. « Été après été » ne déroge pas à cette règle. Mallory, étudiante à New York, se voit offrir une maison à Nantucket par sa tante Greta. Ravie de fuir la ville et sa colocataire difficile à vivre, elle s’installe avec bonheur dans ce lieu avec vue sur la mer. Son premier week-end, celui de « Labor Day » aux États-Unis, soit le premier lundi de septembre, elle le passera en compagnie de Cooper, son frère adoré et de ses amis les plus proches Frazier et Jake. Dès le premier regard, ce qui se joue entre Mallory et Jake est une évidence. Une osmose parfaite et l’envie de passer du temps ensemble, tout en respectant les choix de vie et les envies de l’autre. Ils se retrouveront chaque année durant 28 ans, tous les week-ends de Labour Day, « no matter what » (quoi qu’il se passe) pour un « même heure, l’année prochaine ».

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« Sous l’eau » avait tout pour me plaire : une couverture alléchante, une partie de l’action qui se déroule à Bora-Bora où j’ai été deux fois, un couple qui fait de la plongée dans cet aquarium à ciel ouvert où ils découvrent quelque chose qu’ils n’auraient jamais dû voir… et cette accroche « Plus d’un million de lecteurs conquis. » Sans doute, aurais-je dû me méfier !

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« La preuve des contraires » est un récit qui se déroule sur deux temporalités : celle du présent en 2019, et celle du passé 3 ans plus tôt, en 2015. L’action de 2019 oscille principalement entre deux personnages : Julia Hall et l’inspecteur Rice. Leurs échanges et leurs souvenirs ramènent tout naturellement le lecteur vers 2015. Celui-ci est assez vite persuadé que l’histoire qui va être racontée concerne principalement Julia, mais l’auteur prend finalement un chemin très différent. En 2015, le récit devient un roman choral où plusieurs personnages relatent tous à leur tour les faits. L’essentiel du roman est axé sur la famille Hall. Tony, le frère aîné est marié avec Julia. C’est son plus jeune frère, Nick qui va être la victime d’une agression effroyable. L’inspecteur Rice sera alors chargé de l’enquête. Grosso modo, nous avons ici l’essentiel des protagonistes dont chacun livrera sa vérité, et surtout ses émotions face à cet acte abject. Caitlin Wahrer est bien dans une logique de construction de récit sur qu’on appelle communément « Aftermath » aux États-Unis, c’est-à-dire ce temps qui succède à un évènement traumatique.

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Détourner le regard pour ne pas percevoir la misère ou la souffrance. Faire semblant de regarder ailleurs, ne pas voir, ne pas entendre, ne pas sentir. Avancer. Éviter de s’appesantir sur le dénuement. Résister au pouvoir d’imaginer quelle fut la vie de celles et de ceux qui habitent sur nos trottoirs, sous nos ponts, près des bouches d’aération qui renvoient de la chaleur en hiver. Ignorer. Par honte, par gêne, par refus d’images intrusives dans nos quotidiens bien huilés. Eddy, 10 ans, tombe sur une SDF morte dans la rue. Cette image le hantera durant vingt ans. Qu’a-t-il à se faire pardonner ? Pourquoi cette obsession de vouloir réparer ? Qu’espère-t-il trouver à travers cette quête : redonner un nom, reconstruire l’histoire personnelle de cette femme dont le visage l’obsède ? Eddy n’a pas eu une vie facile. Casanier, gêné dans ses rapports à l’autre, honteux de son passé, « inapte à l’existence », c’est son métier de veilleur de nuit et surtout une émission de radio « La nuit de Luciole » qui lui redonne le goût d’entreprendre, de réparer, de remonter le fil du passé. Il s’en passe des choses la nuit… c’est un tout autre monde qui ouvre ses portes. « Toi et moi allons additionner nos solitudes et traverser le pont jusqu’à l’aurore. » La nuit, c’est l’heure des confidences chuchotées, des aveux murmurés à des inconnus, et, parfois, des révélations. 

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« Le magasin des jouets cassés » fait partie de ces romans qui, quelle que soit l’époque, quel que soit le moment, quel que soit le vécu du lecteur distille des vérités qu’il est bon de réentendre et de relire. Cela lui confère une dimension éternelle, presque immortelle tant il délivre des messages sagaces et éclairants. Julien Rampin est un brillant observateur de ses contemporains, bienveillant, toujours en recherche du verre à moitié plein, une âme qui semble avoir vécu mille vies tant l’œil qu’il pose sur les êtres qui l’entourent est sage : sa vie, comme ses romans, est un poème.

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Avec un peu de retard, voici mon bilan lecture du mois de mai. Des lectures éclectiques, de beaux coups de cœur, mais aussi des abandons que je n’attendais pas forcément. Il y a eu beaucoup d’abandons ce mois-ci dont je ne vais pas forcément parler puisque certains ont eu lieu avant la page 50… et je ne peux décemment pas vous donner un avis dans ces cas-là. Grosso modo, il y a eu autant d’abandons que de lectures terminées, c’est dire ! Certains romans attendent toujours patiemment dans ma PAL…. J’attends le moment propice pour les savourer, je ne me mets plus aucune pression. Ainsi, le plaisir de lire est revenu, j’espère reprendre bientôt les chroniques de façon un peu plus assidue. Je vais profiter de l’été pour faire un petit break, mais on se retrouve sans faute pour la rentrée littéraire. Je vous embrasse.  Lire la suite

Benoît Philippon possède l’art du récit. Il a les images dans sa tête et y appose des mots. Rajoutez à cela une vraie dextérité des dialogues, de la virtuosité dans les échanges, une sacrée dose d’humour, des personnages hauts en couleur et un vrai scénario, vous obtenez ici tous les ingrédients nécessaires pour monter un vrai bon film… sauf qu’ici, le film est sur papier. L’aspect cinématographique de ses romans est sa marque de fabrique. Plus visuel, tu meurs. Au centre, il construit de vrais personnages susceptibles d’être croisés dans la vie réelle. Une mamie Calamity Jane dans « Mamie Luger », une tornade féminine dans « Joueuse », un père looser de formation dans « Petiote ». 

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Vendredi 27 mai, j’ai eu le plaisir d’être invitée à Paris par Audiolib, dans le cadre du prix du jury 2022, pour discuter avec d’autres membres du livre audio. Cette journée a été réellement formidable et ce fut un bonheur de pouvoir partager nos impressions autour de ce support. Après une visite de radio Nova, nous avons eu la chance de pénétrer dans l’antre d’enregistrement du livre audio.

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Bonjour à tous,

Voici quelques sorties repérées au gré de mes pérégrinations sur différents sites pour le mois de juin. Elles reflètent mes propres envies, n’hésitez pas à me dire ce que vous avez repéré de votre côté. La première moitié de l’année s’achève et je vais en profiter pour m’éloigner un peu des réseaux, me ressourcer afin de pouvoir attaquer sereinement la rentrée littéraire qui est une période que j’adore. Il y a déjà trois romans de cette rentrée que j’attends avec une grande impatience, je vous en dirai plus très prochainement. En attendant, je vous souhaite d’excellentes lectures, de belles découvertes et surtout de bonnes vacances. Je vous embrasse.  Lire la suite

Sylvain Bragonard exerce un métier peu conventionnel, mais pourtant essentiel, celui de thanatopracteur : pour quelques heures, il redonne aux morts un sursaut de vie. Pour cela, inutile de se fier à une photo donnée par la famille, Sylvain possède une méthode bien à lui : Il renifle les cadavres, et par les odeurs qui s’en dégagent, il parvient à reconstituer leur personnalité. Un vrai don pour ce Bragonard, qui, a une lettre près, suivait les traces d’un parfumeur bien connu. D’ailleurs, parfumeur était bien la carrière que Sylvain envisageait avant… un terrible drame personnel. Taiseux, taciturne, peu sociable, le Bragonard est un animal triste qui préfère la compagnie des morts à celle des vivants. Mort, il l’est d’ailleurs un peu, métaphoriquement j’entends. Il n’y a véritablement que ses horribles habitudes alimentaires qui provoquent suffisamment de secousses pour que son corps réagisse encore un peu. Alors, quand Alice entre dans sa vie, c’est comme un tremblement de terre de force 8 sur l’échelle de Richter. Alice écrit une thèse sur les thanatopracteurs, elle tutoie ceux qui côtoient la mort, mais elle est bien vivante. Solaire, drôle, pleine de vie, Alice est tout l’inverse de Sylvain. Son premier objectif est de lui arracher un sourire (et ça, ce n’est pas gagné…) et de percer à jour le secret de cet embaumeur cadavérique, suceur compulsif de bonbons à la menthe, force 8 !

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Après avoir été licencié du jour au lendemain, Brendan, la cinquantaine se retrouve sans emploi. Pour parer au plus pressé et gagner de l’argent rapidement, il décide de travailler pour Uber. Au volant de sa voiture, les clients se succèdent, certains plus odieux que d’autres, dans ce Los Angeles labyrinthique où la richesse la plus insolente côtoie la misère la plus désastreuse. Lorsqu’il prend Élise au hasard d’une course, rien ne lui permet d’anticiper le cataclysme sur le point de bouleverser son existence. Et pourtant… les évènements qu’il va vivre vont obliger cet homme durement touché par la crise, marié et père d’une fille, à reconsidérer ses priorités et à s’interroger sur des questions essentielles.

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C’est parce qu’elle possède une ligne directe vers le cœur de ses lecteurs que les romans de Virginie Grimaldi nous parlent autant. 

« Il nous restera ça » est LE roman des rencontres, de celles qui changent des vies. 

Pour Jeanne, raccommoder son portefeuille 

Pour Iris, réparer son estime de soi

Pour Théo, s’offrir un toit.

Pour peu que l’on croie à la destinée, la vie, cette vieille femme facétieuse nous amène parfois sur le chemin de quelqu’un qui vous sauve. Vous sauve de quelqu’un ou de vous-même.

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La fratrie s’agrandit. Après écouter, regarder, toucher, un quatrième sens est mis à l’honneur dans ce dernier recueil « Respirer le noir ». Il faut beaucoup aimer les nouvelles et la littérature de genre pour s’atteler encore une fois à mettre en lumière des textes courts, un peu boudés par les lecteurs plus friands de romans. Il est vrai que se frotter à l’exercice de la nouvelle est périlleux, et qu’en peu de mots, il faut susciter un attachement immédiat au récit, aux personnages, faire naître l’émotion comme on craque une allumette, et proposer une fin originale que le lecteur gardera en mémoire. Et pourtant, quel résultat ! Le coordinateur du projet, Yvan Fauth, n’a pas ménagé ses efforts depuis le début de cette aventure. Parce que la nouvelle, lui, il y croit. Il la défend. Il veut lui redonner ses lettres de noblesse. Il m’a d’ailleurs réconciliée avec le genre, moi qui en lisait très peu. Cette année, il s’offre une affiche à faire pâlir. Il y a les fidèles, le duo Barbara Abel/Karine Giebel, RJ.Ellory, et les nouveaux dont Franck Bouysse, Sophie Loubière, Hervé Commère, Jérôme Loubry, Dominique Maisons et toute la troupe de ceux que vous allez découvrir. Une palette impressionnante de talents regroupés sous un même chapiteau.

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Comme chaque fin de mois, voici mon bilan lecture. Quinze livres lus en ce mois d’avril et une écoute audio. Dans l’ensemble, une très belle période de lecture, une panne de plusieurs jours quand même, quelques soucis de santé, beaucoup de lectures de romans noirs/thrillers/polars. J’ai décidé de ne pas tous les chroniquer par manque de temps, je me concentre sur les retours des services presse. Je ne sais pas vous, mais moi je n’ai jamais eu autant de retard dans mes lectures. Sans doute est-ce dû à l’arrivée tardive de certains romans, deux-trois jours avant la sortie ou carrément après la sortie, ce qui bouleverse chaque fois mes intentions de lecture. Je suis sincèrement désolée si vous m’avez envoyé un livre et qu’il n’a pas encore été lu. Je fais au mieux dans le temps qui m’est imparti et je reste sur ma ligne de conduite : chacun son tour et en savourant. Il est hors de question d’ingurgiter à la va-vite ou de lire en diagonale. Le nombre des sorties va se calmer, je vais donc avoir le temps de rattraper mon retard.  Lire la suite

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