Aude Bouquine

Blog littéraire, chroniques, sorties, bilans lecture : passionnée de polars, thrillers et romans noirs mais pas seulement !

Tragédie en 4 actes « La chair de sa chair » nous emmène dans une thématique banale et pourtant si singulière : la maternité. Moira est mère de 3 enfants issus de 2 pères différents, pères totalement absents de la sphère familiale pour des raisons précises : l’un est en prison, l’autre s’est suicidé. Peter est l’aîné de la fratrie. C’est lui qui a envoyé son père en détention en intervenant face à des violences répétées. Moira bataille au quotidien pour nourrir ses enfants, elle enchaîne 3 jobs différents, s’escrime à payer les factures de soins dantesques de sa petite dernière atteinte de mucoviscidose. Elle n’a pas le temps de s’écrouler ni de se plaindre, elle encaisse les épreuves de la vie habituée à subir cette éternelle loi de Murphy. Dans son malheur, elle a une chance : pouvoir compter sur Peter son fils de 14 ans qui a grandi trop vite par la force des choses. «Elle lui raconte ses misères et ses contrariétés, même si elle sait que c’est presque contre nature de charger ainsi son propre fils de ses soucis. Elle n’a que lui sur qui compter.»

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«Quand je pense que, dans ce procès, je suis l’accusée et que les deux salopards sont les parties civiles. Je voudrais tout reprendre à zéro. Je voudrais qu’on remette les choses à leur place : je suis la victime et ils sont les bourreaux.»

Ainsi s’exprime Mathilde Collignon divorcée, mère de 2 filles Constance et Julie, médecin gynécologue reconnue et pourtant surnommée « la barbare » dans une cour d’Assises, en ce 25 juin 2020. Incarcérée depuis plus de 3 ans, elle attendait son procès qui s’achève au moment où le roman s’ouvre. Les débats sont terminés, l’heure des délibérations a sonné et avec elle, des questions auxquelles il faudra répondre : Mathilde est-elle coupable d’actes de torture et de barbarie ? Est-elle coupable de violences volontaires ? À quelle peine faut-il la condamner ? Le lecteur navigue entre secrets d’alcôve émanant de la chambre des délibérations et la cellule de Mathilde en attente du verdict qui couche sur le papier ses émotions, ses regrets, son témoignage, elle qui n’a pas eu la sensation d’avoir été entendue.

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Je vous laisse savourer le titre… « La divine comédie de nos vies », titre plus qu’à propos en ce moment, sujet potentiel d’une réflexion philosophique de nos futurs bacheliers : la vie est-elle une divine comédie ? Vous avez quatre heures pour me convaincre que ce monde est sérieux (merci Francis) et moi une chronique pour vous encourager à découvrir ce roman de Gavin’s Ruiz. Si j’avais le courage d’écrire un roman, c’est sans doute une histoire de potes qui se connaissent depuis toujours que j’aurais envie de raconter. Histoire de copains, histoire de famille, voilà sans doute pourquoi tous les romans qui abordent ces thématiques m’attirent comme des aimants. Gavin et moi ne nous connaissions pas, mais l’erreur est désormais réparée, même si, soyons honnête, il m’aura manqué environ 650 pages aux 214 écrites, tant j’aurais aimé que ce roman choral n’en finisse pas. Et bien oui, quand on est bien dans une lecture, on n’a aucun désir d’en sortir, on meurt d’envie d’en savoir plus sur les personnages qui l’habitent, sur leurs vies passées et leurs choix à venir. « La divine comédie de nos vies » repose sur une galerie de personnages très attachants. Trois d’entre eux dont je suis tombée un peu amoureuse : Jérôme, Sacha et Marc, 3 mousquetaires dont la devise est «Un pour tous, et tous copains.»

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Nous sommes déjà la fin du mois de février qui a semblé très court, mais attention accrochez-vous, en mars ça va secouer ! Tous les éditeurs se sont donné le mot pour sortir leurs ouvrages en même temps. Rien que le 3 et le 4 mars, c’est de la folie furieuse ! Bilan de ce mois de février : 12 romans lus. Dix que je mentionne ici, 2 dont je vous parlerais en temps voulu. Je tiens à mentionner l’exceptionnel « Le démon de la colline aux loups » de Dimitri Rouchon-Borie que je place au panthéon de mes meilleures lectures de ces dix dernières années. Je vous en reparlerais régulièrement (jusqu’à ce que tout le monde en parle) et vous le retrouverez sans aucun doute dans mon classement 2021.

Dix lectures qui m’ont permis de voyager dans des endroits très différents : en Auvergne, à Paris, en Italie, en Syrie, en Antarctique, en Australie et dans différents États américains. Une autre façon de changer d’air et d’avoir mille vies. Lire la suite

Sienna n’a pas connu son père. Sa mère, Tess décide d’engager un comédien, Sacha pour jouer ce rôle : il sera donc l’oncle de Sienna. Après 3 ans de cette « comédie », la petite famille décide de partir en Italie pour les vacances. Commence alors un périple qui va remettre en cause l’équilibre familial, mais aussi le risque de fuite de quelques secrets bien gardés. En effet, le 14 août 2018, le pont de Gênes s’écroule et Tess était alors en visite chez une amie qui habitait sous le pont. 

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« Le démon de la colline aux loups » est un chant, une ode, une voix qui s’élève dans les ténèbres, celle de l’enfant qui ne connaît pas son nom. «Ça paraîtra bizarre à vous tous mais au commencement on n’avait pas de noms. À quoi ça aurait servi on n’avait pas besoin de s’appeler alors on ne s’appelait pas. On se trouvait comme une évidence.» Il survit dans un nid, une tanière, collé à ses frères et sœurs mélangés à des chats pour se repaître de leurs odeurs, il vit en boule, calfeutré, caché, sans avoir connaissance du monde, de la lumière, du dehors. Il n’a pas conscience d’exister, il ne pense pas, il ne parle pas, l’apprentissage des mots viendra plus tard lorsqu’il nous racontera son histoire, le récit de ce démon qui rôde et prend possession des âmes. C’est lorsqu’il se rend à l’école que l’enfant apprend son prénom : Duke. Il y apprend aussi le début des mots dans leur signification la plus primitive. Hors de la tanière, il devient un être à part entière, témoin du monde qui respire et conscient de la manière dont les autres le voient. 

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J’ai découvert Florian Gazan dans « La grande famille » sur Canal + aux côtés de Jean-Luc Delarue. Je n’avais même pas vingt ans. Depuis quelques années, je l’écoute chez Laurent Ruquier aux « Grosses Têtes ». J’ai dépassé la quarantaine. C’est un peu comme si, on avait poussé en même temps, mais dans d’autres champs. Florian Gazan ne s’est jamais caché de ses « mariages », de ses ruptures, de ses enfants et de ses pensions alimentaires à verser. En presque 30 ans, il s’en passe des choses dans une vie… du bonheur sans nuages aux pires tempêtes. « Ibysse» est le roman d’une de ces tempêtes. Vous me direz que ce ne sont pas les romans traitant de ruptures amoureuses qui manquent. C’est vrai. Écrits par des hommes ? C’est un peu moins habituel. Des hommes qui ne trichent pas, ne jouent pas les gros durs, ne sont pas écrasés par leur fierté de mâle dominant ? Encore moins. « Ibysse » n’est pas tout à fait synonyme d’un lundi au soleil… «Mon impatience légendaire m’a une nouvelle fois joué des tours. Avec la complicité de mon orgueil et de mon narcissisme. Cet “égosystème” dans lequel Élodie a fini par se faner. J’avais pourtant réussi à y planter les graines d’une belle histoire, je l’avais plantée en beauté.»

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Briar Bird a été frappé par la foudre un soir d’orage. On le surnommera « Œil-Blanc », signe que la main de Dieu l’a frappé. Il devient prédicateur au sein d’une communauté perdue au cœur des montages de Virginie-Occidentale. Ses méthodes de prêche sont basées sur la prise de petites doses quotidiennes de strychnine et l’élevage des serpents. « Saisir des serpents, c’était biblique. » Il s’octroie des qualités de guérisseur par la foi uniquement. Le monde moderne est une aberration qu’il faut rejeter de toutes ses forces à l’instar de la médecine qui ne respecte pas les pouvoirs de la nature et la puissance de Dieu. « Mon père ne voyait pas l’utilité de la médecine moderne, puisque la guérison divine était à sa disposition. » Briar est mariée avec Ruby, une femme ayant toujours voulu s’échapper de cette vie, fuir loin des montagnes. Ensemble, ils ont une fille Wren, roitelet en français, petit oiseau qui lui aussi ne demandera qu’à s’envoler. Ce roman est d’abord une histoire de femmes mise en lumière grâce ou à cause de la vanité des hommes. Il narre l’amitié indéfectible de Ruby et d’Ivy ayant construit leurs rêves ensemble, mais ayant aussi affronté de cruelles déceptions. Un malencontreux accident change les forces en présence, éveille les consciences, détruit les mythes, force l’entrée de la réalité dans ce monde miniaturisé.

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Le mois de mars sera un mois de dingue au niveau des sorties littéraires ! (Parce que pour le reste, pas de quoi s’exciter pour le moment…)
J’ai sélectionné 39 romans, mais il est évident qu’il va falloir faire des choix : avec la meilleure volonté du monde, il me sera impossible d’en découvrir autant.
Je vais d’ailleurs m’y atteler très prochainement, histoire de profiter de chaque récit : ce n’est pas une course contre la montre, il faut se laisser du temps pour entrer dans chaque univers. Cela tombe plutôt bien puisque je n’ai pas franchement eu le moral en février, et plus que jamais, les livres ont été ma principale (seule ?) échappatoire.
Chacun fait comme il peut, avec ses propres armes. Merci aux auteurs de ne pas nous avoir gavés de romans COVID et d’avoir su parler d’autre chose.
N’hésitez pas à commenter, rajouter, me faire part de vos envies, publier vos propres listes.
Haut les cœurs les amis ! Lire la suite

Le dernier ouvrage de Stephen King est un recueil composé de 4 nouvelles. Deux sorties sont prévues aux États-Unis en 2021. La première « Later » paraîtra le 2 mars 2021 et traitera d’un garçon doté de pouvoirs particuliers. L’accroche est « Parfois, grandir implique de regarder ses démons en face », vaste programme ! La seconde aura pour titre « Billy Sommers » et paraîtra le 3 août 2021, l’histoire d’un homme bon qui exerce un job pourri. Tout cela pour dire à quel point Stephen King est un auteur prolifique, à l’imagination sans limites, qui n’a de cesse d’écrire encore et toujours. Son œuvre comprend aujourd’hui une soixantaine de romans et plus de deux cents nouvelles ! « Si ça saigne » est son dernier ouvrage sorti en France. Il y reprend le personnage de Holly Gibney dans la nouvelle éponyme qui est aussi la plus longue et une suite directe de « L’Outsider » paru en 2019. Autant vous le dire tout de suite, ce n’est pas ma préférée et je n’en parlerai pas ici pour ne pas spoiler ceux qui n’auraient pas lu « l’Outsider ». Je préfère me focaliser sur les trois autres nouvelles que j’ai trouvées exceptionnelles, tant sur le contenu et l’ouverture du champ des possibles, que sur la manière de les raconter. Stephen King est un conteur de génie, hors pair, qui a ce don de nous embarquer dès les premières lignes dans son univers, quel qu’il soit, réaliste ou fantasmagorique. Plus fort encore, il fait remonter mes émotions d’adolescente quand je le lisais, sous la couette, en peine nuit, à la lueur de la lampe de poche, presque en cachette….

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