Aude Bouquine

Blog littéraire, chroniques, sorties, bilans lecture : passionnée de polars, thrillers et romans noirs mais pas seulement !

À toutes les femmes devenues mères, par choix ou par égarement, aux parfaites qui gèrent de main de maître, aux imparfaites qui tâtonnent, laissent leurs grands principes au placard, négocient. À toutes les mères qui avouent sans ambages que la maternité les a transformées, qu’elles sont passées d’un état d’insouciance à un état de stress permanent, qu’elles courent après le temps, après le silence, après l’envie. À toutes les mères conscientes de leurs émotions ambivalentes, à celles qui admettent avoir un « préféré », à celles qui voient les défauts de leurs progénitures, à celles qui protègent un frère contre une sœur. À celles qui dérogent aux règles pour 5 minutes de paix, qui font du chantage, qui « achètent » leurs enfants pour se convaincre de vivre dans l’harmonie. À celles qui ont peur, de tout, tout le temps : d’une blessure, d’un coup de soleil, des grands espaces où tout est possible, d’un accident. À celles qui étouffent, à celles qui protègent, à celles qui font confiance à leur instinct, à celles qui se battent contre elles-mêmes en permanence. À celles qui se sont épanouies professionnellement, ont des métiers respectés, mais redeviennent des enfants craintifs une fois la porte de l’espace familial franchi. À celles qui acceptent d’être haïes, ignorées par leur belle-famille, à celles qui consentent au pique-nique annuel alors que ce n’est pas une sinécure. À celles qui souffrent en silence, jouent la comédie, mais crèvent de l’intérieur. 

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Chaque début d’année a tendance à commencer avec des parutions d’auteurs dont les romans sortent toujours en janvier. Lisa Gardner en fait partie. En 2018, elle publiait « Lumière noire » aux éditions Albin Michel, roman dans lequel on retrouvait l’enquêtrice D.D Warren, mais où l’on découvrait aussi Flora Dane. Cette précision m’apparaît importante à souligner, car son nouveau roman « Retrouve-moi » peut être associé à une duologie dont le premier volume est « Lumière noire ». Dans « Retrouve-moi», vous allez découvrir le passé de Flora, comprendre pourquoi elle devient le bras droit de D.D Warren et surtout quel est son rôle dans la reconstruction des victimes. Cet opus est donc susceptible de vous divulgâcher le précédent. À vous de décider si vous préférez lire les deux à la suite ou uniquement lire celui-ci, ce qui est tout à fait possible.

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Déménager dans une grande maison et investir un atelier situé dans son grand jardin : voilà la grande idée de Stéphane pour « effacer les fautes commises et repartir sur de nouvelles bases. » Élisabeth se laisse séduire, Maëva l’adolescente du foyer fulmine. Élisabeth occupe cette dépendance au fond du jardin pour recommencer à peindre, seul moyen pour elle d’exprimer ses émotions. Stéphane accepte les contraintes de longues heures de transports en commun pour rejoindre son travail, Maëva entre dans un nouveau collège qu’elle déteste, comme chaque ado qui se respecte. Changer de lieu pour changer de vie…  Quelque chose qui s’apparente à un semblant de vie normale reprend son cours, mois par mois, trimestre scolaire après trimestre scolaire.

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Déambuler dans Downtown Detroit est une expérience singulière : de vieux bâtiments tagués laissés à l’abandon, aux fenêtres brisées et aux murs décrépis flirtent avec des constructions récentes, flambant neuves au rez-de-chaussée s’ouvrant sur des restaurants à la mode. Detroit fut la ville du rêve américain par excellence, celle où se sont construites les « usines de la liberté » qui garantissait un toit, l’eau courante, l’électricité et la possibilité d’acheter une voiture. Dans ce récit en deux temps, l’un commençant en 1935 et l’autre en août 2013, Judith Perrignon fait de Detroit le personnage principal de son roman « Là où nous dansions ». Siège de la Motown, des premiers artistes noirs américains devenus cultes, qui avaient le « move » dans l’âme et sous la peau, berceau de l’industrie automobile, fleuron des usines qui tournent à plein régime, Détroit naît. Detroit est un territoire qui ne peut se parcourir à pied, transpercé de plusieurs autoroutes qui se croisent et s’entremêlent. Dans son ventre, surgissent de terre des tours, un projet ambitieux porté à bout de bras par Eleanor Roosevelt : le Brewster Project.

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Sandrine Collette est certainement l’auteur qui, par la force de son écriture, me fait ressentir le plus d’émotions, souvent contradictoires, puisqu’elle n’évolue pas dans un monde manichéen. Rien n’est jamais tout noir ou tout blanc. À moi, elle apprend le sens des nuances, la faculté d’appréhender les choses sous des angles différents en pondérant les émotions en fonction du vécu. « Les larmes noires sur la terre» est sans doute le roman qui m’a permis d’apprécier et de comprendre l’écriture de Sandrine ; la façon qu’elle a de vous tirailler, de déclencher la compassion sans verser dans le pathos, de plonger tête baissée dans son univers. Dans « Juste après la vague » paru en 2018, elle aborde une thématique singulière : l’incident climatique qui jaillira sur le destin de toute une famille et bouleversera à jamais son équilibre. Idée qu’elle poursuit en 2020 avec « Et toujours les forêts» où le monde brûle et s’écroule autour de Corentin. Place à la fin du monde, à la nécessité de survivre et à la solitude qui emprisonne l’âme de son personnage principal. 

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Valentine rencontre François à la fac. C’est une solitaire, à tendance emmerdeuse. Elle est de droite, a de grandes idées philosophiques sur tout et des principes bien arrêtés. «Son âme a faim de tranquillité, elle est lasse de tout. De la dureté de son cœur, de ses intransigeances au sujet de la morale, du divorce, de l’immigration, de ses certitudes et puis aussi, pour faire bonne mesure, de ses doutes qu’elle pense inhérents à sa famille politique.» François lui offre un autre scénario, il est «un être simple, si pratique, sur qui tout passe et qui ne connaît d’autre sentiment que la faim, la fatigue et l’indignation ponctuelle pour toutes sortes de sujets.» Il est l’opposé d’elle, ne fonctionne pas à la masturbation intellectuelle permanente «François a été élevé dans l’idée que la quête ultime d’une vie est le bonheur»

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01/01/2021, voici donc « Mes indispensables 2020 », ceux sans lesquels mon année de lecture n’aurait pas été tout à fait la même. Ce classement s’organise au fur et à mesure de l’année dans un article qui reste à l’état de brouillon. Je l’alimente au fur et à mesure. Les quelques phrases écrites sous chaque couverture témoignent de mon attachement à chaque récit. Cette année, mon trio de tête est venu spontanément, presque logiquement, tant j’ai aimé ces 3 romans, chacun à sa manière, chacun pour d’autres raisons, mais éperdument.

Je remercie chacun d’entre vous pour les idées lecture, les échanges, la bienveillance, et la fidélité. Je vous souhaite d’excellentes lectures en 2021, d’être heureux, de rêver et de profiter de ceux qui comptent. Je vous embrasse. Lire la suite

Cette année, je vais vous proposer 2 articles bilan de fin d’année. D’abord, celui qui parle de «Mes meilleures lectures 2020», puis celui de «Mes indispensables.»

D’abord quelques chiffres. Cette année, j’aurais lu 123 romans, soit exactement le même nombre qu’en 2019 : 42 excellentes lectures que j’ai notées 5 étoiles ou 4 étoiles ½ sur Babelio, et 20 lectures emblématiques, inoubliables et terriblement marquantes (article à venir en fin d’année). J’ai publié 111 articles contre 133 l’année dernière, mais mon nombre de vues a augmenté de 25 % et mon nombre de visiteurs de 19 % : merci à tous pour votre fidélité et bienvenue aux nouveaux. Les articles ayant le plus de vues sont souvent ceux des sorties annoncées pour les mois à venir : vous êtes très curieux de savoir ce que vous allez pouvoir rajouter dans vos PAL. Je continuerais de facto à vous en proposer en 2021. Lire la suite

« Brasier Noir » est le premier tome d’une trilogie mettant en scène Penn Cage, ancien procureur et aujourd’hui maire de Natchez, état du Mississippi dans le récit. Tom Cage, son père, médecin, est accusé d’avoir tué Viola Turner, son ancienne infirmière. Celle-ci avait quitté la région depuis plusieurs années à la suite d’évènements tragiques. Elle y revient chercher une forme de paix et y meurt. Tom Cage, rongé par un passé dont il ne souhaite pas parler, se mure dans le silence. Pour organiser sa défense, son fils, Penn devra se replonger dans les années 60, là où tout a commencé, dans cette région où la ségrégation a fait rage. Les suprémacistes blancs, tous membres du KKK y faisaient leur cuisine interne, se débarrassaient des fauteurs de trouble et surtout de ceux qui ne respectaient pas les règles : un homme noir ne pouvait pas fréquenter une femme blanche et inversement. Le mélange des races constituait une forme de crime nécessitant un châtiment divin. Les opposants étaient punis, ceux qui savaient et s’étaient tus aussi. Le lecteur oscille entre les évènements tragiques de la période 1964-1968 et 2005 où les pratiques du docteur Cage sont disséquées et sa probité sévèrement remise en cause.

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Lorsque je repense à mon année de lecture, 3 romans me viennent immédiatement à l’esprit. Trois romans forts, puissants, émotionnellement intenses qui m’ont totalement bouleversée et que je ne suis pas prête d’oublier. Je dois avouer que tous les jours, je pense tout particulièrement à l’un d’eux. Deux autres arrivent immédiatement à sa suite. Le trio gagnant est donc une évidence. Alors, pour clôturer cette année un peu sombre, et dans une envie de partage, je propose de vous les faire gagner. Pour cela, je ne demanderais pas d’aide aux maisons d’édition concernées, je vous les offrirais sur mes propres deniers et vous les enverrais moi-même. Si vous me suivez, vous ne devriez pas avoir beaucoup de mal à deviner de quels romans il s’agit. 

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