Aude Bouquine

Blog littéraire, chroniques, sorties, bilans lecture : passionnée de polars, thrillers et romans noirs mais pas seulement !

Je l’avoue tout à fait honnêtement, j’ai commencé « Le dernier message » avec quelques appréhensions… Dans la bibliographie de Nicolas Beuglet, j’avais beaucoup aimé « Le cri », adoré « Complot », pas franchement aimé « L’île du diable ». Pour ce dernier, j’avais eu la dent un peu dure, tellement j’avais été déçue de la tournure qu’avait prise cette fin de trilogie. C’est vrai qu’il m’avait manqué ce petit supplément d’âme pour le personnage de Sarah, et un vrai message auquel réfléchir, comme l’auteur m’y avait habituée. J’ai donc attaqué « Le dernier message » sans rien en savoir, ne lisant jamais la quatrième de couverture. Je ne vais pas vous mentir : la lecture des premières pages a été difficile. Il m’aura fallu un moment pour entrer dans le roman et me laisser porter. Je ne vais certainement pas blâmer Nicolas Beuglet d’avoir pris son temps cette fois-ci, le lui ayant reproché la dernière fois. L’atmosphère de ce roman singulier se construit pas à pas et c’est à partir de l’arrivée de Grace dans les Highlands que celle-ci devient de plus en plus oppressante. 

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« La confidente » est un roman noir psychologique qui traite des relations au travail. Une secrétaire intérimaire, Christine, se voit confier l’un des postes les plus importants de la société : assistante particulière de Mina, à la tête de l’entreprise. Précédemment, elle était celle de Lord Appleton, le père de Mina. Mina est un personnage trouble, un peu fille à papa, née avec une cuillère d’argent dans la bouche, à qui l’on a donné de grosses responsabilités (peut-être un peu trop grosses pour elle) et qui souhaite se démarquer de son prédécesseur de père en prenant des directions différentes pour l’avenir de l’entreprise. Les supermarchés Appleton travaillaient avec de petits producteurs, vantant ainsi des relations équitables pour achalander les rayons de leurs magasins, et c’est tout ce système que Mina souhaite secrètement peu à peu métamorphoser. L’appât du gain peut faire faire des choses peu recommandables…

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J’entends dire « je ne peux pas lire ce livre, il parle de la chasse » sous-entendu, il défend la chasse et les chasseurs. Détrompez-vous, ce roman ne fait en aucun cas l’apologie de la chasse, ni ne condamne celle-ci : il vous donne divers axes de réflexion. Des Pyrénées où Martin, garde d’un parc national cherche à retrouver le seul ours mâle encore présent, avant la réintroduction de femelles, aux confins de l’Afrique où la chasse des « big five » se monnaie à prix d’or, Colin Niel prend le parti de construire un roman choral dans lequel chaque voix a sa place, et où chacun défend « son bifteck ». Ce récit, loin d’être manichéen, amène le lecteur, tout en douceur et sans le brutaliser à revoir ses positions en se mettant à la place de l’Autre, qu’il soit chasseur, garde forestier, membre d’une tribu africaine, ou même lion ou ours. 

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Nous sommes bientôt au mois d’octobre, et comme à chaque fois, je fais ma petite liste des romans que je voudrais avoir le temps de lire. Dans cette sélection, non exhaustive, j’attends plus particulièrement deux livres. L’un parce qu’il semble être un roman sociétal avec une thématique écologique forte : il s’agit bien sûr du petit nouveau d’Olivier Norek « Impact ». Le second s’est fait attendre, très très longtemps… mon impatience est d’autant plus grande ! « Les monstres » de Maud Mayeras sortent du placard le 2 octobre et ce jour-là, je ne serais là pour personne. Pour le reste, j’ai sélectionné 22 autres ouvrages qui me font de l’œil. Encore de belles lectures en perspective ce mois-ci. Je vous embrasse, prenez soin de vous !
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Voici enfin le dernier volume de la trilogie de Patrick Bauwen. On peut dire qu’il était sacrément attendu par les lecteurs ayant lu « Le jour du chien » et « La nuit de l’ogre ». Cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas le lire en one-shot, bien au contraire, vous y perdrez simplement sur le passé des personnages. On retrouve Chris Novak, notre médecin urgentiste, qui dans ma tête a le visage de Patrick Bauwen. Oui, bon, chacun l’imaginera comme il voudra. Chris Novak est en piteux état, sa descente en enfer n’a fait que s’accentuer. Si vous avez lu les précédents, vous savez qu’à la mention « situation personnelle », il écrira « c’est compliqué », il n’a pas vraiment eu beaucoup de chance avec les femmes qui ont partagé sa vie. (est-ce un appel au secours pour une intervention extérieure ??) Ici, drogué aux médicaments de toute sorte, alcoolique en puissance, il utilise tous les dérivatifs possibles pour diminuer ses angoisses et ses crises de panique. Novak est désormais agoraphobe. « Dans l’agoraphobie, le stress s’accumule au fil du temps, et d’un coup, les symptômes éclatent. J’ai arrêté d’abord les transports en commun. Puis la voiture. Puis j’ai complètement cessé de sortir en quelques jours. (…) L’agoraphobie est un rempart. Comparé à certaines vérités, vivre coupé du monde n’est pas un sort si pénible. » J’ai personnellement vraiment apprécié de découvrir les spécificités de cette pathologie (oui, je dois être un peu maso…).

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Il y a des romans qui vous émeuvent.

Il y a des romans qui vous émeuvent et vous blessent. 

Il y a des romans qui vous émeuvent, vous blessent, vous révoltent et vous terrassent par la justesse et la force des mots. 

Une histoire romanesque, mais tellement réelle qu’elle pourrait raconter votre propre vie, ou celle de l’une de vos amies. 

C’est la grande force d’Amélie Antoine, et cela depuis le début. Ce que j’aime le plus chez elle : devoir me rappeler à chaque chapitre qu’il s’agit là d’un roman, pas de la réalité, même si c’est bien une réalité susceptible d’être vécue par nous tous qu’elle raconte. Amélie Antoine est une auteur singulière, dotée d’une sensibilité exacerbée qu’elle met au service de l’écriture. Son phrasé est capable de susciter un tel panel d’émotions que cela relève du génie et d’un soupçon de magie. Entrer dans son univers c’est accepter de ne pas en sortir tout à fait indemne, de rouvrir des plaies qu’on croyait fermées, de s’écrouler face à une situation déjà vécue. Elle a une façon bien à elle de vous assommer, généralement en milieu de roman, en dévoilant une information que vous n’avez pas vue venir et qui vous laisse sans voix. 

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C’est certainement la chronique la plus difficile à écrire cette année, et sûrement celle que je ne m’attendais pas à devoir écrire… Tout d’abord, parce qu’entre les éditions Cosmopolis et moi, c’est une grande histoire d’amour depuis le début : j’ai une très grosse partie de leurs publications dans ma bibliothèque. Ensuite, parce que si vous me suivez, vous savez que j’ai lu le tout premier tome de la série Daniel Magne/Lisa Heslin cet été (« Colère noire ») parce que j’avais adoré « Du poison dans la tête » et que je voulais absolument connaître la genèse de cette rencontre. Par ces deux romans de Jacques Saussey, j’ai été conquise… Tellement conquise que j’ai acheté toute la série mettant en scène ces deux protagonistes. 

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Samedi 5 septembre 2020 était une date un peu particulière : cela fait 3 ans que mon blog Aude Bouquine existe. Pour ceux qui n’en connaissent pas la genèse, il est né à Santa Barbara, Californie durant une expatriation, à un moment où, je me sentais très seule et assez inutile. 

Me voyant sans cesse le nez plongé dans un bouquin, mon mari m’a suggérée de faire « quelque chose de tous ces livres lus ». L’idée du blog est venue assez naturellement. Précédemment, j’avais un blog qui s’appelait Aude papote dans lequel je racontais nos aventures d’expatriés pour nos amis, et c’est tout naturellement que mon nouveau blog s’est appelé Aude bouquine. Pas d’une grande originalité, mais en tout cas dans la même veine. 

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Que savez-vous de l’histoire d’Haïti en 1984 ? En 2010 ? Si ce n’est ce séisme terrible qui s’est abattu sur le pays le 12 janvier de cette année-là ? Peut-être comme moi, pas grand-chose. À peine, le situer sur une carte, rien sur les évènements historiques, les problématiques ou encore les enjeux. Le prétexte du thriller est souvent un excellent moyen d’éclairer les consciences et d’aborder des sujets méconnus. Pour son quatrième roman, Jérôme Loubry nous entraîne donc en Haïti, entre Port-au-Prince, la partie riche du pays et Piéton-Ville, un quartier où règne misère, crasse et damnation. En cette période trouble où tout voyage est compliqué, voir interdit, il est très agréable de pouvoir s’évader vers des contrées lointaines, a fortiori celles où jamais l’on n’avait prévu de se rendre tant elles ne font pas partie des destinations idylliques que l’on rêve de visiter avant de mourir. ( c’est gai cette entrée en matière !)

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Betty est la sixième enfant d’une fratrie de huit. Sa mère est blanche, son père est indien. Surnommée « la petite Indienne », Betty va apprendre les combats de ceux qui sont « mal nés », comprenez ceux dont la couleur de peau n’est pas blanche, et surtout assimiler ce que cela engendre d’être une femme, en 1960, dans l’Ohio. Que vous soyez un homme ou une femme, ce roman est fondamental, nécessaire et éclairant sur la condition de la femme telle qu’elle peut être vécue, subie, ou revendiquée. Betty n’est pas une nième femme dont le désir profond est de conquérir une liberté profondément désirée, elle est le symbole d’une femme qui mérite d’être, et qui forte des expériences de vie de sa mère et de ses sœurs, va marcher droit vers les buts fixés sans jamais laisser qui que ce soit se mettre en travers de son chemin. Lire la suite

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