Aude Bouquine

Blog littéraire, chroniques, sorties, bilans lecture : passionnée de polars, thrillers et romans noirs mais pas seulement !

Il est parfois nécessaire de s’éloigner des nouvelles du monde trop anxiogènes ou d’évènements douloureux qui arrivent subitement dans nos vies. Ces moments difficiles flottent dans nos cerveaux, nos cœurs sont malmenés, nos sommeils perturbés. Ce fut mon cas jusqu’à « Une chance sur un milliard » conseillé par un ami qui a pensé que c’était l’instant parfait pour le commencer. À la lecture des premières pages, j’ai pensé « il se fiche de moi », l’annonce d’une très mauvaise nouvelle au personnage principal a considérablement plombé ma recherche de paix et de sérénité : «une météorite qui s’écraserait dans une réserve naturelle»«ce n’est pas un coup de massue que j’ai pris sur la tête, mais un bombardement», «les points d’impact se multiplient», « l’onde de choc intérieure progresse », merci bien pour le champ lexical de la dévastation. Allons bon ! Quel message ce roman est-il censé me passer et comment va-t-il pouvoir devenir un livre doudou dans lequel je pourrais venir me réfugier pour fuir ma réalité ?

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Et vous ? Que faites-vous pour aider la planète? «On agit quand, pour de vrai?»

Solal est un militaire au passé dur. En raison de ses missions à travers le monde, il a vu tout ce que l’humanité comporte de plus abject. Il est en mode autoprotection «pour que les images n’aillent pas de ses yeux à son cerveau, de son cerveau à son âme.» En Afrique, les industries pétrolières ont déversé 22 millions de pétrole brut et on fait d’une partie du monde «l’endroit le plus pollué de la terre.» Qui dit pollution extrême, dit morts. Charniers serait un terme plus exact. Un enfant sur deux est malade. «Nés dans le pétrole, nourris au pétrole, morts à cause du pétrole, brûlés par le pétrole.» Alors, quand un drame personnel dû à la pollution frappe Solal de plein fouet, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. L’enlèvement du PDG de Total «menacé d’être asphyxié par la propre essence qu’il extrait et commercialise» est une façon de forcer les yeux du monde à s’ouvrir. L’enlever puis expliquer pourquoi. Et diffuser tout ça sur les réseaux sociaux, seul moyen d’atteindre en quelques secondes, la planète entière.

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Vous trouverez ici mon dernier article de l’année concernant les sorties de novembre. En décembre, je vais toujours relâche et j’essaie de lire ce qu’il reste dans ma PAL et que je n’ai pas pu lire par manque de temps. De plus, je vous prépare déjà mon article concernant mes meilleures lectures de l’année. Vous constaterez que le 5 novembre est LE jour de multiples parutions qui étaient sur ma liste. Évidemment, comme d’habitude, cette liste et non exhaustive et je compte sur mes copains blogueurs pour l’allonger !

En cherchant des informations pour cet article, je suis tombée sur de futures sorties annoncées. Vous les trouverez en fin d’article. Les dates indiquées sont à prendre avec modération puisqu’on n’est plus vraiment sûrs de rien en ce moment. Bonnes lectures à tous.

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Encore la thématique de la disparition de l’enfant me direz-vous… Ils sont un certain nombre à avoir « exploité » ce sujet, parfois en s’y cassant sévèrement les dents. Sauf que, François-Xavier Dillard ouvre son roman sur une banale balade en bateau et sur ces phrases terribles lancées par des parents, qui comme tous les parents ne mesurent pas forcément les dégâts engendrés par des conseils assénés en période de grand stress ou de grosse frayeur. À la sœur, «Clémentine, je compte sur toi pour surveiller ton frère», au petit frère «je compte sur toi, Gaspard, pour protéger ta sœur». Il sera toujours temps d’en vouloir à Marc qui a pris la mer alors qu’une très forte tempête était annoncée, et à Clémentine d’avoir lâché la main de son frère. Si ce n’est qu’une vague gigantesque s’abat sur le navire familial et que c’est Clémentine qui disparaît sous les flots. «Soudain, c’est un mur d’eau qui s’abat sur le navire. Le vent a forci en quelques minutes pour n’être plus qu’un hurlement constant, une bourrasque immense et folle qui se joue du voilier et de ses occupants.» Suit un enterrement terrible puis quatre années passent. 

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«La nuit tombe et la neige aussi, sur cette station de ski huppée, nichée dans les Alpes au creux d’un site grandiose. Aux abords de ce qui fut jadis un village savoyard frileusement regroupé autour de son église, s’échelonnent désormais les plus luxueux chalets qui soient. (…) Si somptueuses soient-elles, ces constructions font figure de maquettes à l’échelle de la montagne. Tout autour, des crêtes plus aiguës que des dents, des gorges d’un noir d’encre et de longues langues de glace menacent de broyer ce décor miniature. De n’en faire qu’une bouchée.»

Ainsi s’ouvre « Les désossés » de François d’Épenoux. En matière de portrait vivant de la nature toute puissante en période hivernale, de chalet isolé, de neige qui tombe sans discontinuer, de silence apaisant et angoissant à la fois, beaucoup de choses ont été tentées. C’est la première fois qu’une telle atmosphère m’atteint presque physiquement dès la seconde page. Sortez les plaids les amis, il va neiger tout le roman et il va faire un froid de plus en plus glacial… Dans ce chalet isolé dans la vallée de la Mourière vit un couple aisé : Liz et Marc. Lui a réussi dans la vie, elle profite de ce luxe qui lui est un peu tombé dans les bras. Liz est une femme qui a fait « un bon mariage » et d’entrée de jeu, le lecteur peine à l’apprécier. Me concernant, je l’ai cordialement détestée, alors qu’elle commençait par me montrer toutes ses fourrures d’animaux morts, vison, renard, panthère, chinchilla, zibeline. Comble de l’exaspération, elle parle d’une façon extrêmement condescendante à sa domestique, Rose, ce qui n’a pas manqué de me hérisser le poil. Si j’ai été très irritée par ce personnage, elle m’a également fait rire, de ces fous rires liés à l’incongruité de certaines situations où elle est si ridicule que vous riez à gorge déployée. Déconnectée de la réalité par cette neige qui empêche toute circulation et qui peu à peu bloque le chalet et toute la région, Liz organise pourtant un banquet pour organiser le mariage de Juliette, sa fille, qui aura lieu dans 3 mois ! Un banquet romain où les tables croulent sous la nourriture, et les grands vins. Liz semble vivre sur une autre planète, dans une autre réalité que celle de la catastrophe qui s’abat sur la région. Son côté déconnecté, sa rhétorique hilarante, ses problèmes dérisoires qui deviennent de grandes catastrophes insurmontables confèrent au roman ce qu’il faut de légèreté pour affronter les évènements catastrophiques qui vont suivre… Ces saynètes font énormément penser au théâtre, et vous auriez vu mon petit sourire en lisant les remerciements… 

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2011 :

Fermeture de la « Dozier School » à Marianna, Floride. « Nickel boys » est librement inspiré de l’histoire de cette école. (Sous réserve qu’il soit approprié d’appeler ce centre de tortures « école »)

2020, quelques faits :

12 mars, mort de Breonna Taylor tuée de 8 balles alors qu’elle dormait.

25 mai, mort par étouffement de Georges Floyd

12 juin, mort de Rayshard Brooks, tué alors qu’il s’était endormi dans sa voiture. Abattu par trois balles.

23 août : Jacob Blake reçoit 7 balles dans le dos tirées à bout portant.

30 septembre, premier débat dans la course à la présidentielle Américaine : Donald Trump refuse de condamner les suprémacistes blancs. 

1962, Elwood reçoit en cadeau de Noël un disque : le discours de Martin Luther King à Zion Hill. Des mots forts, un peuple rassemblé autour d’une figure emblématique pour plus de justice. Elwood veut aller à l’université. Il veut être le premier noir de sa famille à saisir cette opportunité. Il refuse l’accomplissement d’un destin tout tracé : portier dans l’hôtel où travaille sa grand-mère. Mauvais endroit, mauvais moment, Elwood se retrouve accusé de vol de voiture. Sanction immédiate sans possibilités de s’expliquer : direction « Nickel », un centre de redressement où les blancs et les noirs sont séparés, qui ne cache pas ses intentions «Vous êtes tous ici parce que vous êtes incapables de vivre avec des gens respectables.» Cette école possède sa propre Maison-Blanche, celle qui rend la justice. On y entre par-derrière. Par la porte de la raclée. Un ventilateur gigantesque est installé là pour couvrir le bruit de ce qui s’y passe par son rugissement… « Black Beauty » devient rapidement une compagne très chère, solide, assidue qui remet les garçons dans le droit chemin. Non, ce n’est pas une jeune beauté noire, c’est une ceinture. Elle se charge de donner des corrections. 

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Hasard de lecture, « Inspection » est un roman qui se déroule dans le Michigan, une région dans laquelle j’ai vécu mes premières années d’expatriation et que je connais donc très bien. Pour définir l’endroit où ils vivent, les habitants se servent de la paume de la main droite, « D’une main, elle imita la forme de l’État » fidèle représentation de la silhouette de l’État. (voir photo plus bas)

C’est donc dans le nord du Michigan que se trouve une institution unique en son genre qui abrite des garçons Alphabet, dont les prénoms vont de A à Z. Ils ont presque 13 ans. « La parentalité » créée par P.È.R.E se charge de leur éducation. Tous les matins, les garçons Alphabet doivent se plier à des Inspections sous les yeux scrutateurs de différents inspecteurs, intervenant dans l’institution où rien ne peut être tout à fait dissimulé, même pas ses pensées les plus intimes au risque d’être envoyé au Coin. Parfois, un discours du fondateur « chargé de transmettre la philosophie de la Parentalité » a lieu dans la salle des Corps. Les garçons Alphabet vivent avec l’idée qu’ils sont nés des Arbres Vivants. Ils évoluent surtout en n’ayant aucune idée de l’existence du sexe opposé…

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Abbie se réveille dans un hôpital. L’homme qui se tient près d’elle dit être son mari.«Tim Scott était, ou serait bientôt, à l’intelligence artificielle ce que Bill Gates était aux ordinateurs, Steve Jobs aux smartphones et Elon Musk aux voitures électriques.» Ce petit génie de la « tech » avait une femme parfaite, artiste talentueuse, mère dévouée d’un petit garçon atteint d’une forme particulière d’autisme. Sauf que… Abbie est morte dans un accident de voiture 5 ans auparavant. Or, c’est bien elle qui se réveille dans ce lit d’hôpital. Comment est-ce possible ? Que s’est-il passé ? Qui est cette autre forme d’elle-même si fidèle à « l’originale » ? 

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Il y a des romans à l’atmosphère très anxiogène et il y a « Les monstres »… Anxiogène n’est pas le mot adéquat. Malaisant serait plus exact, même si j’en déteste la sonorité. Malaisant est un adjectif très laid, mais dérangeant ou déroutant n’est pas assez fort. Quatre ans que j’attendais la sortie d’un nouveau roman de Maud Mayeras… Après « Hématome » en 2006, « Reflex » en 2013 et « Lux » en 2016, « Les Monstres » sorti le 2 octobre 2020 confirme le talent d’une auteur à l’univers singulier, une femme qui semble avoir une vie intérieure fertile, naviguant au milieu de ses ogres personnels. Je referme le roman bousculée, chamboulée, à la fois soulagée de l’avoir terminé et triste d’abandonner ses personnages auxquels elle a adjugé, une fois encore, des âmes tourmentées, mais si riches d’émotions. Je crois qu’on ne peut écrire un tel livre sans vivre avec de véritables démons intérieurs, sans blessures profondes, sans un immense talent pour conférer aux mots un embrasement et une portée si prodigieux. Une écorchée vive qui crée des protagonistes écorchés vifs, sur lesquels la fée usuellement chargée de distribuer des bontés a préféré catapulter des maléfices. 

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Rose Rivières est assassinée en plein spectacle de Noël dans une foule de plus de cinq cents personnes, dans l’indifférence générale. Aucun témoin, pas d’indice, seulement une forêt de parapluie. Seule une photographie prise par le journal local a immortalisé les mains du meurtrier. Un coupable est rapidement mis sous les verrous. De couleur noire, il est le suspect idéal. Son avocate, très jeune dans le métier, ne croit pas du tout à sa culpabilité. Elle va se battre avec force et détermination pour que justice soit faite et que le véritable responsable soit mis sous les verrous.

« Sous le parapluie d’Adélaïde » est le huitième roman de Romain Puértolas. J’en ai trois dans ma bibliothèque que j’avais envisagé de lire durant l’été… et puis, le temps est passé sans que j’y touche. J’avais lu de très bonnes chroniques de « La police des fleurs, des arbres et des forêts», certains ont même défié l’auteur en dessinant des schémas pour trouver le coupable, quand Romain affirmait que c’était chose impossible. C’est dire à quel point j’étais curieuse de plonger dans celui-ci pour tester mes capacités d’enquêtrice en chef. 

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