Aude Bouquine

BLOG LITTÉRAIRE

À Hønefoss, petit village de Norvège, tout le monde se connaît. Malgré la neige qui étouffe chaque son, les âmes bruissent de secrets. Chaque changement à l’inaltérable mélodie du village est un évènement, alors un meurtre, pensez donc ! Cela va alimenter bien des conversations. Lars Lukassen est chargé de l’enquête. Il n’est pas très ému par ce crime, la victime est l’un des anciens tortionnaires de ses jeunes années. Il a bien assez à faire depuis son divorce, prendre plus de temps avec Annie, sa fille qui pleure à chaque fois qu’il la dépose à l’école. L’arrivée d’une nouvelle enseignante, Johanna contribue à cette nouvelle fébrilité qui agite les esprits. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Pourquoi prend-elle immédiatement Annie sous son aile et la défend à tout prix ? Lorsqu’un terrible accident survient lors d’une sortie scolaire, les esprits s’échauffent. De plus, à l’école, certains élèves mentionnent la présence d’une silhouette qui chuchotent des histoires terrifiantes aux oreilles des enfants… Personne ne la voit, mais tout le monde parle d’elle… Peu à peu, l’atmosphère du village change. Le récit se teinte alors de mystères, oscillant entre féerie et sorcelleries, faisant ressurgir peurs et angoisses. 

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« Pas ce soir » est l’histoire d’un couple qui ne fait plus l’amour. Une fois les enfants partis, les contingences familiales gérées, chacun retourne à sa vie, à son boulot, à ses amis et à ses emmerdes. « Les occasions » se font plus rares malgré le temps disponible, on se met à les compter. Le narrateur se rend bien compte que l’on passe de rarement à plus du tout. Jusqu’au jour où, Isa déménage ses affaires dans la chambre de sa fille, sans explication vraiment crédible, simplement en affirmant qu’elle dormira mieux « là-bas ». C’est le choc. D’autant que ce phénomène de « chambre à part » s’éternise, prend toute la place dans la tête de Monsieur, que l’absence de sexe devient une obsession. Un roman atypique qui traite d’un sujet tabou : le désert sexuel du couple dans notre société pourtant hyper sexualisée. Amélie Cordonnier y aborde aussi l’amertume d’un homme que ce brusque revirement de situation fait souffrir, les silences, les évitements orchestrés. Une certaine comédie du bonheur en public, une dictature conjugale en privé. 

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J’ai découvert David Lelait-Helo à la fin de l’année 2021 avec son roman « Poussière d’homme ». J’avais alors pensé que ceux qui avaient beaucoup vécu, des bonheurs fous et des tragédies terribles devenaient de sacrés écrivains. J’étais impatiente de le découvrir dans un autre registre, différent de ces pages où il narrait l’amour fou que rien ne sépare. Dans « Je suis la maman du bourreau », nous sommes dans un répertoire bien différent. Une mère, Gabrielle de Miremont, profondément croyante, austère, aux émotions froides et dissimulées façonne depuis le plus jeune âge un bloc de terre glaise. À son image. Selon ses aspirations les plus profondes. Cette terre glaise prend peu à peu forme sous ses doigts. Elle deviendra prêtre. Son fils, Pierre-Marie sera le socle de toute une communauté, une vitrine familiale, une fierté absolue. « Il avait le regard de Dieu, bleu de ciel. (…) Une auréole l’entourait, nous entourait. Il était le meilleur de ma personne, son prolongement magnifié. Mon élu. » Ce fils entièrement modelé par sa mère comble toutes ses attentes. Il faut comprendre que cet homme n’est pas en position de choisir son destin, il n’a pas de libre arbitre. Il est un esclave consentant, un jouet, une marionnette. « Il devint prêtre sans jamais avoir eu le loisir d’imaginer un autre chemin, il s’était seulement laissé irradier par le profond désir de sa mère. (…) Il était le prêtre qu’on avait voulu qu’il fût, et la fierté de sa mère suffisait à le convaincre de son choix. Ignorant qu’en réalité il n’avait jamais fait aucun choix et marchait dans d’autres pas que les siens. »

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Cette année, il me semble qu’avec les évènements que nous vivons, beaucoup d’auteurs souhaitent exploiter le créneau du « et si, on pouvait faire des choix différents, et vivre d’autres pans de nos vies ? » Dans « Les neuf vies de Rose Napolitano », Donna Freitas choisit d’explorer l’existence d’une femme qui ne veut pas d’enfant. Dans son roman, elle déroule neuf vies, toutes regroupées autour de cette thématique. Si vous voulez, pour faire simple, elle nous donne neuf versions de « possibles Rose ». Dans chacune, des décisions seront prises, des mots prononcés. Parfois, elle tiendra tête à son compagnon, parfois pas. Dans certains cas, elle sera mère, dans d’autres pas, mariée, séparée, divorcée, adultère, tous les scénarios possibles seront décortiqués. Toutes les vies commenceront par la même dispute ridicule, Rose est attrapée par son compagnon Luke en flagrant délit de mensonge : elle ne prend pas ses vitamines prénatales alors qu’ils s’étaient tous les deux mis d’accord pour qu’elle le fasse. De cette altercation, vont découler les scénarios les plus simples aux plus complexes en fonction, souvent, de la réaction de Luke. 

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« Les évaporés du Japon » est le résultat d’années d’enquête sur un phénomène troublant qui se déroule au Japon. Chaque année, plus de 100 000 personnes choisissent de disparaître sans laisser de traces, le plus souvent par honte ou peur du déshonneur pour eux-mêmes ou leurs familles. C’est le point d’ancrage du nouveau roman de Niko Tackian, « Respire ». Yohan n’en peut plus de sa vie actuelle. Écrivain ayant connu le succès lors de la publication de son premier roman, il peine à écrire le second. « Son aura de génie avait fondu comme neige au soleil, tout le monde voyant désormais son succès comme un coup de chance et son talent comme un éclair ayant illuminé le ciel une fraction de seconde avant de ne laisser qu’une nuit opaque et uniforme de médiocrité.» Sa compagne l’ayant quitté, désormais seul avec ses démons, comment ne pas être attiré par les sirènes de Blue Skye qui propose d’avaler un « unique comprimé aux reflets de nuit » pour se retrouver ailleurs, recommencer sa vie sans être sans cesse confronté à son passé et à ses échecs ? Yohan se retrouve alors catapulté sur une mystérieuse île. Il devient le détective Achab, part à la découverte de son nouveau « home » et de ses habitants. 

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« Ils sont quatre, trois derrière, un qui se tient devant, qui met le cap sur moi comme si je n’existais pas. Ou que si, justement. Comme si j’existais trop. » Montpellier 2009, un soir d’été. Une femme revient d’une soirée passée chez un ex-amour de jeunesse. Elle se fait apostropher par un groupe d’hommes : « C’est pas prudent de se balader toute seule, comme ça, la nuit, madame. » Menaces à peine voilées, rires inquiétants… Elle a peur. Pourtant, elle occupe l’espace, elle parle, amorce la discussion et ces paroles déstabilisent ses potentiels agresseurs. Ils passent leur chemin. Elle a échappé à l’agression. Le lendemain, le corps d’une jeune femme est retrouvé dans le même quartier. Persuadée qu’il s’agit là des mêmes attaquants, elle se met à développer le syndrome du survivant. Elle se sent coupable d’avoir survécu. Pourquoi ne lui ont-ils fait aucun mal ? Commence alors une lente descente aux enfers pour « La femme d’après », victime d’une non-agression.

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Une dernière aventure, un ultime enchantement, retrouver le plaisir d’être ensemble, au cœur de la nature, celle qui a abrité les joies d’enfants, et créé les souvenirs familiaux. C’est ce que propose un père, Bill, à ses deux enfants Al et Trig. Pourtant, cette famille délitée n’a plus de contact depuis plus de 2 ans. Les parents sont séparés, les jumeaux ont chacun suivi chacun leur route. Nous sommes en novembre. L’automne au Canada, ses forêts rougeoyantes, ses couleurs chaleureuses. En cette saison, la nature est un pur ravissement. Même si la traversée des lacs en canoë en cette saison semble pure folie, Al et Trig acceptent de renouer avec leurs émotions d’enfant, conjuguent avec l’appréhension de revoir ce père, mathématicien de formation, amoureux des grands espaces. «Ensuite, la route s’enfonce dans la forêt. L’eau a beau être omniprésente, nous ne l’apercevons que par intermittence, comme si elle était tapie, à l’affût. La route se fait tunnel, les arbres se referment sur nous, la seule touche de bleu provient du ciel, un mince ruban au-dessus des arbres, une rivière minuscule. Nous ne pipons mot, des fidèles à l’église. Nous voilà perdus dans le labyrinthe des lacs.»

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Un petit coin de verdure, une maison dans les bois, un lac. C’est dans cet endroit isolé que trois frères viennent passer tous leurs étés. C’est dans cet endroit reculé qu’ils reviennent, des années plus tard pour honorer les dernières volontés de leur mère : répandre ses cendres en ce lieu témoin de tous les bonheurs et de tous leurs instants de vie. « Les survivants » a des intonations de roman américain et pourtant, son auteur, Alex Schulman est suédois. C’est bien en Suède que le récit se déroule, mais avec beaucoup d’objectivité, il pourrait se dérouler partout ailleurs dans le monde. Le lieu cartographique n’a que peu d’importance, il permet au lecteur de s’y projeter. Le lieu réel lui est un personnage à part entière : la maison, le lac sont les deux observateurs privilégiés de cette famille sémillante. Benjamin, Pierre et Nils que la vie a éloignés se retrouvent là, contraints et forcés, alourdis par l’urne qui transporte les cendres de leur mère. Personne ne serait revenu ici sans cette dernière volonté. À 23h59, grâce ou à cause de Benjamin qui a donné l’alerte, un policier emprunte le petit chemin à travers la végétation qui mène à ma maison. Il trouve trois hommes « assis côte à côte sur le perron de pierre devant la porte d’entrée. Ils pleurent, dans les bars l’un de l’autre.(…) ils sont trempés et en piteux état ». Depuis leur arrivée, les souvenirs d’enfance ont ressurgi. Les réactions parfois étranges du père ou de la mère reviennent en mémoire. Les raisons de la dislocation de l’unité familiale affleurent sur le lac, et dans les esprits…

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Imaginez une bibliothèque qui vous donnerait la possibilité de rejouer votre existence. Soit par de grandes transformations liées à des choix de vie totalement différents, soit par de petits changements de direction qui provoquent de nouvelles incidences. C’est ce qui arrive à Nora Seed, qui après une journée catastrophique où tout semble s’écrouler, décide d’en finir et veut se suicider. Pourtant, elle est propulsée dans un lieu à la fois étrange et magique, une bibliothèque. Madame Elm qui administre cet endroit, lui en explique le fonctionnement. «Entre la vie et la mort, dit-elle, il y a une bibliothèque. Une bibliothèque aux étagères sans fin. Où chaque livre offre une chance d’essayer une autre vie que tu aurais pu vivre. Une occasion de voir comment cela se serait passé si tu avais fait d’autres choix…» Il est donné à Nora l’opportunité de rejouer quelques scènes. Si la vie choisie est pour elle, elle y reste. Sinon, elle revient dans la bibliothèque. Chaque livre qui s’y trouve raconte l’une de ses vies, tant qu’il y a des livres, il y a des vies, tant que le temps n’avance pas et que l’horloge reste à minuit, tout est possible. De quoi expérimenter un incroyable champ des possibles en exauçant finalement tous les rêves que Nora n’a pu concrétiser. «Tant que la Bibliothèque de Minuit durera, Nora, tu seras préservée de la mort. Maintenant, il faut que tu décides comment tu veux vivre.» La grande aventure peut donc commencer !

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Comme promis, il est l’heure de parler de « littérature de genre » et de faire le bilan de cette année 2021. Globalement, et parce que je suis une grosse lectrice depuis longtemps, je deviens plus exigeante dans mes exaltations, mais aussi dans mes retours : au-delà des seules émotions, il me faut de l’imagination, de l’originalité et un grain de folie dans l’intrigue. Cela ne veut pas dire que je ne prends pas de plaisir à lire des romans plus « grand public », bien au contraire, vous en trouverez ici aussi, mais cette année, j’ai lu quelques ouvrages que j’ai classés dans la catégorie OVNI littéraire. 

Dans mon bilan d’hier, j’ai mentionné « Notre part de nuit », qui en est un. Dans celui-ci, les deux premiers de mon classement en font partie. « Nous sommes les chasseurs » et « Les somnambules » sont deux lectures majeures de cette année pour cette formidable ode à l’imaginaire, le fait de tout oser dans la narration, et de proposer une écriture immersive qui sert réellement le récit. 

Je vous laisse découvrir le reste de ce classement tout en ajoutant ceci : on peut avoir découvert un auteur par un roman et l’avoir vraiment détesté, puis le placer dans son classement des meilleures lectures quelques années plus tard !! Toujours laisser une seconde chance : ceux qui me suivent régulièrement sauront de qui il s’agit.

Je vous souhaite de magnifiques lectures en 2022. Merci aux auteurs de nous faire rêver.

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Voici mon bilan lecture pour cette année 2021. Sur 137 livres lus cette année, j’ai choisi ceux qui rien qu’à l’évocation du titre font remonter les émotions. L’émotion ressentie est ce qui, pour moi, fait vivre le roman, permet de ne plus le lâcher, et de s’en souvenir longtemps. Lorsque vous visitez des lieux dans vos voyages, vous souvenez-vous longtemps de ce que vous avez ressenti, de votre sérénité, de votre joie d’être là ? Dans un roman, c’est exactement la même chose. Viennent ensuite l’histoire, le style, et tout un tas de petits détails qui font que vous gardez précieusement au fond de vous tous ces moyens d’évasion que des auteurs vous ont offerts. 

Cette année aura aussi été (encore !) une année d’échanges virtuels avec des personnes chères à mon cœur qui sont devenues essentielles. Parfois sans se connaître physiquement, nous prenons des nouvelles les uns des autres, discutons bouquins, nous donnons des conseils respectifs. Ainsi, je veux remercier Yvan, Nadia, Anne-Sophie et Christine : vous êtes devenues mes essentiels. Je n’oublie pas le duo de choc, nos conversations quasi quotidiennes, nos rires et nos moments de cœurs vidés : Caroline et Caroline. Notre trio les Caraude, essentiel aussi…

Mon blog a bien progressé, 20 % de vues et un peu plus de 10 % de visiteurs supplémentaires par rapport à l’année dernière. Merci aux fidèles et bienvenus aux nouveaux pour vos commentaires et vos partages (Camille, tu es formidable !)

Ce bilan ne concerne que les romans parus en 2021, mais je voudrais parler ici de l’immense coup de cœur ressenti pour « Poussière d’homme » de David Lelait-Helo, d’une beauté à couper le souffle. Après cette rétrospective des romans de littérature contemporaine, vous aurez dans les prochains jours mon bilan des romans parus en littérature de genre. 

Voilà les amis, rendez-vous en 2022 pour de nouvelles lectures.  Lire la suite

L’année 2022 arrive à grand pas et il est grand temps de prendre quelques résolutions personnelles. Avant, je vous préparais la liste des sorties mensuelles comprenant tout ce que je trouvais sur internet et qui pouvait, éventuellement, susciter mon intérêt. Autant dire une liste longue comme le bras dont il était impossible de venir à bout en un mois… À partir de janvier, je présenterai uniquement la liste de mes impatiences. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’ajouts… (On ne se refait pas !) Il y a eu beaucoup d’abandons cette année, ce qui a provoqué un questionnement sur mes choix de lecture. Pour une fois ( il était temps…), je vais me faire confiance et ne pas céder à toutes les tentations !

Depuis l’ouverture de mon blog, mes goûts ont évolué. Vous avez peut-être remarqué que j’ai retiré les mentions thrillers, polars et romans noirs de ce dernier car en faisant une analyse précise de mes lectures de 2021, force est de constater que j’ai lu beaucoup plus de littérature blanche que de noire, même si je déteste ce genre de classification qui n’a, pour moi, aucun sens. (Cela ne veut pas dire que j’arrête de lire du noir, loin de là !)

Je vous prépare également un bilan lecture de mes coups de coeur 2021 qui sortira sous la forme de 2 volets : la littérature générale et la littérature dite de genre, les thrillers/polars/romans noirs.  C’était la seule manière de mettre en avant les romans qui m’ont le plus marqués sans qu’ils soient noyés dans la masse. Vous verrez, il y a des surprises liées à de belles émotions dans le classement.

Pour les sorties de janvier 2022, je vous propose de découvrir les 16 titres que je vais m’empresser de lire. L’avenir dira si j’ai eu du nez ! Bonne fin d’année les amis, laissez pousser vos envies. Je vous embrasse 😘

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Bonjour à tous, Hello, Welcome !

Pour la fin de l’année, j’ai décidé d’innover un peu. Même si je lis énormément, parfois je regarde aussi la télé (oui, je sais, c’est dingue !!). J’ai donc décidé de partager avec vous les meilleures séries vues en 2021, celles qui me laissent un souvenir impérissable. Je ne consacre pas beaucoup de temps aux productions télévisuelles, donc je les choisis avec parcimonie. Vous verrez que mes choix sont assez éclectiques, cela va des rires aux larmes, des choses légères aux choses plus douloureuses. J’ai adoré tout ce que je vous propose ici, même si certains épisodes ou saisons ne sont pas toujours de qualité équivalente. Il n’empêche que ces séries méritent d’être vues. 

N’hésitez pas à me dire celles que vous avez vues, celles qui vous font envie ou de noter en commentaire celles qui m’auraient échappées. 

Je vous embrasse 😘 

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On entre à pas feutrés dans « De silence et de loup » comme si l’on marchait sur un lac gelé sans pouvoir estimer la taille de la couche de glace sous nos pieds. Est-elle fine ? Épaisse ? À quel moment les eaux du lac peuvent-elles se fendiller, alertant notre ouïe aux aguets, plongée dans ce silence blanc où rien ne filtre, rien ne bruisse, rien ne remue ? Voilà un roman bien singulier qui commence à Tiksi, petite ville de Sibérie et nous embarque dans une expédition à bord d’un voilier, direction le cercle polaire. C’est l’histoire d’une histoire dans l’histoire, un témoignage griffonné sur un carnet, commencée en 2017 par Anna, journaliste, à destination de son frère Dom Joseph dont le nom, Sacha Liakhovic a été effacé lors de son entrée dans un monastère. Elle y raconte cette aventure extraordinaire qu’elle s’apprête à vivre à travers « le désert blanc», les préparations du départ, les premiers ennuis techniques, les constats climatologiques, les interactions du groupe. Pour ne pas oublier cette histoire dans l’histoire, le lecteur se retrouve donc régulièrement en compagnie de Sacha, en 2019, dont le récit de sa sœur l’émeut au plus haut point, lui qui s’est retiré du monde volontairement. Pourtant, ces deux-là restent connectés, par-delà la distance, par-delà le temps. Chacun à son image, ils vivent sur une « île lointaine ». « Son île à lui, c’est le monastère, son océan, le silence sur lequel il espérait voguer sans émois. » 

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Pennsylvanie, au milieu de nulle part, dans une petite ville appelée Buell… Chaque minute s’égrène avec lenteur, chacun se connaît puisque chacun a vécu avec « l’autre » depuis la nuit des temps. Le temps du plein emploi est terminé, il ne reste que de la rouille, rust, signe des bâtiments industriels jadis féconds laissés à l’abandon. Restent la misère, les bars où s’épanchent ces pauvres hères, les paradis artificiels pour rêver à d’autres cieux. Découragement, amertume, désolation, désespoir. Poussière, délabrement, avenirs nébuleux. Dans ce climat sombre, sans le moindre espoir de sortir de sa condition, une amitié improbable lie deux êtres : Isaac English et Billy Poe. Pour échapper à leur avenir sombre, ils décident de quitter la ville ensemble. L’un pour fuir un père malade, l’autre son addiction aux bagarres qui lui servent à oublier sa carrière sportive ratée. Mais, Buell ne laisse pas s’échapper ses habitants aussi facilement… Avant leur départ, ils se trouvent au mauvais endroit au mauvais moment. L’escalade de drames qui va en découler touche plusieurs personnages de cette communauté, dans leur chair, dans leurs âmes, mais aussi dans les liens qui les unissent. 

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