Aude Bouquine

Blog littéraire, chroniques, sorties, bilans lecture : passionnée de polars, thrillers et romans noirs mais pas seulement !

Dix tout rond ! Voilà le nombre de livres lus ce mois-ci. Comme d’habitude, vous trouverez le lien vers chaque chronique sous la couverture. Ce mois m’a sortie de ma zone de confort : trois romans sortis de l’imaginaire débridé d’auteurs qui en ont sous le pied (« Mothercloud », « L’ami imaginaire » et « Le livre de M »), un roman inclassable ( «  Mauvaise graine »), un recueil de nouvelles formidable ( «  Regarder le Noir »)  Ajouté à cela, le talent imaginatif de Thilliez et de Ellory, la douceur d’Adèle Bréau. Un très bon mois de lecture qui a permis de passer un cap un peu difficile. Quelques mots cependant pour vous parler du jour d’après : le jour post-pandémie. Vous avez peut-être remarqué qu’il n’est pas toujours facile de se procurer certains romans en cette période un peu trouble : les romans parus avant le confinement ont beaucoup souffert, mais il faut savoir que ceux parus après souffrent aussi beaucoup. La patience est donc de mise, il devient de plus en plus difficile de se rendre en librairie et d’en sortir avec le livre souhaité. Cependant, n’hésitez pas à passer une commande, votre libraire reste un interlocuteur privilégié. L’heure est à la patience pour découvrir des ouvrages passionnants, ne baissez pas les bras ! L’été s’annonce calme de mon côté, donc propice à dégommer ma PAL qui déborde. N’hésitez pas à me faire part de vos coups de cœur. Je vous embrasse. Lire la suite

La quatrième de couverture de « L’ami imaginaire » en dit très peu. De toute façon, c’est un roman impossible à résumer, encore moins à « genrer ». Je suis bien en peine de vous dire ce que j’ai réellement lu… Juste vous dire que c’est un des ovnis les plus incroyables qui me soit tombé entre les mains ces dix dernières années. Christopher et sa mère Kate fuient le Michigan pour échapper à Jerry, le conjoint violent de Kate. Ils atterrissent dans une communauté de Pennsylvanie, Mill Grove où Kate trouve rapidement un emploi. Près de leur maison, la forêt est un merveilleux terrain de jeux pour ce petit garçon qui a des difficultés d’apprentissage à l’école et des problèmes de socialisation. Un jour, après l’école, alors qu’il attend sa mère, un événement un peu particulier va l’amener à pénétrer dans cette forêt. Il va y disparaître et ne réapparaître que 6 jours plus tard sans pouvoir expliquer ce qui lui est arrivé. Cependant, quelque chose a changé. Il le sait. Des voix dans sa tête lui dictent une mission. Lire la suite

Qui est donc Alexis Laipsker ? Vous pouvez aller voir sa biographie sur Wikipédia, vous ne serez pas déçu du voyage, le monsieur a un CV long comme le bras. Ce qu’il faut retenir avant tout, c’est qu’il a fondé en 2007 une agence de communication spécialisée dans le domaine des jeux en ligne et qu’il s’est consacré exclusivement au poker à partir de ce moment-là. Journaliste, joueur, commentateur, il a aussi été animateur d’émissions télévisées durant presque 10 ans. Ambassadeur de la ligue française de poker, puis directeur de la communication de PokerStars, il écrit maintenant pour le Point. Jusqu’a aujourd’hui où … « Et avec votre esprit » sort chez Michel Lafon sous la forme d’un roman qui a, pour toile de fond, le monde scientifique. Pourquoi je vous raconte tout cela ? Parce que l’un des enquêteurs principaux est un ancien champion de poker, comme son créateur, et que l’intelligence d’Alexis Laipsker est d’avoir utilisé ces cartes pour construire son roman. Pas de panique concernant le domaine scientifique, l’auteur ne va pas vous abreuver de tout un tas de notions nébuleuses qui vous donnera envie de raccrocher les éprouvettes à la troisième page. Lire la suite

Si vous êtes mère d’une fille, vous avez forcément vu « LOL », un film réalisé en 2009 par Lisa Azuelos qui traite des relations mère-fille. Elle récidive en 2019 avec « Mon bébé » qui décortique la même thématique. « La vie en ose » laissait présager une continuité des thèmes, mais cette fois-ci Lisa Azuelos va plus loin : elle dissèque le syndrome du nid vide. Alice, 53 ans a consacré toute sa vie à son foyer. Son mari l’a plaquée pour une plus jeune, et ses enfants ont quitté le nid. Seule, face à elle-même, elle doit réinventer sa vie. En n’étant plus ni épouse ni mère, Alice ne sait plus qui elle est. « Qui est-on, à quoi sert-on quand on n’est plus la femme ou là mère de quelqu’un ? » Lire la suite

Julie est une fille sympa, un peu barrée, originale, mais sympa : institutrice sympa, copine sympa, sa vie est sans histoire. Elle va bosser, de temps en temps boire des verres avec ses potes, rien d’extravagant. Jusqu’au jour où, elle apprend qu’elle est enceinte. Mais de qui ? Impossible de s’en souvenir… Promis, elle arrête l’alcool. En attendant, elle se met en quête du père : avec qui a-t-elle pu passer la nuit, et qui a osé planter cette Mauvaise Graine dans son ventre sans lui demander la permission ? « Pas d’erreur possible. Un signe » plus », ça veut dire « positif ». Deux signes… Ça veut dire : superpositif. Superenceinte. Jouez hautbois, résonnez musettes. Youpi youpi yay tchéketchéké yum yum. Tu ne t’es même pas fait sauter, et tu as réussi à te mettre en cloque. Bravo. Big up pour Julie. La conne du siècle. « Tous les gars de son cercle d’amis vont passer l’épreuve de l’interrogatoire et inutile de mentir, Julie sent quand on la balade. La grossesse déclenche des choses très bizarres dans son corps, notamment un profond sentiment d’invincibilité. Il s’avère que le petit polichinelle qui pousse dans son ventre génère l’arrivée de super pouvoirs : Julie devient alors une super Mum. Lire la suite

« Regarder le Noir » est le tome 2 d’un projet singulier mené par Yvan Fauth. Comme il n’aime pas parler de lui, je vais m’octroyer le droit de le faire, juste deux minutes. Il mettra toujours en avant les auteurs, sans lesquels ce recueil n’existerait pas, mais l’idée de base est la sienne. Rendons à César ce qui est à César. Yvan est l’une des personnes les plus passionnées de littérature noire que je connaisse (si vous ne connaissez pas son blog, vous avez raté votre vie de lecteur). Fidèle en amitié, respectueux de la parole donnée, incroyablement humain, bienveillant autant qu’il est possible de l’être (d’ailleurs le mot semble avoir été inventé pour lui) et dénicheur de talents. Ce qu’il aime c’est découvrir, fouiner, imaginer. Aller en librairie avec le monsieur c’est la ruine assurée. Lire la suite

Qui est Adèle Bréau ? D’abord, la grande prêtresse des histoires de copines. Souvent des femmes de notre génération, leurs histoires de boulot, de mariage, de mecs et plus si affinités. Je vous recommande vraiment ( allez, c’est bientôt l’été et le transat s’y prête bien) d’acheter : « La Cour des grandes », « Les Jeux de garçons » et « Les Devoirs de vacances ». Dans les deux premiers tomes, jubilatoires, vous aurez d’abord la version des femmes, puis, dans le même espace-temps, la version des garçons pour les mêmes faits. De quoi rire aux éclats et vous rendre définitivement compte que nous ne sommes pas paramétrés de la même façon. Adèle Bréau vous construit une fresque de l’amitié, s’appuyant sur des femmes aux tempéraments contrastés et aux jobs très différents, et le miracle de ses romans c’est que chacune d’entre nous s’y retrouve toujours. Si vous pensez que vos problèmes de quadra ne concernent que vous, vous allez vite vous rendre compte qu’elle a en a listé une flopée. Adèle Bréau c’est aussi la nostalgie des temps révolus. Il y a eu « L’odeur de la colle en pot », plongée dans nos années d’adolescence en 1980 et aujourd’hui « Frangines », un formidable roman sur la famille. Lire la suite

Sagas avril 2008, quelque part en Haute – Savoie. Une jeune fille disparaît, lors de son entraînement de vélo. Son père, Gabriel Moscato, lieutenant de gendarmerie, ne cessera jamais de la chercher durant les 15 jours suivants. Épuisé par ses recherches, il finit par s’endormir dans un hôtel, chambre 29, où Julie, sa fille, a travaillé durant l’été. Il se réveillera, chambre 7 « tétanisé face à son double », « lui, en beaucoup plus vieux.» Nous sommes le 10 avril 2020, soit 12 ans plus tard. Le trou noir complet, Gabriel ne se souvient de rien, il souffre d’une amnésie psychogène atypique : il est resté «prisonnier du passé.» Ce phénomène purement psychologique est «un moyen de fuir une insupportable réalité, un traumatisme. Quelque chose d’extrêmement violent qui, à un instant précis de votre vie, a poussé votre esprit à verrouiller les portes, pour se protéger lui-même.» Que s’est-il passé de si terrible dans sa vie pour que son cerveau se bloque dans ce mode d’autoprotection ? Lire la suite

Peut-on écorner un mythe ? Mettre au centre d’un roman un mythe iconique et révéler l’aspect obscur de sa personnalité en risquant de se mettre à dos tous ceux qui pensent qu’il est indécent de « salir » la mémoire de quelqu’un ? Voilà un procédé sacrément osé. Ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas ici de ternir le souvenir, il s’agit de poser la question de la vérité, de révéler ce que bon nombre de personnes, et notamment d’Américains ne veulent pas entendre : et si, leur président tant adulé n’était en fait qu’un homme faillible, faible parfois, aux nombreuses contradictions, à l’éducation pesante et psychologiquement anxiogène, aux tares nombreuses et inavouables ? Et si, Kennedy n’avait pas été assassiné ce 22 novembre 1963 à Dallas, que ce serait-il passé ? Comment aurait tourné l’Histoire ? Après Stephen King dans 22.11.63, RJ Ellory se livre ici à un formidable exercice de style : imaginer un évènement du passé qui aurait eu une issue différente. Lire la suite

Bienvenus à Mothercloud, un monde où travail, effort, courage sont récompensés, qui offre sécurité, toit au-dessus de la tête quand toutes les villes du monde sont désertées, que le réchauffement climatique a fait rage, et que l’eau n’est plus potable. Dans ce récit dystopique, Rob Hart donne vie à trois personnages qui racontent Mothercloud : Gibson Wells son créateur, Zinnia qui travaille dans l’entrepôt des marchandises à expédier aux clients, Paxton qui intègre la sécurité. À chaque employé sa couleur de polo : marron pour le service technique, jaune pour le service client, vert pour les services de restauration, blanc pour les managers, rouge pour les préparateurs de commande, bleu pour les agents de sécurité. Une bonne façon de reconnaître, au premier regard la fonction de chacun. Dans Mothercloud, l’individu ne compte pas, seule sa contribution au sein de la mère nourricière importe. Lire la suite

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