Aude Bouquine

Blog littéraire, chroniques, sorties, bilans lecture : passionnée de polars, thrillers et romans noirs mais pas seulement !

Vous cherchez un roman qui « évolue en permanence à la frontière entre réalité et fiction » ? Un récit qui progresse sur une semaine en mettant la lumière sur notre société actuelle, tout en offrant une intrigue prenante, bien construite, avec des personnages emblématiques et attachants ? Je ne peux que vous encourager à découvrir « La chasse » de Bernard Minier, dernier opus en date des aventures de Martin Servaz, son héros récurrent. Une chasse à l’homme au milieu de la forêt. «La forêt recouvrait les collines, la nuit recouvrait la forêt, la peur recouvrait ses pensées. Sa peur avait un son — celui de sa propre respiration terrorisée et de son cœur qui battait —, elle avait une odeur — celle de sa transpiration et de cette chose puante sur la tête —, elle avait une couleur : noir, noir de la forêt, noir de l’âme de ces hommes, noir de sa propre peau.» Vous y êtes ? La semaine n’a même pas encore commencé…

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En littérature contemporaine, j’ai une affection toute particulière pour les écrivains qui osent cet exercice si difficile de créer des personnages que le lecteur va suivre dans le temps. Témoins d’une époque et de son évolution, plongés dans un environnement qui marque les esprits et les âmes, faits historiques, musique, odeurs, apprentissages, premiers émois, ces protagonistes ont le pouvoir d’ouvrir les portes de nos propres souvenirs et faire renaître la magie d’émotions éprouvées. En 1987, j’avais 13 ans. J’étais donc à peine plus âgée que Nina, Étienne et Adrien qui rentraient alors en classe de CM2. Nés en 1976, leurs années de jeunesse et d’adolescence sont quasiment les miennes. Leurs émotions, leurs peurs, leurs joies proches de celles que j’ai pu ressentir. Sans doute est-ce là un facteur majeur de la tendresse infinie ressentie pour eux et du coup de cœur phénoménal eu pour ce roman. Je crois que cela fait extrêmement longtemps que je n’ai pas ressenti un tel bien-être dans une lecture, des émotions si fortes et un dilemme aussi intense entre le terminer pour connaître le fin mot de l’histoire et le faire durer. «Des trois, Étienne est le plus frondeur, Adrien le plus susceptible, Nina la plus sensible.»

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Il est des livres qui font remonter des réminiscences douloureuses… des souvenirs de silence, d’interdiction de pleurer, de musellement de la parole, d’absence totale du droit à la guérison. Il est des êtres meurtris dans leur chair aux cicatrices visibles, et des êtres meurtris dans leur âme aux balafres dissimulées par des sourires de façade. Il est des êtres qui portent le visible et l’invisible parce qu’ils font partie d’eux. C’est l’été, l’heure des retrouvailles dans la maison de famille. Chacun y vient avec son bagage émotionnel. Chacun médite sous le vieux mûrier. Chacun se souvient du bal qui a changé sa vie, d’autres vont vivre le bal qui va changer leurs vies. Entre les souvenirs et la vie qui s’apprivoise, Diane Peylin ouvre les boîtes des non-dits pour tendre la main vers la guérison. Robin a souffert dans sa chair et se remet lentement d’une longue maladie, sa femme Suzanne cache une blessure dont il lui est impossible de parler, leur fille Jeanne tente de maintenir la tête hors de l’eau en regardant ses parents s’enfoncer en eux-mêmes tous les jours un peu plus. Rosa, la grand-mère vit dans le souvenir de son mari facétieux, le grand Alexandre, celui qui rendait la vie un peu plus belle par ses mots et ses farces et que l’on célèbre, chaque année, entre les murs de la bâtisse, la villa des ronces, qui garde tous les secrets. 

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Souvenez-vous du 8 janvier 2020… Date de sortie d’un premier roman qui aura raflé mon cœur et la première place dans mon classement des meilleures lectures de l’année. « Il est juste que les forts soient frappés » avait été LA lecture la plus intense émotionnellement parlant de l’année. Aujourd’hui, 7 avril 2021, Thibault Bérard publie « Les enfants véritables », une suite, mais aussi un nouvel opus qui peut se lire de manière indépendante, centré sur le personnage de Cléo en reprenant quelques protagonistes rencontrés lors du premier récit. Roman choral, « Les enfants véritables » est raconté par 3 voix : celle de Diane mère de Cléo, celle de Paul père de Cléo et celle de Cléo elle-même. Cléo est la « Maman par accident » de Camille, la « Maman d’adoption » de Simon, la « Maman dans le désordre » de Louise. Chacun de ces « rôles » va lui apprendre quelque chose d’essentiel sur elle-même, mais également sur ce rôle de mère, une position sacralisée, jaugée, jugée.

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Nous sommes au mois d’octobre, jour d’Halloween. Dix-huit transformateurs électriques explosent en même temps à Paris. «Les transformateurs ne se sont pas juste arrêtés de fonctionner. On ne parle pas d’une simple surtension sur le réseau. Ils ont explosé! À l’heure qu’il est, ils sont tous en feu!» La ville se retrouve plongée dans le noir. Les hôpitaux essaient de mettre en marche leurs générateurs pour protéger leurs malades les plus faibles, mais ceux-ci ont seulement une durée de vie de 48 heures. Les prisons sont en alerte maximale et certaines comme Fresnes deviennent le théâtre de violentes rébellions. «(…) plus rien ou presque ne pouvait désormais y fonctionner sans électricité : système de surveillance, fermeture des sas, verrouillage des grilles extérieures, etc.. Ainsi, une coupure générale du courant offrait une occasion unique de se faire la malle.»  Les magasins de luxe de la place Vendôme sont très vite pillés et lentement mais sûrement les forces de police ne parviennent plus à endiguer les incidents explosifs qui éclatent un peu partout. Koz, l’auteur, dépeint cet enchaînement d’évènements qui fait boule de neige et devient de moins en moins maîtrisable. La nuit s’abat brutalement sur le roman et le lecteur, comme les protagonistes, plongé dans le noir, assiste impuissant à une succession de catastrophes qui mettent clairement en danger toute une ville. 

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De belles histoires d’amour peuvent naître grâce à un chat un peu facétieux et un roman trouvé au fond d’une bibliothèque. Fleur vit à Rouen avec son fils Éric. Elle tenait une boutique de fleurs avec son mari Charly dont elle est séparée. Merlin, veuf, vit également à Rouen, avec sa fille Coline, il exerce la profession d’ophtalmologue. Et puis, il y a Prune, l’auteur de « Face à la mer immense ». Elle vivait sur l’île de Groix, mais n’y a pas remis les pieds depuis 18 ans. En elle grandit une immense blessure à chaque fois qu’elle repense à la Maison amande…«Pour que l’obscurité de la nuit devienne lumière, il faut quelqu’un à aimer. Seul, on se noie.»

Ces trois-là vont se rencontrer parce que la vie est malicieuse et s’autorise toutes les plaisanteries.

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« Birds flying high,You know how I feel, Sun in the sky, You know how I feel, Breeze driftin’ on by, You know how I feel. It’s a new dawn, It’s a new day, It’s a new life, For me, And I’m feeling good » J’ai décidé de vous coller une chanson dans la tête à chaque nouveau bilan lecture pour ouvrir un peu vos chakra à la positive attitude… Bon, j’avoue que cela me force à fredonner aussi un petit air différent de Cocoon « My friends all died in a plane crash », même si c’est un peu la sensation du moment à force de vivre en vase clos. Le mois de mars s’achève, et après 1 année complète à chercher un ailleurs plus doux dans les livres, voici mon bilan : 17 livres lus. Ce n’est pas le plus exceptionnel. Puisqu’il faut les noter sur Babelio, j’ai mis 5 étoiles à 4 d’entre eux : « Grandir un peu » de Julien Rampin, « Le cercle des mensonges » de Céline Denjean, « Komodo » de David Vann, « Femmes en colère » de Mathieu Menegaux. J’aurais pu mettre 5 étoiles également au dernier roman de Delphine de Vigan, mais je ne l’ai pas chroniqué au vu du nombre de retours de lecture vus. 
 
J’ai eu la chance de lire 3 romans à paraître en avril dont je vous parlerai bientôt, mais sachez que je les ai beaucoup aimés chacun dans leur genre, mais je vous laisse découvrir tout ça dans mon bilan. À l’heure où j’écris ces quelques lignes, j’ai commencé « Trois » de Valérie Perrin et je peux vous dire que je prends énormément de plaisir à cette lecture. La photo de couverture a été faite par mon mari, que vous pouvez suivre dans le lien ci-après et qui participe au joli projet de Bob Garcia « Juste ciels » et dont les bénéfices iront à la lutte contre la mucoviscidose.
https://www.facebook.com/arnaudseye
 
Je vous souhaite de très belles lectures au mois d’avril et surtout de la sérénité. Je vous embrasse.
 

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En 2018, le réalisateur – scénariste – acteur – écrivain René Manzor avait osé écrire un thriller biblique qui prenait place en Palestine au 1er siècle. Cela n’a pas été sa seule folie : il a imaginé que Jésus avait un fils, David de Nazareth, témoin de l’agonie de son père sur la croix. De quoi titiller quelques esprits en revisitant les Saintes Écritures et proposer une plongée dans une autre réalité qui commencerait par « et si »… En 2020, le voilà qui ajoute une nouvelle corde à son arc : un coaching d’écriture. Cela ne l’empêche pas de sortir un nouveau roman en 2021 « À vif ». L’homme, protéiforme, a de l’énergie à revendre et des idées à la pelle. « À vif » décrit aussi bien l’état du corps humain après avoir subi l’épreuve du feu, que l’état psychologique de son enquêteur principal Novak Marrec. Obsédé par une précédente enquête sur une série de meurtres par immolation dont l’instigateur n’a jamais été arrêté, Novak se retrouve dans un hôpital psychiatrique. «Intelligent, cultivé et peu loquace, Novak était atteint de trouble obsessionnel délirant, une affection se caractérisant par la présence dans son esprit de fausses certitudes fermement ancrées. Dépassés par leurs hallucinations, les obsessionnels délirants sont comparables à des cocottes-minute prêtes à exploser : crise de panique, d’agressivité, suspicion envers les autres, paranoïa, trous de mémoire, perturbation de l’identité…»  Lorsqu’une nouvelle victime brûlée vive sur un bûcher en pleine forêt de Gévaugnac est retrouvée, l’enquêteur est persuadé que l’Immoleur a repris du service. Il devra faire équipe avec Julie Fraysse nouvellement nommée à sa place pour l’aider à appréhender le passé de cette affaire, mais aussi l’aider à la résoudre. 

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Valérie Gans est une auteure que j’affectionne particulièrement. Si vous ne la connaissez pas, je vous recommande chaudement sa trilogie : « Le bruit des silences », « Des fleurs et des épines» et « Le chant des lendemains ». Le dernier roman que j’ai lu d’elle s’appelait « Emprise » et m’a littéralement fait froid dans le dos. Ses thèmes de prédilection sont : le couple, la famille, l’éducation des enfants, la place de l’homme et de la femme dans la société actuelle. Une large partie de ses écrits est consacrée à tous les aspects psychologiques des thématiques citées. « Père au foyer » continue sur cette lancée puisque Valérie Gans a choisi d’inverser les schémas courants et traditionnels selon lesquels Madame reste à la maison à s’occuper des enfants et Monsieur part travailler. Ici, Axelle adore sa vie de femme active, ses projets, ses déplacements, son job et Louis affectionne le temps passé à s’occuper de ses 3 enfants et de la maison. 

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Après « Sinestra » qui se déroulait au cœur des montagnes suisses, Armelle Carbonel récidive avec un nouveau roman d’atmosphère « L’empereur blanc » où tout commence dans un lieu qui devient lui-même un personnage emblématique du texte. Comme dans « Sinestra », la grande Histoire vient chatouiller la petite, comme si l’auteur avait ce besoin d’ancrer ses romans dans un temps historique précis. Le choix du lieu a une importance primordiale, c’est lui qui accroît la lumière mise sur l’atmosphère, et supporte des fondations du roman.

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