Un notaire. Une table en chêne massif. Deux femmes épuisées qui n’ont plus rien en commun que leurs morts. Et des chiffres. Des droits de succession, des pourcentages, des montants nets à percevoir après impôts sur le sang versé. C’est par là qu’Adeline Dieudonné choisit d’ouvrir « Dans la jungle », son quatrième roman, et c’est sans doute la scène la plus glaçante du livre. Froide comme un relevé bancaire, précise comme une autopsie, elle pose d’emblée le ton : ici, on ne raconte pas une tragédie. On en dresse un constat, et on réfléchit à qui a été tué en premier pour établir la succession.