Aude Bouquine

BLOG LITTÉRAIRE

Bonjour à tous, Hello, Welcome !

Pour la fin de l’année, j’ai décidé d’innover un peu. Même si je lis énormément, parfois je regarde aussi la télé (oui, je sais, c’est dingue !!). J’ai donc décidé de partager avec vous les meilleures séries vues en 2021, celles qui me laissent un souvenir impérissable. Je ne consacre pas beaucoup de temps aux productions télévisuelles, donc je les choisis avec parcimonie. Vous verrez que mes choix sont assez éclectiques, cela va des rires aux larmes, des choses légères aux choses plus douloureuses. J’ai adoré tout ce que je vous propose ici, même si certains épisodes ou saisons ne sont pas toujours de qualité équivalente. Il n’empêche que ces séries méritent d’être vues. 

N’hésitez pas à me dire celles que vous avez vues, celles qui vous font envie ou de noter en commentaire celles qui m’auraient échappées. 

Je vous embrasse 😘 

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On entre à pas feutrés dans « De silence et de loup » comme si l’on marchait sur un lac gelé sans pouvoir estimer la taille de la couche de glace sous nos pieds. Est-elle fine ? Épaisse ? À quel moment les eaux du lac peuvent-elles se fendiller, alertant notre ouïe aux aguets, plongée dans ce silence blanc où rien ne filtre, rien ne bruisse, rien ne remue ? Voilà un roman bien singulier qui commence à Tiksi, petite ville de Sibérie et nous embarque dans une expédition à bord d’un voilier, direction le cercle polaire. C’est l’histoire d’une histoire dans l’histoire, un témoignage griffonné sur un carnet, commencée en 2017 par Anna, journaliste, à destination de son frère Dom Joseph dont le nom, Sacha Liakhovic a été effacé lors de son entrée dans un monastère. Elle y raconte cette aventure extraordinaire qu’elle s’apprête à vivre à travers « le désert blanc», les préparations du départ, les premiers ennuis techniques, les constats climatologiques, les interactions du groupe. Pour ne pas oublier cette histoire dans l’histoire, le lecteur se retrouve donc régulièrement en compagnie de Sacha, en 2019, dont le récit de sa sœur l’émeut au plus haut point, lui qui s’est retiré du monde volontairement. Pourtant, ces deux-là restent connectés, par-delà la distance, par-delà le temps. Chacun à son image, ils vivent sur une « île lointaine ». « Son île à lui, c’est le monastère, son océan, le silence sur lequel il espérait voguer sans émois. » 

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Pennsylvanie, au milieu de nulle part, dans une petite ville appelée Buell… Chaque minute s’égrène avec lenteur, chacun se connaît puisque chacun a vécu avec « l’autre » depuis la nuit des temps. Le temps du plein emploi est terminé, il ne reste que de la rouille, rust, signe des bâtiments industriels jadis féconds laissés à l’abandon. Restent la misère, les bars où s’épanchent ces pauvres hères, les paradis artificiels pour rêver à d’autres cieux. Découragement, amertume, désolation, désespoir. Poussière, délabrement, avenirs nébuleux. Dans ce climat sombre, sans le moindre espoir de sortir de sa condition, une amitié improbable lie deux êtres : Isaac English et Billy Poe. Pour échapper à leur avenir sombre, ils décident de quitter la ville ensemble. L’un pour fuir un père malade, l’autre son addiction aux bagarres qui lui servent à oublier sa carrière sportive ratée. Mais, Buell ne laisse pas s’échapper ses habitants aussi facilement… Avant leur départ, ils se trouvent au mauvais endroit au mauvais moment. L’escalade de drames qui va en découler touche plusieurs personnages de cette communauté, dans leur chair, dans leurs âmes, mais aussi dans les liens qui les unissent. 

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OYEZ, OYEZ, il aura fallu attendre le mois de novembre pour qu’un miracle se produise !

Un mois à marquer d’une pierre blanche puisque j’ai eu quatre sublimes lectures successives qui à elles seules auront illuminé ce mois traditionnellement gris et maussade. 

D’abord je voudrais parler de « La carte postale » qui, à mon sens, a cruellement souffert d’une polémique nauséabonde lors de l’attribution des prix littéraires. Sans revenir sur cette polémique, sachez que ce roman est une merveille, une œuvre de premier plan qui mérite amplement qu’on la lise tant l’écriture, le sujet, les questionnements sont éclairants. Ne passez pas à côté de ce roman. Puis, je voudrais mettre en lumière les deux premiers tomes de la grande fresque entreprise par Éric-Emmanuel Schmitt « Paradis perdus » qui narre l’histoire de l’humanité. De l’érudition, de l’immersion, des émotions, une trame narrative palpitante, j’ai tout adoré dans ces deux romans : du grand art ! (pensez aux versions audio lues par l’auteur lui-même !) Enfin, si vous voulez découvrir un récit original, sensible, tout en finesse, penchez-vous sur « Sidérations » de Richard Powers. Il y a là de la forme et du fond, de quoi solliciter quelques interrogations sur notre monde. Lire la suite

Imaginez un phare au large de la Norvège où coupé du monde, votre seule mission serait de maintenir une lumière allumée. Imaginez les aller-retour vers le continent en été, mais imaginez également l’isolement, la solitude par mer déchaînée, le froid en plein hiver, l’impossibilité de s’en échapper. Imaginez un confinement volontaire, pour de bonnes raisons, où loin du monde des hommes, vous ne vivez qu’avec vos propres pensées, vos démons, le souvenir de vos actes passés. Après le décès de Lassen, gardien du phare, Johan reprend le flambeau. Ce métier difficile et solitaire exige une compagne. Johan épouse donc Marie. Mais ce n’est pas de Marie qu’il est secrètement amoureux, c’est de Hannah, jeune femme solaire dont les rêves n’ont aucune frontière. Rapidement naissent deux enfants : une fille Darling, un fils Valdemar. 

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L’Odyssée humaine continue. Le tome 1 « La traversée des temps » nous avait laissé sur un redoutable cliffhanger digne des plus grands écrivains de polars. Le tome 2 « La porte du ciel » s’ouvre sur la suite directe, Noam de nos jours, avant de réouvrir les portes du passé. Après le Néolithique, nous sommes en Mésopotamie au troisième millénaire. L’homme nomade se sédentarise, il vit « en société » dans des villes telles que Babel. Babel, aujourd’hui l’Irak, est principalement connue pour sa tour, « celle qui permettra aux Dieux de descendre parmi les hommes », mais aussi pour la partie de la Bible qui lui est consacrée. C’est là que Noam sera amené à se rendre, après son étrange réveil dans la grotte, toujours à la recherche de Noura, l’amour de sa vie.

« Je préfère ne pas » vous dire s’il la retrouve ou non,

« Je préfère ne pas » vous expliquer comment Noam l’immortel revient à la vie,

« Je préfère ne pas» vous donner trop d’indices qui vous gâcheraient votre lecture. 

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S’il vous reste un peu de foi en l’humanité, un peu d’espérance, une once d’optimisme bien cachée au fond de vos entrailles, vous pouvez lire « Sidérations». Il y a fort à parier que vous serez émus, touchés en plein cœur par la musique du texte, l’omniprésence de la nature par l’intermédiaire de toute sorte d’êtres vivants, l’amour inaltérable d’un père pour son fils, l’ubiquité d’une mère qui vit en chaque chose d’un oiseau à un souvenir. Il y a fort à parier que vous ne sortirez pas de cette lecture indemne, si vous pensez comme moi que le règne tout puissant de l’humain touche à sa fin, et qu’il est temps qu’il disparaisse de la surface du monde tellement il ne mérite pas de s’y repaître. Si les livres permettent une incontestable évasion qui autorise de se soumettre au réel, « Sidérations» offre un voyage vers d’autres planètes où la vie serait différente, mais où la vie trouverait un chemin. Cette escapade, ce moment hors du temps, ce cadeau fait d’un père à un fils un peu différent demande un moment d’adaptation. Nous y sommes reçus comme invités, prière de ne pas déranger ce qui se joue ici. Prière de ne pas juger non plus des décisions prises par un père un peu démuni face à cet enfant exceptionnel que les émotions submergent, un enfant qui a une haute idée de la vie, de la Terre et des dangers qui la menacent, un enfant qui marche dans les pas de sa mère, rebelle, contestataire, agitatrice des consciences. «(…) la vie est une chose qu’il faut cesser de vouloir corriger. Mon fils était un univers de poche dont je n’atteindrais jamais le fond. Chacun de nous est une expérience en soi, et nous ne savons même pas ce qu’elle est censée tester.»

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Éric-Emmanuel Schmitt se lance dans un projet pharaonique : une octalogie (potentiellement une ennéalogie) appelée « Paradis perdus ». Le premier tome « La traversée des temps » plante le décor : un voyage foisonnant et passionnant au cœur de l’histoire de l’humanité. Huit mille ans à raconter en focalisant sur des périodes clés, riches en connaissances (Histoire, mode de vie, évolution des sciences et des savoirs, connaissances encyclopédiques, effervescence dans les arts). « La traversée des temps » narre les histoires humaines à travers le personnage de Noam, héros de ce roman et s’ouvre, étonnamment sur notre époque, à Beyrouth, au Liban. « Huit milliards de personnes habitent désormais la Terre ! Huit milliards de personnes pompent de l’essence, du gaz, conduisent des voitures, empruntent des trains, circulent en avion, consomment de l’électricité. Huit milliards de personnes jettent des sacs plastiques qui crottent les paysages et souillent les océans. Huit milliards de personnes agrandissent l’espace urbain en réduisant l’espace végétal. Huit milliards de personnes demandent à se nourrir alors que la terre exsangue s’épuise. (…) Huit milliards de personnes ne pensent qu’à leurs profits, qu’à leurs plaisirs. Huit milliards de personnes ne veulent rien changer pendant que tout change. Le consumérisme, le culte du gain, la conquête frénétique de nouveaux marchés, le libre-échangisme ont causé un bouillonnement néfaste. » Noam, l’immortel, celui qui traverse les époques découvre avec stupéfaction et terreur notre monde… Un monde qui est aussi le sien… celui qui l’a vu naître il y a 8000 ans, dans un village lacustre à la fin du Néolithique, quand l’homme chasseur-cueilleur vivait en harmonie avec une nature généreuse et respectée. 

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Savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va, savoir d’où l’on vient pour savoir qui l’on est. Tel est l’un des enjeux de ce roman d’Anne Berest en quête des origines de sa famille. Une carte postale anonyme mentionnant quatre prénoms arrive au domicile familial en janvier 2003 : Ephraïm, Emma, Noémie, Jacques. Postée depuis la poste du Louvre, à l’attention de M. Bouveris, cette carte postale secoue l’arbre généalogique et occasionne bien des interrogations auxquelles succéderont les recherches d’Anne Berest pour connaître l’identité du mystérieux corbeau. Véritables chemins de vies, sur plusieurs générations, la romancière nous emporte au cœur de sa famille, les Rabinovitch. À travers les âges, les personnages, les lieux, l’Histoire, elle cherche à comprendre qui étaient ses arrière-grands-parents, sa grand-mère, sa grand-tante et son grand-oncle. Sa mère, Lélia, détentrice du peu restant de l’histoire familiale devient celle qui transmet, et se transforme en l’un des personnages centraux du roman. Plusieurs années de recherches, de documentations, de lettres et d’extraits de journaux intimes permettent à Anne Berest de naviguer au cœur de cet arbre, de tisser un lien entre les êtres, jusqu’à sa sœur et elle : Claire Noémie Berest, Anne Myriam Berest. La vie est parfois bien facétieuse… elle se joue des époques, des lieux, ferme des portes du passé puis les ouvre au présent à qui possède la volonté de chercher et de relever les indices. 

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Nous avons tous un seuil de tolérance plus ou moins élevé… à la souffrance, à la douleur, aux supplices, aux malheurs du destin, s’acharnant de façon continuelle et répétitive sur les mêmes êtres, avec la même constance. Nous avons tous notre seuil de tolérance sur les répétitions, le martelage, la redondance des phrases, des scènes et des messages. Je crois que mon seuil de tolérance a été atteint avec ce dernier opus de Karine Giebel, « Glen Affric ». Sept cent soixante pages d’un roman qui aurait largement pu, à mon sens, en faire 200 de moins pour arriver au même résultat, sans lasser ou énerver son lecteur. 

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Inspirez, expirez ! Retour dans une époque anxiogène, enfermés entre quatre murs à admirer le soleil insolent et la chaleur provocante du dehors. Dans cet « Appartement 816 », vit Didier Martin, un homme terne, ennuyeux dont la froideur psychologique et l’insensibilité crasse grossissent au fil du temps qui passe. Si la situation fait penser à notre premier confinement, quelques limites ont été franchies, laissant entrevoir un futur plus ou moins proche pour la temporalité de l’action. Le narrateur, Didier Martin 41 ans, prénom et nom lambda le plongeant véritablement dans l’anonymat est marié à Karine, père de famille d’un adolescent de 17 ans. Dans cet appartement où tous sont confinés, le lecteur ne visualise pourtant que lui. C’est lui qui évoque l’Isolement Total auquel ils font face depuis plusieurs mois, lui encore qui en décrit les principes de fonctionnement, lui toujours qui narre la vie quotidienne du lever au coucher. Futur proche, Nouveau Monde, nouvelles règles, nouveau protocole strict à suivre : le pointage sur EasyHere, l’envoi de la Fiche Journalière de Présence, l’ouverture des fenêtres à heures fixes, le contrôle de la population par drones, la livraison des courses à domicile, l’élimination des ordures par incinération immédiate. Si le réseau social agréé Rezo encourage la mise en ligne de journaux d’Isolement, Didier Martin, lui en a décidé autrement : il écrit sur toutes les surfaces disponibles de son appartement avec des feutres à pointe fine. «Je trouve cela beaucoup plus concret d’écrire sur les vrais murs que sur des feuilles de papier. Au moins, je suis dans la vraie vie.» C’est son second acte de véritable rébellion après l’ouverture des fenêtres de 2 cm sur des périodes non autorisées. 

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Il était grand temps de rallumer les étoiles… À l’heure du bilan lecture du mois d’octobre, me voici donc de retour en France. L’aventure aura été courte en temps, mais longue en heures à regarder par la fenêtre à me demander ce que faisais là… Ces transitions, le voyage, le déballage des valises et des cartons se sont faits en compagnie de livres audio. Figurez-vous que je n’avais plus envie de lire. Je me suis activée, casque sur la tête en écoutant les histoires de Virginie et de Gilles, j’ai ri, été émue, pensé que finalement je comprenais les enfants qui maintiennent le plus longtemps possible les histoires du soir, même lorsqu’ils savent déjà lire. Raconter une histoire c’est un art : il faut savoir moduler sa voix, trouver l’intonation pour faire rire, se faire plus grave quand les mauvaises nouvelles arrivent. « Les possibles » m’a accompagné sur la route Budapest – Strasbourg. Audrey Sourdive est le prolongement de la voix de Virginie Grimaldi. J’ai tout aimé dans ce livre, il m’a fait du bien.  Lire la suite

On le savait scientifique, capable de rendre la science accessible et passionnante, doué pour l’Histoire et les allers-retours dans le temps jouant avec différentes temporalités, on le supposait féministe tant il avait formidablement bien développé son propos dans « Le dernier Hyver», on connaissait ses préoccupations écologistes narrées dans « Régression ». Le voilà dans un nouveau registre notre grand Papillon qui pollinise le paysage littéraire français : le récit d’anticipation. « ALIENés » est un thriller qui associe roman policier, roman historique ET effets spéciaux cinématographiques. Certains y verront un James Bond à ses meilleures heures, j’y vois plutôt un Bourne capable de changer de lieu comme il change de flingue. « ALIENés » est mené tambour battant, de la première à la dernière ligne, avec des scènes dignes des meilleurs films d’action.

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Je suis l’homme qui nettoyait. Je n’ai pas de définition de moi-même. Je suis transparent. Je suis invisible. 

Je suis la chasseuse de mouches. J’aide les femmes en difficulté. J’ai moi-même vécu un drame. 

Je suis la jeune fille à la mèche violette. Je me suis laissé embarquer dans une histoire qui me dépasse et que je n’arrive plus à arrêter. 

Je suis la porte verte. Je cache de lourds secrets et une identité malsaine.

Je suis une séquence numérique tatouée sur la peau et je sers en dernier recours. 

Je suis un bocal de cornichons posé dans le rayon surgelé d’un supermarché, mais je suis à ma place. 

Je suis une « irrésistible force inconnue », on m’utilise quand on ne trouve pas d’expression plus adéquate. 

Je suis le lac de Côme, magnifique région d’Italie. C’est dans mes eaux que l’action se déroule. 

Je suis l’abysse. 

« Je suis l’abysse ». Énigmatique. Insaisissable. Opaque. 

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Voici une petite sélection de romans à lire au mois novembre. Vous le sentez là l’enthousiasme débordant ? Novembre – décembre c’est un peu comme juillet – mi-août… il y a une sorte d’hibernation post prandiale qui se met en route, on a tous l’air de se mettre sous cloche avant les fêtes de fin d’année. Choisir mieux sera sans doute le mot d’ordre pour 2022, suivre son intuition et ne pas se laisser attirer par les paillettes de la PAL qui déborde. À vouloir tout lire, on finit par se provoquer soi-même des pannes de lecture, et j’en ai eues quelques-unes ces derniers temps. Vous savez comment faire : vous piochez, vous notez, vous me racontez ?

Je voulais mettre un coup de projecteur sur un salon qui aura lieu ce mois-ci : le salon du Polar « Seille de Crime » qui se déroulera les 20 et 21 novembre en Lorraine. « Seille de crime » c’est d’abord une affiche impressionnante d’auteurs (l’organisatrice du salon semble être une sacrée magicienne !!). C’est aussi la mise en place de tables rondes qui auront lieu samedi soir, animées par Yvan et Geneviève :

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