Aude Bouquine

BLOG LITTÉRAIRE

Les brebis égarées de Madeline Cash

Les Flynn incarnent le modèle parfait : un père travaillant pour le milliardaire Alabaster, une mère artiste à ses heures, trois filles adolescentes pleines de vie, un pavillon confortable et une fréquentation assidue de l’église. Mais la réalité est un peu moins belle. La mère tente de sauver son mariage en s’essayant au couple libre, tandis que le père dort dans le garage et trouve refuge dans un groupe d’entraide très singulier, les Brebis égarées. La famille implose et les filles s’éparpillent : fréquentations louches, exclusion scolaire et thèses complotistes – voilà leur quotidien. Lorsque Harper, la benjamine des Flynn, découvre des informations compromettantes sur Alabaster, elle entraîne bien malgré elle sa famille au coeur d’une conspiration. Le grand roman, aussi drôle que subtil, sur la crise morale de l’Amérique contemporaine, porté par une voix emblématique de la génération Z.

Lola va mourir de Victor Dumiot

« On en a toujours un peu voulu à Lola Janet d’être née. Trop optimiste. Trop souriante. Trop naïve. Trop enjouée, aussi. Une manière si légère d’être en vie qu’elle agace. »
À quarante ans, Lola décide de tout quitter. Elle s’installe en France avec son plus jeune fils, Arthur, et reprend des études dans l’espoir de se reconstruire.
Franck, lui, sort tout juste de prison. Il veut croire à un nouveau départ, et aspire à devenir un homme meilleur.
Quand ils se rencontrent, chacun pense trouver en l’autre une issue de secours. Mais peu à peu, une mécanique destructrice se met en place.

Ne cherche pas le chaos de Marion Brunet

Peut-on aimer sans transmettre ?
Peut-on transmettre sans parler ?
Pablo, exilé chilien installé en France depuis plus de trente ans, a élevé sa fille dans l’amour et le silence, prenant soin de lui cacher un passé marqué par la dictature, la prison et l’exil. Lorsque, à dix-huit ans, Victoria part seule au Chili, laissant son père sans nouvelles du jour au lendemain, ce dernier est contraint de revenir dans le pays qu’il a fui. Soudain confronté à une page terrifiante de sa vie autant qu’à son propre enfermement dans la douleur, sa quête devient dès lors un chemin de vérité.

Bilan lecture août 2026, Aude Bouquine

Bilan lecture août 2026 du blog Aude Bouquine qui comporte un récapitulatif des romans lus, des livres audio écoutés, et des séries vues.

Les filles du 9 juin de Maylis Besserie

9 juin 1944. L’ambiance est à la fête dans les rues de Tulle tout juste libérées, lorsque soudain un grondement résonne – celui des blindés de la division SS « Das Reich », qui avant d’atteindre Oradour-sur-Glane reprend brièvement le contrôle de la ville et décide de mettre en œuvre des représailles. 99 hommes, sélectionnés au hasard, sont pendus aux balcons des maisons, sous le regard horrifié de la population. Parmi eux, le mari d’Hortense Chambel. Alors que la jeune femme enceinte assiste impuissante au spectacle funeste, les premières contractions se font sentir. Louise, qui voit le jour à l’instant même où son père meurt en martyr, sera traversée toute sa vie par une colère inextinguible contre l’impunité des bourreaux nazis, que l’Allemagne refuse d’extrader. Il faudra encore attendre une génération pour qu’une promesse d’apaisement émerge, incarnée par Zoé, la petite-fille d’Hortense, qui se lance à corps perdu dans le combat contre la résurgence des haines, près d’un demi-siècle après la fin de la guerre.

La dernière des Wilberforce de Julia Kerninon

Waldo accepte à contrecœur de se rendre à la fête que sa mère, autrice à succès, organise sur la presqu’île. Six cents hectares de liberté, les dunes sous le vent, les criques désertes…
Chaque été depuis l’enfance, Waldo et son frère Adam retrouvaient là les sœurs Wilberforce : Annabel, la cheffe de bande, et Olivia, plus secrète. Entre eux, ils s’appelaient les  » jumeaux cosmiques « . Mais l’adolescence est venue à bout de leur bonheur.
Dix ans ont passé. À la nuit tombée, la fête se transforme en un théâtre de révélations, où chacun doit regarder en face ce qu’il a fait, ignoré ou tu.

Nous aussi de Anne Godard

On fait partie d’une grande famille. On sait qu’on est privilégiés. On vit ensemble, dans notre immeuble au centre de Paris, on se retrouve l’été dans notre maison à la montagne. On trouve que c’est normal. C’est chez nous, c’est à nous, c’est pour nous. On se ressemble, on se compare, on se confronte, on ne se quitte pas, on se confond, on s’appartient. On ne sait pas comment dire je, on n’en a pas besoin, puisqu’on est nous. Nous les enfants, les frères et sœurs, les cousins, les cousines, on partage tout, nos écoles, nos chambres, nos habits, nos repas, nos jeux, nos bains, nos lits. On est les membres indissociables du grand corps familial. On n’a jamais vécu dehors. On ne sait pas ce que c’est. On n’en est pas capables. On n’en a même pas envie. Et tout aurait dû continuer ainsi, dans un même immuable recommencement. Le jour où la façade s’est fissurée, on n’a pas compris. Ça n’aurait pas dû se produire, pas dans notre famille. Ce n’était pas possible que ça nous arrive, à nous aussi.

Moi qui t'aimais de Roberta Recchia,

L’été meurtrier de La Vie qui reste raconté par le frère de l’assassin.
Luca est un garçon de quatorze ans d’une sensibilité rare. Il vit avec sa famille dans une station balnéaire du Sud de l’Italie. Un été, il tombe amoureux pour la première fois d’une jeune fille pleine de vie. Mais quand elle disparaît et que les carabiniers frappent à leur porte, la vie de toute la famille bascule. Pour protéger Luca de l’ombre qui s’abat sur eux, sa mère le met dans un train avec une valise et un billet sans retour vers le Nord, où l’attendent son oncle Umberto, professeur de lycée, et sa tante Mara.
Dans ce monde nouveau et loin de son enfance, Luca tente de se reconstruire, de grandir et de retrouver le sens de mots. Il est soutenu par son oncle Umberto, qui se donne entièrement pour lui, et par Flavia, une jeune fille déterminée à lui redonner espoir en l’avenir.

Un sombre été de Vera Buck

Une villa délabrée vendue un euro dans un village fantôme en Sardaigne : pour Tilda, architecte allemande, c’est une aubaine. À la recherche d’un nouveau départ, elle souhaite rénover l’endroit et tourner la page sur son douloureux passé. Mais l’apparence idyllique du lieu est trompeuse. Les cloches sonnent le dimanche comme par magie, et l’on murmure qu’une malédiction plane sur la maison. Avec l’aide d’Enzo, un journaliste qui enquête sur ce village, Tilda tente de percer les mystères qui l’entourent.

C’était ça ou mourir  de Thélyson Orélien

Après l’embrasement de son quartier de Port-au-Prince, Jonas n’emporte presque rien avec lui en quittant Haïti : un diplôme, un cahier de poèmes, la photo de sa mère. Toute une vie dans un sac plastique. Se réfugiant d’abord en République dominicaine, puis au Brésil et au Mexique, ce professeur d’histoire franchit les frontières tantôt à bord d’un autobus surchauffé, tantôt en affrontant les profondeurs de la jungle. À chaque étape des visages surgissent, des corps tombent, des solidarités se nouent puis se brisent. Dans l’espoir d’atteindre le Canada et le peu de famille qu’il lui reste, Jonas se retrouve aux portes des États-Unis, seul face aux agents de l’ICE et d’une administration prête à tout pour mener sa chasse aux migrants.
Avec la trajectoire de Jonas, c’est une cartographie intime de la survie qui se dévoile.

Aller à la barre d’outils