Aude Bouquine

Blog littéraire, chroniques, sorties, bilans lecture : passionnée de polars, thrillers et romans noirs mais pas seulement !

J’ai découvert Eugen Chirovici en 2017 lors de la sortie de son livre « Jeux de miroirs ». Il y était question d’un agent littéraire recevant un manuscrit inachevé… Cela devrait raviver la mémoire de certains d’entre vous concernant d’autres livres abordant le même sujet. Vous pouvez vous procurer ce premier ouvrage en version poche, il avait été pour moi une très belle révélation. C’est tout naturellement que je décide donc de lire son second livre, paraît-il le plus difficile à écrire en m’efforçant de ne pas faire de comparaison avec les souvenirs que j’avais du premier, surtout dans dextérité avec laquelle il avait monté son intrigue.

James Cobb est médecin spécialisé dans l’hypnose et donne une conférence à New York sur les états modifiés de la conscience. À la sortie, il est abordé par un homme étrange qui lui réclame son aide : Joshua Fleischer, 64 ans, mourant, cherche à élucider l’une des grandes zones d’ombre de son existence. Dans sa jeunesse, vivant à Paris, il s’est réveillé dans une chambre d’hôtel près du corps de Simone, sans vie. L’a-t-il tué ? Pourquoi a-t-il si peu de souvenirs de cette nuit ? Il pense que l’hypnose peut forcer son cerveau à révéler ce que son inconscient lui interdit de faire. James Cobb se lance alors dans cette histoire vieille de plus de 40 ans. Mais les témoignages divergent, se contredisent et rendent cette affaire bien plus nébuleuse qu’elle n’y paraissait.

Nous sommes dans un véritable thriller psychologique. Le héros est psy, toute la problématique tourne autour de la conscience, de l’inconscient, du fonctionnement du cerveau. J’insiste bien sur le thriller psychologique. Comprenez-moi bien : il ne se passe rien, ou alors pas grand-chose de vraiment palpitant. Pas non plus de scènes d’action, pas de grosses révélations que vous ne seriez pas en mesure de voir venir, mais de longues, longues, longues entrevues que le psy mène avec tous les protagonistes de l’histoire. Ça commence avec Joshua Fleischer qui raconte son histoire telle qu’il s’en souvient. Pour ce faire, il invite le psy chez lui. Au milieu de balades, repas, heures de sommeil, regards hagards par la fenêtre, soupirs de l’un, surprises de l’autre, et après 50 pages d’un très long passage jusqu’à l’arrivée du psy, enfin, avec force patience et obstination, vous connaîtrez enfin l’histoire de Joshua à Paris. OUF ! J’ai cru qu’on n’y arriverait jamais. Au milieu de tous ces mots accolés les uns aux autres, qui font des phrases longues, longues sur des pages et des pages, vous soufflerez beaucoup face à certaines incohérences. Il faut que je vous en raconte une parce que ma liseuse a failli se transformer en boomerang. Imaginez-vous une situation : vous tuez une jeune fille fort heureusement de petite taille. Vous enlevez toute trace de sang. Vous nettoyez les lieux au coton-tige (ou presque). Vous la mettez dans une grosse valise (heureusement, vous avez eu du nez pour choisir la victime). Qu’est-ce que vous faites ensuite ?? Vous attendez la nuit ? Vous sortez par l’escalier de service ? Vous empruntez des ruelles sombres ? Bref, vous vous débrouillez pour que personne ne vous voie. Il fait quoi notre Joshua à votre avis ? Il appelle la réception de l’hôtel pour qu’un chasseur vienne descendre ses bagages… Si, si…

Vous aurez donc compris que je suis totalement passée à côté de ce bouquin et que je me suis copieusement ennuyée au milieu de toutes ces palabres de psy, accompagnées de longues, trop longues discussion de pseudo témoin qui viennent chacun contrecarrer les affirmations du précédent. Le récit s’emberlificote, le lecteur s’embrouille. Personne n’est qui il paraît être, certains sont même deux personnes à la fois.

Et pourtant, la thématique de la mémoire ou la recherche de la vérité dans l’inconscient auraient pu être fascinantes. Je n’ai simplement pas adhéré à la façon dont l’auteur a traité son sujet. « Les faits peuvent parfois être vrais et faux en même temps car, la vérité — toute la vérité et rien que la vérité — n’est que pure chimère. »

Un mot sur la fin, je suis en mode attente de révélation… C’eût été trop beau ! Tout ça pour ça ? C’est confondant de déjà vu, déjà lu, déjà entendu. De plus, comme si ça ne suffisait pas, c’est moralisateur à souhait. #soulagetaconscience

(…) « parce qu’il ne savait pas encore que survivre et vivre sont deux choses différentes et qu’il n’existe pas de murs assez épais ni de serrures assez solides pour se protéger de sa propre conscience. »

Je remercie Netgalley et l’éditeur de leur confiance : j’aurai aimé pouvoir écrire une chronique plus positive…

#MémoireBrisée #NetGalleyFrance

3 réflexions sur “MEMOIRE BRISEE, Eugen Chirovici – Les Escales, sortie le 7 mars 2019

  1. Je fuis ce livre moi aussi alors 😉 Merci Aude !

    Aimé par 1 personne

    1. Aude Bouquine dit :

      Bon… je suis entrain de décourager tout le monde 😦
      Je préviens : c’est pas le seul désastre du mois ! Un autre est à venir !

      Aimé par 1 personne

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