Aude Bouquine

Encore, toujours, tout le temps et partout …

 

Premier livre !
Je vous la refais ?
Premier livre !!!
Premier livre ???
Qu’est ce que je pourrai vous dire d’intelligent pour qualifier ce premier livre ?
Il a vécu dans un placard Jérôme Loubry et on ne l’a laissé sortir que très récemment.
Il a profité de ces quelques heures de liberté pour envoyer son manuscrit à Calmann-Lévy qui s’est jeté dessus et l’a envoyé à l’impression.
(petite note à Calmann d’ailleurs : il semble que vous ayez de vrais petits bijoux dans vos placards !!)
Bon, maintenant que j’ai passé une bonne dose de brosse à reluire sur tout ce petit monde, allons-y pour vous parler des chiens de Détroit.

Dans « les chiens de Détroit », on parle de Détroit, la ville. Elle en est d’ailleurs le personnage principal. C’est une ville chère à mon coeur, car j’y ai vécu 2 ans, (pas sur Michigan Avenue, on se comprend) les meilleures de mes années d’expatriation.
Détroit est LE personnage fascinant de ce roman. Son histoire y est admirablement bien raconté car après avoir été la ville de toutes les success stories, elle a aussi été celle de toutes les banqueroutes. Il en parle bien Jérôme de cette chronologie.
Cette ville délaissée, ghettoïsée en son centre ville renvoie par ses bâtiments, et la lumière qui s’y reflète, la splendeur des années passées.
Quand on se ballade à Détroit, on contemple des buildings splendides aux vitres brisées, laissés à l’abandon, des endroits de toute beauté qu’on n’entretient plus faute de moyen, des quartiers entiers au potentiel énorme, morts. J’ai toujours trouvé cette ville captivante, mystérieuse et assez fascinante. Les descriptions de l’auteur ont réveillé des émotions particulières, notamment des sensations d’un bonheur vécu presque parfait.
Dans cette ville, évoluent deux personnages dont les vies sont chargées émotionnellement parlant.
Stan et Sarah.
En 2013, Sarah se retrouve face à face avec un homme qui a assassiné et enlevé plusieurs enfants de la ville. Ce tueur, surnommé le Géant de brume n’oppose aucune résistance à son arrestation.
L’action oscille alors entre le moment de son arrestation en 2013 et la période de 98-99 durant laquelle Stan a lui-même enquêté sur ces meurtres sans parvenir à les élucider.
Des corps d’enfants avaient été retrouvés la trachée brisée.
 Les deux vont alors faire équipe. Les descriptions des personnages sont simplement remarquables. Cabossés par le vie, fêlés psychologiquement…
Pour résumer la vie de Stan « Perte de repères. Perte de soi-même. Perte de la notion de foyer. Perte de la notion de ligne rouge à ne pas franchir« . Ca fait beaucoup pour un seul homme. Anti héros, flic en échec professionnel, tenu pour responsable de la mort des enfants qu’il n’est pas parvenu à sauver, il est livré à la vindicte populaire et « devient une ombre parmi les vivants« . Il « observe sa propre déchéance sans pouvoir l’amortir« .
Sarah, est très amochée elle aussi. Psychologiquement à la ramasse dans sa vie privée, elle se réfugie dans la travail mais n’est pas du tout à l’aise avec les histoires de kidnapping. Son boulot, c’est trouver des corps, pas chercher des disparus.
Il y plusieurs choses que j’ai trouvées absolument remarquables dans ce livre, outre l’intrigue dont vous vous ferez votre propre idée.
J’en évoquerai deux.
D’abord, le parallèle, très subtilement amené à mon sens, entre la déchéance de le ville de Détroit et la déchéance de la vie de Stan. C’est presque comme si ce duo ne faisait qu’un seul et unique personnage. Une qualité d’écriture qui vous fait ressentir le pouls du coeur de la ville qui bat à l’unisson de celui de Stan. Leurs destins sont irrémédiablement liés. C’est brillant !
Ensuite, l’autre tour de force, c’est de proposer au lecteur une histoire sans aucune description insoutenable qui vous retourne l’estomac. L’imagination fait le reste, sans les mots explicites, simplement grâce à des suggestions ou des non-dits.
L’ambiance reste oppressante, sans être sanguinolente. Sacré qualité d’écriture !
L’auteur explique simplement  « le moment où tout a merdé » en laissant le lecteur le suivre dans le temps.
 
Il est des auteurs qui vous surprennent,
Il est des auteurs qui vous captivent,
Il est des auteurs raconteurs d’histoires, qui vous embarquent, regardent par-dessus votre épaule et vous aident à tourner les pages : Jérome Loubry en fait incontestablement partie.
J’ai été embarquée par l’atmosphère de cette ville qui jaillit à chaque page et émue par ces personnages meurtris.
Pour un premier livre, c’est un coup de maître.
Son second roman « Le douzième chapitre », toujours chez Calmann-Lévy, est prévu le 19 septembre.
Je vous attends au tournant Jérôme 😉
 

Une réflexion sur “LES CHIENS DE DETROIT, Jérôme Loubry – Calmann Lévy

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