Aude Bouquine

BLOG LITTÉRAIRE

Sienna n’a pas connu son père. Sa mère, Tess décide d’engager un comédien, Sacha pour jouer ce rôle : il sera donc l’oncle de Sienna. Après 3 ans de cette « comédie », la petite famille décide de partir en Italie pour les vacances. Commence alors un périple qui va remettre en cause l’équilibre familial, mais aussi le risque de fuite de quelques secrets bien gardés. En effet, le 14 août 2018, le pont de Gênes s’écroule et Tess était alors en visite chez une amie qui habitait sous le pont. 

La Toscane est sans aucun doute ma région préférée d’Italie. « Vers le soleil » retranscrit à la perfection mes émotions de voyage lorsque je découvrais pour la première ces paysages gorgés de soleil, ce lieu où il fait bon vivre et où, sans l’ombre d’un doute, je déposerais volontiers mes valises. Julien Sandrel emmène son lecteur dans cet endroit doux où une vie veloutée s’écoule, un petit havre de paix hors du temps où respirer pleinement est la seule obligation, une belle promesse de servitude positive. C’est aussi un temps où deux êtres tissent des liens profonds, irréversibles et qui ont décidé de «savourer les petits bonheurs avant qu’ils ne s’échappent». Sacha n’est pas le père de Sienna et pourtant… la tendresse et l’amour qui les lient prennent toutes leurs forces dans les épreuves qu’ils affrontent, même si l’un se tait et protège pendant que l’autre profite de ce temps inespéré de vacances. « Vers le soleil » narre la naissance d’un père qui prend vie et se raconte, se met à nu en prenant conscience de la puissance de ses sentiments envers une petite fille qui n’est pas la sienne. «La famille, c’est celle que l’on choisit.» Cette exacerbation des sentiments, cette prise de conscience prend ses racines dans un drame qui se joue et la peur panique de tout perdre. Cela agit comme un détonateur qui provoque une mise à nue de ses émotions en même temps qu’une volonté absolue de protéger. On ne naît pas père, on le devient, peu importe les liens du sang.

Ce roman m’a émue aux larmes. D’abord parce qu’il a fait remonter des sensations, moments où, les yeux grands ouverts, je laissais le charme de l’Italie m’envahir. Je me souviens très bien de ce que je ressentais alors, un sentiment de paix, un véritable lâcher-prise, la possibilité de profiter simplement de l’instant présent sans penser à demain, chose que je suis incapable de faire dans ma vie « normale ». Ensuite, « Vers le soleil» raconte la naissance d’un père, une dénomination qui ne va pas de soi, qui devrait se mériter plutôt qu’être acquise, un terme qui engendre bien plus qu’un lien de filiation. Père est avant tout synonyme d’amour indéfectible, de tendresse, de protection et d’attention. Quand on a créé comme moi une famille recomposée, on comprend mieux le sens des mots « père » et « mère ».

Ce roman est résolument optimiste et il faut bien avouer que cela fait du bien. Lisez plutôt «(…) je prends la résolution de déguster les petits riens du quotidien. De chérir tout ce qu’il y a d’extraordinaire dans l’ordinaire.» N’a-t-on pas oublié l’essentiel dans nos vies ? J’avoue que dans le climat actuel, je suis plus angoissée que foncièrement positive. Il est parfois bon que quelqu’un nous rappelle ce qui est irremplaçable, et justement de première nécessité : «Faut-il être sur le point de perdre un être cher pour se rendre compte de la force du lien qui nous unit à lui?»J’aurais bien besoin que le coach de vie Julien Sandrel prenne ses quartiers dans ma maison et me martèle régulièrement toutes ces choses que je ne vois plus, toutes ces sensations qui m’ont rendue heureuse, tout ce qui a fait le sel de ma vie. «(…) il ne faut pas s’empêcher de vivre un amour par peur de le perdre. Sinon on ne vibre jamais. On ne vit jamais. S’autoriser à aimer, c’est construire dans sa mémoire de solides branches auxquelles se raccrocher lorsque tout tangue.» Au fond, c’est si simple le bonheur lorsqu’on sait encore le voir, lorsqu’on entretient régulièrement la flamme. « Vers le soleil », c’est la promesse d’un avenir radieux, comblé, serein. On a tous besoin d’un Julien Sandrel dans sa vie, croyez-moi !

5 réflexions sur “VERS LE SOLEIL, Julien Sandrel – Calmann-Lévy, sortie le 24 février 2021.

  1. Yvan dit :

    Tu as raison, Sandrel est un excellent coach 😉

    1. Aude Bouquine dit :

      On l’embauche ??

      1. Yvan dit :

        Il a du boulot avec nous

      2. Aude Bouquine dit :

        Tu crois ?? 😂

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