Aude Bouquine

Blog littéraire, chroniques, sorties, bilans lecture : passionnée de polars, thrillers et romans noirs mais pas seulement !

Les 80 dernières pages d’un livre peuvent-elles faire oublier les 400 premières pages d’un ennui profond ?
La semaine dernière, Séverine, du groupe « il est bien ce livre » organisait un débat très intéressant sur ce thème. J’en étais restée sur un NON.
Non, les 80 pages géniales de la fin, ne parviennent pas à faire oublier les 400 premières pages de galère littéraire.
Dans l’intervalle, Séverine a terminé « La coupure » qu’elle adoré, suivie par d’autres lecteurs/blogueurs dont les chroniques sont dithyrambiques.
J’avais abandonné la lecture, puis reprise car j’avais la sensation d’être passée à côté d’un truc. Bon !

C’est vrai que c’est très très lent à démarrer mais là encore, je n’y vois pas un réel problème, les choses se mettent en place très lentement, le lecteur évolue dans les histoires respectives des personnages, puisque chaque chapitre commence par une voix différente. Fiona Barton prend son temps.

J’ai eu un vrai problème sur 2 points, à mon sens, essentiels :
-La mise en place de l’intrigue dont j’ai trouvée les ficelles extrêmement grosses.
-L’écriture en elle-même.

Concernant l’intrigue :
Les ossements d’un bébé ont été retrouvés sur un chantier à Woolwich, Howard Street. 
Que s’est-il passé ? Que fait ce bébé enterré là ? 
Au fil de l’histoire, le lecteur est mis en présence de 3 femmes.
Kate, la journaliste, qui va mener l’enquête sur le corps de ce bébé.
Emma, correctrice littéraire qui semble porter un très lourd secret l’empêchant de vivre sereinement, polluée par sa mère June qui n’a de mère que le nom.
Angela, mère de 2 enfants, qui a vécu un drame terrible puisqu’on lui a volé son bébé à la maternité.
J’ai vu venir le truc à des kilomètres.
Trois femmes,
Une est journaliste,
Reste deux femmes.
Une porte un secret concernant un bébé, l’autre se l’ai fait voler.
Reste à savoir comment on va de l’une à l’autre et comment l’auteur va procéder pour les lier.
Il y a UN élément, bien fichu, qui arrive en toute fin de livre que je n’avais pas vu venir, assez bien trouvé je dois dire, mais c’est à peu près tout.

C’est au niveau de la qualité d’écriture que j’ai vraiment le plus à redire. 
Je suis désolée mais j’ai trouvé ça creux, d’une platitude verbale rare, une écriture sans patte propre, sans force, sans charme, sans âme. 
Par exemple, les réflexions sur le métier de journaliste, notamment quand Kate fait office de formatrice pour son assistant Joe, sont clichées à  mort, et navrantes de lieux communs.
Les dialogues sont pauvres, les répétions nombreuses. Bref, impossible pour moi d’y croire, de m’identifier, de ressentir de l’empathie pour Emma ou Angela.

C’est vraiment dommage car les thèmes abordés, comme la relation mère-fille ou le poids du secret auraient pu faire écho en moi si je n’avais pas été si gênée par le style. (ou peut-être la traduction…)

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