Aude Bouquine

Blog littéraire, chroniques, sorties, bilans lecture : passionnée de polars, thrillers et romans noirs mais pas seulement !

David Zukerman est l’auteur du remarquable et touchant roman « San Perdido » paru le 2 janvier 2019 chez Calmann-Lévy. Cela a été une formidable découverte, un monde fascinant qui s’est ouvert sous mes yeux, des personnages charismatiques, une histoire réellement exaltante. Longtemps, ce gamin au regard bleu-saphir a hanté mes souvenirs, héros muet, mais soucieux de l’essentiel : équilibrer la balance des disparités sociales en faisant ce qui est bon.

L’écriture de toute beauté, simple et poétique, innocente et lyrique, a fait rentrer le roman de manière fracassante dans mon cœur de lectrice pour y rester gravé.

Autant vous dire que lorsque j’ai su que « Iberio » allait paraître, je me suis jetée dessus à peine réceptionné. 

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Je referme le dernier roman de Céline Denjean et les premiers mots qui me viennent à l’esprit sont : précision, justesse et exactitude. Comme pour « Le Cheptel » ou « Double Amnésie» son précédent roman, l’auteur nous livre un thriller au carré, soucieuse du détail, attentive à la recherche stylistique sans verser dans la lourdeur du phrasé, obnubilée par la précision des mots, l’implacabilité de l’intrigue, l’exigence dans la psychologie des personnages et leur devenir. 

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« Grandir un peu » est le récit d’un lien : celui de Lucas et de sa grand-mère Raymonde. Ils habitent une petite maison sur une colline, loin de tout où seule la nature y a ses droits. Raymonde qui prend de l’âge se met en quête d’une dame de compagnie. Jeanne débarque alors au milieu de ce duo si fusionnel, en ce lieu où chacun vient guérir ses blessures, se comprendre et renaître. 

Julien Rampin ne s’en cache pas : ce roman est un hommage à sa «mamie de la ferme, là-haut, dans les étoiles et partout où je suis.» Et moi, les manifestations de tendresse et d’amour envers nos aînés me touchent infiniment. Si cet hommage n’est mentionné que dans les remerciements, il s’est produit une chose étrange à la lecture : mon cerveau a automatiquement transformé le prénom Lucas par Julien. Plusieurs fois, j’ai remonté les pages en me disant qu’il s’était trompé, mais en vérité c’est moi qui modifiais d’instinct le prénom, comme si au fond de moi je savais…

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En avril, n’oublie pas de préparer ta pile…
Oui, je sais, je vous avais dit que le mois de mars serait un énorme mois au niveau des sorties littéraires et que sans doute, les choses se calmeraient en avril.
Bon, ce n’est pas le cas, mais je ne suis en aucun cas responsable de votre ruine à venir. Vous trouverez dans cette liste non exhaustive de nombreux sujets de convoitise … À vous de décider si vous cédez au chant des sirènes de la littérature et des achats😉. Inutile de me traiter de tentatrice, je ne fais que vous donner des idées au cas où vous frôleriez un incommensurable ennui généré par le couvre-feu, le confinement du week-end et autres joyeusetés ! Comme l’écrit si bien Julien Rampin dans son roman « Grandir un peu » : « J’adore lire. Je pourrais passer ma vie à lire, en fait, enchaîne Lucas. C’est comme avoir des milliers d’amis dont on peut prendre des nouvelles lorsqu’on le souhaite. Juste en ouvrant un livre. Je trouve que les gens qui ne lisent pas manquent d’ouverture. Lire, c’est vivre d’autres existences. Visiter des paysages inconnus. Être quelqu’un d’autre. Comprendre des choses qui nous échappent complètement. » Lire la suite

Queenie est une jeune femme d’origine jamaïcaine qui habite à Londres. Rien n’est simple dans sa vie parce qu’elle n’a pas sa langue dans sa poche… et malgré la couleur de sa peau, elle considère que certaines paroles ne peuvent être dites sans provoquer de réactions. Queenie est amoureuse de Tom et vit avec lui. Seulement, Tom est blanc et sa famille a quelquefois quelques « dérapages de vocabulaire » qui loin de choquer Tom, estomaquent Queenie. Lors d’une partie de Cluedo, l’oncle de Tom annonce sans honte que son hypothèse est «le nègre dans le cellier». Tom ne la défend pas, Queenie s’en va en fonçant droit sur la mère de Tom qui tient un gâteau d’anniversaire gigantesque dans les mains. Cette fin de soirée désastreuse sera le commencement d’un « break » entre les tourtereaux….

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8 mars 2021, journée de la femme, une occasion idéale pour vous parler d’une femme justement. Tracy, une femme comme tant d’autres, au bout du rouleau, épuisée, harassée, morte de fatigue. Tracy quitte la Californie avec sa mère pour s’accorder quelques jours de repos à « Komodo », en Indonésie. C’est sur cette île que travaille son frère Roy qui vient de passer son diplôme de moniteur de plongée. Au programme, de nombreuses plongées pour aller admirer les fonds marins, les raies mantas et les requins, mais aussi une occasion inespérée de renouer les liens familiaux. Sauf que Tracy est une femme amère, en colère, frustrée, qu’un rien exaspère et qui réagit au quart de tour, au «cerveau incapable de s’interrompre, incapable de savourer, né pour le combat.» La violence contenue à l’intérieur d’elle se calme uniquement lorsqu’elle plonge dans ce monde de silence où tout n’est que calme, sérénité, et paix. «Laissez-moi m’immerger en ces eaux pures afin que je puisse ainsi renaître.»

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Tragédie en 4 actes « La chair de sa chair » nous emmène dans une thématique banale et pourtant si singulière : la maternité. Moira est mère de 3 enfants issus de 2 pères différents, pères totalement absents de la sphère familiale pour des raisons précises : l’un est en prison, l’autre s’est suicidé. Peter est l’aîné de la fratrie. C’est lui qui a envoyé son père en détention en intervenant face à des violences répétées. Moira bataille au quotidien pour nourrir ses enfants, elle enchaîne 3 jobs différents, s’escrime à payer les factures de soins dantesques de sa petite dernière atteinte de mucoviscidose. Elle n’a pas le temps de s’écrouler ni de se plaindre, elle encaisse les épreuves de la vie habituée à subir cette éternelle loi de Murphy. Dans son malheur, elle a une chance : pouvoir compter sur Peter son fils de 14 ans qui a grandi trop vite par la force des choses. «Elle lui raconte ses misères et ses contrariétés, même si elle sait que c’est presque contre nature de charger ainsi son propre fils de ses soucis. Elle n’a que lui sur qui compter.»

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«Quand je pense que, dans ce procès, je suis l’accusée et que les deux salopards sont les parties civiles. Je voudrais tout reprendre à zéro. Je voudrais qu’on remette les choses à leur place : je suis la victime et ils sont les bourreaux.»

Ainsi s’exprime Mathilde Collignon divorcée, mère de 2 filles Constance et Julie, médecin gynécologue reconnue et pourtant surnommée « la barbare » dans une cour d’Assises, en ce 25 juin 2020. Incarcérée depuis plus de 3 ans, elle attendait son procès qui s’achève au moment où le roman s’ouvre. Les débats sont terminés, l’heure des délibérations a sonné et avec elle, des questions auxquelles il faudra répondre : Mathilde est-elle coupable d’actes de torture et de barbarie ? Est-elle coupable de violences volontaires ? À quelle peine faut-il la condamner ? Le lecteur navigue entre secrets d’alcôve émanant de la chambre des délibérations et la cellule de Mathilde en attente du verdict qui couche sur le papier ses émotions, ses regrets, son témoignage, elle qui n’a pas eu la sensation d’avoir été entendue.

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Je vous laisse savourer le titre… « La divine comédie de nos vies », titre plus qu’à propos en ce moment, sujet potentiel d’une réflexion philosophique de nos futurs bacheliers : la vie est-elle une divine comédie ? Vous avez quatre heures pour me convaincre que ce monde est sérieux (merci Francis) et moi une chronique pour vous encourager à découvrir ce roman de Gavin’s Ruiz. Si j’avais le courage d’écrire un roman, c’est sans doute une histoire de potes qui se connaissent depuis toujours que j’aurais envie de raconter. Histoire de copains, histoire de famille, voilà sans doute pourquoi tous les romans qui abordent ces thématiques m’attirent comme des aimants. Gavin et moi ne nous connaissions pas, mais l’erreur est désormais réparée, même si, soyons honnête, il m’aura manqué environ 650 pages aux 214 écrites, tant j’aurais aimé que ce roman choral n’en finisse pas. Et bien oui, quand on est bien dans une lecture, on n’a aucun désir d’en sortir, on meurt d’envie d’en savoir plus sur les personnages qui l’habitent, sur leurs vies passées et leurs choix à venir. « La divine comédie de nos vies » repose sur une galerie de personnages très attachants. Trois d’entre eux dont je suis tombée un peu amoureuse : Jérôme, Sacha et Marc, 3 mousquetaires dont la devise est «Un pour tous, et tous copains.»

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Nous sommes déjà la fin du mois de février qui a semblé très court, mais attention accrochez-vous, en mars ça va secouer ! Tous les éditeurs se sont donné le mot pour sortir leurs ouvrages en même temps. Rien que le 3 et le 4 mars, c’est de la folie furieuse ! Bilan de ce mois de février : 12 romans lus. Dix que je mentionne ici, 2 dont je vous parlerais en temps voulu. Je tiens à mentionner l’exceptionnel « Le démon de la colline aux loups » de Dimitri Rouchon-Borie que je place au panthéon de mes meilleures lectures de ces dix dernières années. Je vous en reparlerais régulièrement (jusqu’à ce que tout le monde en parle) et vous le retrouverez sans aucun doute dans mon classement 2021.

Dix lectures qui m’ont permis de voyager dans des endroits très différents : en Auvergne, à Paris, en Italie, en Syrie, en Antarctique, en Australie et dans différents États américains. Une autre façon de changer d’air et d’avoir mille vies. Lire la suite

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