Aude Bouquine

Blog littéraire, chroniques, sorties, bilans lecture : passionnée de polars, thrillers et romans noirs mais pas seulement !

« Regarder le Noir » est le tome 2 d’un projet singulier mené par Yvan Fauth. Comme il n’aime pas parler de lui, je vais m’octroyer le droit de le faire, juste deux minutes. Il mettra toujours en avant les auteurs, sans lesquels ce recueil n’existerait pas, mais l’idée de base est la sienne. Rendons à César ce qui est à César. Yvan est l’une des personnes les plus passionnées de littérature noire que je connaisse (si vous ne connaissez pas son blog, vous avez raté votre vie de lecteur). Fidèle en amitié, respectueux de la parole donnée, incroyablement humain, bienveillant autant qu’il est possible de l’être (d’ailleurs le mot semble avoir été inventé pour lui) et dénicheur de talents. Ce qu’il aime c’est découvrir, fouiner, imaginer. Aller en librairie avec le monsieur c’est la ruine assurée. Lire la suite

Qui est Adèle Bréau ? D’abord, la grande prêtresse des histoires de copines. Souvent des femmes de notre génération, leurs histoires de boulot, de mariage, de mecs et plus si affinités. Je vous recommande vraiment ( allez, c’est bientôt l’été et le transat s’y prête bien) d’acheter : « La Cour des grandes », « Les Jeux de garçons » et « Les Devoirs de vacances ». Dans les deux premiers tomes, jubilatoires, vous aurez d’abord la version des femmes, puis, dans le même espace-temps, la version des garçons pour les mêmes faits. De quoi rire aux éclats et vous rendre définitivement compte que nous ne sommes pas paramétrés de la même façon. Adèle Bréau vous construit une fresque de l’amitié, s’appuyant sur des femmes aux tempéraments contrastés et aux jobs très différents, et le miracle de ses romans c’est que chacune d’entre nous s’y retrouve toujours. Si vous pensez que vos problèmes de quadra ne concernent que vous, vous allez vite vous rendre compte qu’elle a en a listé une flopée. Adèle Bréau c’est aussi la nostalgie des temps révolus. Il y a eu « L’odeur de la colle en pot », plongée dans nos années d’adolescence en 1980 et aujourd’hui « Frangines », un formidable roman sur la famille. Lire la suite

Sagas avril 2008, quelque part en Haute – Savoie. Une jeune fille disparaît, lors de son entraînement de vélo. Son père, Gabriel Moscato, lieutenant de gendarmerie, ne cessera jamais de la chercher durant les 15 jours suivants. Épuisé par ses recherches, il finit par s’endormir dans un hôtel, chambre 29, où Julie, sa fille, a travaillé durant l’été. Il se réveillera, chambre 7 « tétanisé face à son double », « lui, en beaucoup plus vieux.» Nous sommes le 10 avril 2020, soit 12 ans plus tard. Le trou noir complet, Gabriel ne se souvient de rien, il souffre d’une amnésie psychogène atypique : il est resté «prisonnier du passé.» Ce phénomène purement psychologique est «un moyen de fuir une insupportable réalité, un traumatisme. Quelque chose d’extrêmement violent qui, à un instant précis de votre vie, a poussé votre esprit à verrouiller les portes, pour se protéger lui-même.» Que s’est-il passé de si terrible dans sa vie pour que son cerveau se bloque dans ce mode d’autoprotection ? Lire la suite

Peut-on écorner un mythe ? Mettre au centre d’un roman un mythe iconique et révéler l’aspect obscur de sa personnalité en risquant de se mettre à dos tous ceux qui pensent qu’il est indécent de « salir » la mémoire de quelqu’un ? Voilà un procédé sacrément osé. Ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas ici de ternir le souvenir, il s’agit de poser la question de la vérité, de révéler ce que bon nombre de personnes, et notamment d’Américains ne veulent pas entendre : et si, leur président tant adulé n’était en fait qu’un homme faillible, faible parfois, aux nombreuses contradictions, à l’éducation pesante et psychologiquement anxiogène, aux tares nombreuses et inavouables ? Et si, Kennedy n’avait pas été assassiné ce 22 novembre 1963 à Dallas, que ce serait-il passé ? Comment aurait tourné l’Histoire ? Après Stephen King dans 22.11.63, RJ Ellory se livre ici à un formidable exercice de style : imaginer un évènement du passé qui aurait eu une issue différente. Lire la suite

Bienvenus à Mothercloud, un monde où travail, effort, courage sont récompensés, qui offre sécurité, toit au-dessus de la tête quand toutes les villes du monde sont désertées, que le réchauffement climatique a fait rage, et que l’eau n’est plus potable. Dans ce récit dystopique, Rob Hart donne vie à trois personnages qui racontent Mothercloud : Gibson Wells son créateur, Zinnia qui travaille dans l’entrepôt des marchandises à expédier aux clients, Paxton qui intègre la sécurité. À chaque employé sa couleur de polo : marron pour le service technique, jaune pour le service client, vert pour les services de restauration, blanc pour les managers, rouge pour les préparateurs de commande, bleu pour les agents de sécurité. Une bonne façon de reconnaître, au premier regard la fonction de chacun. Dans Mothercloud, l’individu ne compte pas, seule sa contribution au sein de la mère nourricière importe. Lire la suite

C’est déjà la fin du mois de mai et donc l’heure du bilan. Dix romans lus ce mois-ci malgré l’école à la maison et le déménagement qui approche. J’ai eu la main heureuse et donc eu un excellent mois de lecture. Dans les romans parus il y a plusieurs mois déjà, j’ai enfin eu du temps pour lire « J’irai tuer pour vous » de Henri Loevenbruck. C’est une lecture qui demande de l’assiduité pour ne pas perdre le fil. Ma recommandation est donc de le commencer lorsque vous avez un peu de temps devant vous. Pour le reste, ce ne sont que des romans parus avant le confinement, ou juste après. J’ai découvert la plume de Benoît Séverac et je ne peux que vous conseiller d’en faire de même. Je vais m’intéresser bientôt à ses romans jeunesse. Juste avant le confinement, sortait le quatrième opus des aventures d’Hannah Baxter, sous la plume de Sonja Delzongle. Rien à dire, c’est au carré, comme toujours chez elle. Enfin, pour parler des nouvelles sorties : le dernier Bernard Minier est très réussi dans son genre, anxiogène à souhait tout en vous donnant l’envie de partir en vacances à la montagne. La bonne surprise que je n’attendais pas est venue du roman de B.A Paris qui a su se renouveler et donner beaucoup de densité à ses personnages. Laurence Peyrin propose un roman sur la reconquête de soi dans « les jours brûlants », de quoi prendre un peu le temps de réfléchir à ce que nous avons oublié en acceptant les tâches répétitives du quotidien. Le dernier Guillaume Musso, sorti le 20 est à mon sens, un redoutable thriller à tiroir doté d’un message très intéressant sur le métier d’écrivain. Il clôt le triptyque « La fille de papier » et « La vie secrète des écrivains ». Enfin, je m’intéresse de plus en plus aux nouvelles et dans le genre, Lawren Schneider a su proposer un recueil passionnant sur les 7 péchés capitaux. Cela tombe fort bien puisque je vous rappelle que « Regarder le noir » sort le 11 juin. Je saisis l’occasion pour rappeler qu’on peut à la fois lire les grosses locomotives de l’édition, mais aussi s’intéresser de très près à des auteurs moins connus. Ce n’est pas incompatible ! Bref, allez farfouiller chez vos libraires. Bonnes lectures de juin à tous. Lire la suite

Samedi 8 juin, Livia Harman fête ses 40 ans. Cela fait vingt ans qu’elle pense à cette fête, c’est même devenu son obsession. Mariée très jeune à Adam à cause d’une grossesse surprise, Livia mère de Marnie et Josh, respectivement 21 et 19 ans, veut que cette fête soit parfaite, un second mariage en quelque sorte… Le premier, très précipité dû à la grossesse, a sonné le glas des relations entre Livia et ses parents.Elle ne les jamais revu malgré de nombreuses invitations et ceux-ci ne connaissent pas leurs petits-enfants. Une plaie restée béante à jamais. Malgré la perspective dune journée parfaite, Livia et son mari sont tous deux face à un dilemme : situation où lon doit choisir entre deux possibilités contradictoires comprenant toutes deux des désavantages. Livia cache un terrible secret à son mari depuis plus de 6 mois et Adam est le seul à détenir une information qui pourrait changer leurs vies à tout jamais. Qui fera le premier pas? Quand? Le lecteur devient le témoin privilégié de la valse de leurs émotions et oscille entre le récit raconté par Livia, et celui raconté par Adam. Roman choral, le lecteur découvre lhistoire de leur couple, la naissance de leurs enfants, lémergence des non-dits, des secrets, des frustrations et parfois des regains de haine, mais surtout, il est le spectateur de relations familiales totalement discordantes, en amont comme en aval.  Lire la suite

Alors que je publiais la photo de mes derniers achats littéraires dont « La vie est un roman » de Guillaume Musso », j’ai été, comme les trois années précédentes, la cible d’un certain nombre de remarques plus que désobligeantes  : « Musso, Dicker, pour ceux qui naiment pas vraiment la littérature. », « Elle préfère du MacDo littéraire que de la gastronomie. ». Ces réflexions montrent bien, si besoin en est, où nous en sommes encore en 2020, lorsqu’il est question d’un auteur, tête d’affiche, qui vend. A-t-il évolué depuis sa première parution, s’est-il renouvelé, a-t-il progressé, est-il détenteur d’une nouvelle forme d’inspiration qui va lui permettre, encore une fois de happer ses lecteurs, dit-il de nouvelles choses ? Les imbéciles aux préjugés abrutis se ficheront bien de trouver des réponses à ces questions, trop auto centrés sur leurs probables manuscrits en gestation, jaloux sûrement de ne pas avoir la lumière tant voulue, portés sur leurs maigres petites phrasounettes, pédantes à souhait, certainement pondues à grand renfort de citations de maîtres à penser lors de vagues études de lettres dont les réminiscences servent de terreau à tenter de scribouiller un truc qui s’apparenterait à un roman. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : l’intelligent aura le discernement nécessaire pour affirmer que la lecture d’un roman est un plaisir tout à fait personnel, intime, presque confidentiel. Chaque année c’est la même histoire et c’est la même rage qui monte qui monte en moi. Lire la suite

Comprendre les raisons profondes qui poussent ceux qui disparaissent volontairement après un traumatisme. Tel était le vœu de Laurence Peyrin en écrivant « Les Jours brûlants. » Joanne Linaker est « la joie de vivre incarnée ». 1976, mariée avec Thomas, mère de deux enfants, elle vit à Modesto, petite ville dans laquelle il ne se passe pas grand-chose. Sa vie est bourgeoise, simple, minutée, rythmée par les soirées données par son époux dans lesquelles elle apparaît être « la reine de cocktails » en plus d’être une maîtresse de maison parfaite. Joanne est parfaite, « d’un bonheur simple, elle se faisait toute une fête. » Son quotidien semble idyllique, proche d’une certaine ataraxie. Lire la suite

Aller faire un petit tour sur le carrousel des sept péchés capitaux : c’est l’idée de Lawren Schneider dans ce recueil de nouvelles. Dédramatisation de certains ? Culpabilité pour d’autres ? Duquel vous sentez-vous le plus proche ? Et du plus éloigné ? Petite balade dans le recueil : c’est par ici.

Vous êtes gourmand ? Hou que la gourmandise est un vilain défaut…Demandez le menu ! Vous êtes plutôt crevettes Taïcho à la plancha ou filet de renne rôti aux fruits ? Assez spécial comme plat le renne… Vous y avez déjà goûté ? Personnellement, je crois que le Château Margaux 1986 m’attire bien plus. Allez savoir si la combinaison des deux ne donne pas l’accord parfait qui sert de décor à une soirée en amoureux. Un menu parfait pour réveiller les papilles et les instincts les plus vils au bon goût de vengeance savamment orchestrée. Dommage, on ne parle pas de dessert… pourtant préparé à l’avance et resté bien au frais au congélateur… Un sorbet fraise conclurait parfaitement ce repas ! Lire la suite

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