Aude Bouquine

Blog littéraire, chroniques, sorties, bilans lecture : passionnée de polars, thrillers et romans noirs mais pas seulement !

« Dans la culture basque, l’eguzkilore était un antique symbole de protection, que l’on plaçait à la porte des maisons pour les protéger des sorcières et autres démons. » Dans « le silence de la ville blanche », c’est tout un univers fait de légendes, de traditions, et de fêtes religieuses qui s’ouvre sous nos pieds. Nous sommes bien dans un thriller, au cœur du Pays basque. Des meurtres sauvages ternissent les quelques jours de fête ayant lieu dans la petite ville de Vitoria et terrorisent les habitants en passe de fêter leurs anniversaires. Des victimes anonymes ayant quelques points communs : l’âge, le nom de famille, la posture dans laquelle les enquêteurs retrouvent les corps, et surtout la présence d’abeilles dans leurs bouches. Des décès par suffocation dus aux nombreuses piqûres données par des insectes affolés. Autant vous dire que si vous êtes phobiques, terrorisés par le moindre bourdonnement, vous allez être servis ! Ces crimes ressemblent à s’y méprendre à d’autres, perpétrés vingt ans plus tôt par Tasio, arrêté à l’époque par son frère jumeau Ignacio, alors policier. Nous sommes face à un meurtrier très inventif qui sélectionne ses victimes par tranche d’âge, 5 ans, 10 ans, 15 ans, etc.

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Encore un mois qui a filé bien vite sans même que je m’en rende compte ! C’est déjà l’heure du bilan de septembre, et quel bilan ! Quinze livres lus ce mois-ci et j’ai vraiment eu la main heureuse dans mes choix de lectures. Certaines sont excellentes, d’autres tout simplement exceptionnelles. Je vous reparle brièvement de « Betty », histoire d’en remettre une couche, qui a été un bonheur absolu de lecture. Il est encore temps d’acheter ce roman dont vous vous souviendrez longtemps, car il fait partie de ces récits qui marquent durablement une vie de lecteur. Amélie Antoine réussit encore une fois à vous mettre le cœur en miettes avec « Le jour où ». Trois ouvrages étaient très attendus au tournant : « L’heure du diable » qui clôt la trilogie de Patrick Bauwen, « De soleil et de sang » de Jérôme Loubry parce que « Les refuges » avait été une telle claque que je me demandais s’il allait réussir à me transporter de la même manière, « Le dernier message », car j’espérais y retrouver Nicolas Beuglet tel que je l’avais découvert. Pari gagné pour les trois : un grand bravo. J’ai également eu de premières découvertes : « Entre fauves » de Colin Niel tout simplement remarquable, « De grandes ambitions » magnifique fresque de société, et « Elle a menti pour les ailes », une lecture faite presque par hasard, mais un choix très judicieux après avoir visionné le reportage disponible sur Netflix « The social dilemma». J’ai pris ma bouffée d’oxygène avec Nadine Monfils et son « souffleur de nuages » que je vous recommande si vous avez le moral qui flanche. Vous verrez, c’est beau. Je n’ai pas encore eu le temps de rédiger certaines chroniques telles que « Nickel boys » un roman très réussi qui explore l’Amérique des années 60, « Le silence de la ville blanche » un excellent thriller espagnol dont l’atmosphère vous fera oublier votre quotidien, « Sous le parapluie d’Adélaïde » que j’ai terminé hier soir et dont la fin m’a laissée pantoise ! J’ai eu la chance de pouvoir lire « Une femme parfaite », sortie prévue le 7 octobre et je me suis régalée ! Si vous avez envie de vous plonger dans les technologies de demain, mais aussi dans le douloureux sujet de l’autisme, n’hésitez pas. Lire la suite

Garance, 15 ans, passionnée de danse est en classe de Seconde. Elle cherche à attirer l’attention du beau Vincent, coqueluche d’un clan de Terminale. Trois ans d’écart, c’est une échelle très haute à grimper pour être digne d’intérêt, il va falloir redoubler d’efforts pour être acceptée. Garance a de la chance, elle bénéficie d’un atout rare : elle est diablement belle. Chaque marche qui la rapproche de son but passe par les étapes de son ascension « sociale ». De photos postées, de likes en tweets, sa popularité s’accroît : elle se sent enfin exister. «Un like affirme votre présence au monde.» D’inconnue, elle devient « populaire ». De seule, elle se targue désormais de faire partie d’une meute. Jusqu’au jour où elle participe au concours Élite présent dans sa ville. La meute aux dents bien acérées se réveille. Plus dure sera la chute…. 

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Venez prendre votre bouffée d’optimisme en lisant « Le souffleur de nuages ». Premier roman que je lis de Nadine Monfils et certainement pas le dernier. Franck est chauffeur de taxi. Sa vie est monotone, pour ne pas dire soporifique. Malgré les réminiscences des jolies phrases mantra de sa grand-mère « Deviens un souffleur de nuages et n’oublie jamais que la vie peut être belle. Mais il faut savoir la regarder », il est morose, désabusé par un monde où les êtres humains ressemblent à des robots déshumanisés. Il vient de perdre son chat, et cette perte accentue cette affreuse solitude. Encore plus que d’ordinaire, il angoisse à l’idée de rentrer chez lui. Travailler pour ne pas penser, c’est la seule chose qui puisse encore le faire avancer. Une cliente l’appelle pour une course. Elle habite à Paris dans le 13e arrondissement, mais veut se rendre à Enghien-les-Bains. Hélène est une « originale », elle quitte sa maison en laissant la porte grande ouverte, comme « une invitation à entrer et à se servir » pour aller retrouver le grand amour de sa vie. Elle n’a pas l’intention de revenir, elle court après un rêve, un dernier rêve à réaliser…

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« Que deviennent nos rêves de jeunesse ? Nos illusions ? Comment accepter d’être ce que nous sommes devenus ? Ce que le temps, le pouvoir, ont fait de nous ? »

Voici les quelques phrases qui présentent la quatrième de couverture. Cette présentation illustre parfaitement les thématiques du roman : suivre les destinés de plusieurs protagonistes, des années 1980 aux années 2020 dans leurs désirs de réussite, leurs ambitions, leurs rêves réalisés ou déchus, et pour certains leur soif de pouvoir. Car c’est bien l’une des thématiques majeures ce roman : l’ambition du pouvoir.

À la manière de François Roux dans « Le bonheur National Brut» ou encore de Meg Wolitzer dans « Les intéressants », Antoine Rault dépeint un pan de notre histoire, 40 années, à travers différents personnages. Certains vont vous sembler bien familiers, Jeanne, Marc, Sonia ou encore Frédéric. D’autres sortent tout droit des connaissances personnelles ou de l’imagination de l’auteur. C’est la grande originalité de ce roman : un savant mélange d’êtres familiers et d’illustres inconnus, tous issus de milieux sociaux différents, mais gouvernés par la même envie farouche : réussir sa vie. 

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Je l’avoue tout à fait honnêtement, j’ai commencé « Le dernier message » avec quelques appréhensions… Dans la bibliographie de Nicolas Beuglet, j’avais beaucoup aimé « Le cri », adoré « Complot », pas franchement aimé « L’île du diable ». Pour ce dernier, j’avais eu la dent un peu dure, tellement j’avais été déçue de la tournure qu’avait prise cette fin de trilogie. C’est vrai qu’il m’avait manqué ce petit supplément d’âme pour le personnage de Sarah, et un vrai message auquel réfléchir, comme l’auteur m’y avait habituée. J’ai donc attaqué « Le dernier message » sans rien en savoir, ne lisant jamais la quatrième de couverture. Je ne vais pas vous mentir : la lecture des premières pages a été difficile. Il m’aura fallu un moment pour entrer dans le roman et me laisser porter. Je ne vais certainement pas blâmer Nicolas Beuglet d’avoir pris son temps cette fois-ci, le lui ayant reproché la dernière fois. L’atmosphère de ce roman singulier se construit pas à pas et c’est à partir de l’arrivée de Grace dans les Highlands que celle-ci devient de plus en plus oppressante. 

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« La confidente » est un roman noir psychologique qui traite des relations au travail. Une secrétaire intérimaire, Christine, se voit confier l’un des postes les plus importants de la société : assistante particulière de Mina, à la tête de l’entreprise. Précédemment, elle était celle de Lord Appleton, le père de Mina. Mina est un personnage trouble, un peu fille à papa, née avec une cuillère d’argent dans la bouche, à qui l’on a donné de grosses responsabilités (peut-être un peu trop grosses pour elle) et qui souhaite se démarquer de son prédécesseur de père en prenant des directions différentes pour l’avenir de l’entreprise. Les supermarchés Appleton travaillaient avec de petits producteurs, vantant ainsi des relations équitables pour achalander les rayons de leurs magasins, et c’est tout ce système que Mina souhaite secrètement peu à peu métamorphoser. L’appât du gain peut faire faire des choses peu recommandables…

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J’entends dire « je ne peux pas lire ce livre, il parle de la chasse » sous-entendu, il défend la chasse et les chasseurs. Détrompez-vous, ce roman ne fait en aucun cas l’apologie de la chasse, ni ne condamne celle-ci : il vous donne divers axes de réflexion. Des Pyrénées où Martin, garde d’un parc national cherche à retrouver le seul ours mâle encore présent, avant la réintroduction de femelles, aux confins de l’Afrique où la chasse des « big five » se monnaie à prix d’or, Colin Niel prend le parti de construire un roman choral dans lequel chaque voix a sa place, et où chacun défend « son bifteck ». Ce récit, loin d’être manichéen, amène le lecteur, tout en douceur et sans le brutaliser à revoir ses positions en se mettant à la place de l’Autre, qu’il soit chasseur, garde forestier, membre d’une tribu africaine, ou même lion ou ours. 

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Nous sommes bientôt au mois d’octobre, et comme à chaque fois, je fais ma petite liste des romans que je voudrais avoir le temps de lire. Dans cette sélection, non exhaustive, j’attends plus particulièrement deux livres. L’un parce qu’il semble être un roman sociétal avec une thématique écologique forte : il s’agit bien sûr du petit nouveau d’Olivier Norek « Impact ». Le second s’est fait attendre, très très longtemps… mon impatience est d’autant plus grande ! « Les monstres » de Maud Mayeras sortent du placard le 2 octobre et ce jour-là, je ne serais là pour personne. Pour le reste, j’ai sélectionné 22 autres ouvrages qui me font de l’œil. Encore de belles lectures en perspective ce mois-ci. Je vous embrasse, prenez soin de vous !
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Voici enfin le dernier volume de la trilogie de Patrick Bauwen. On peut dire qu’il était sacrément attendu par les lecteurs ayant lu « Le jour du chien » et « La nuit de l’ogre ». Cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas le lire en one-shot, bien au contraire, vous y perdrez simplement sur le passé des personnages. On retrouve Chris Novak, notre médecin urgentiste, qui dans ma tête a le visage de Patrick Bauwen. Oui, bon, chacun l’imaginera comme il voudra. Chris Novak est en piteux état, sa descente en enfer n’a fait que s’accentuer. Si vous avez lu les précédents, vous savez qu’à la mention « situation personnelle », il écrira « c’est compliqué », il n’a pas vraiment eu beaucoup de chance avec les femmes qui ont partagé sa vie. (est-ce un appel au secours pour une intervention extérieure ??) Ici, drogué aux médicaments de toute sorte, alcoolique en puissance, il utilise tous les dérivatifs possibles pour diminuer ses angoisses et ses crises de panique. Novak est désormais agoraphobe. « Dans l’agoraphobie, le stress s’accumule au fil du temps, et d’un coup, les symptômes éclatent. J’ai arrêté d’abord les transports en commun. Puis la voiture. Puis j’ai complètement cessé de sortir en quelques jours. (…) L’agoraphobie est un rempart. Comparé à certaines vérités, vivre coupé du monde n’est pas un sort si pénible. » J’ai personnellement vraiment apprécié de découvrir les spécificités de cette pathologie (oui, je dois être un peu maso…).

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