Aude Bouquine

BLOG LITTÉRAIRE

Avant de partir plusieurs jours pour la pause estivale, je voulais prendre le temps de parler un peu de la rentrée littéraire du mois d’août. Je ne sais pas quel sera mon temps disponible à ce moment-là (eh oui, encore un « petit » déménagement qui se profile, ça faisait longtemps 😉). Voici donc les romans que j’ai notés dans ma sélection personnelle pour ce mois d’août. Évidemment, cette liste est non exhaustive et je suis sûre que j’en ai oublié certains qui vont apparaître comme par magie sur mon radar grâce aux copains. J’ai eu la chance d’en lire quelques-uns dont je vous parlerai à leur sortie, j’en emporte d’autres avec moi en Tanzanie. Même si les nouveautés sont très très attractives, l’été est aussi propice à la diminution de la PAL. « Le prince des marées » de Pat Conroy est resté caché dans la mienne pendant des années… J’ai passé une semaine de lecture incroyable avec ce roman. Si vous l’avez, sortez-le, vous ne le regretterez pas. C’est certainement un des meilleurs livres lus cette année ! Bonnes vacances à tous. Je vous embrasse. Lire la suite

« Je n’ai pas su trouver les mots pour te le dire, Adèle, pas plus que je n’en ai jamais trouvé pour te parler vraiment de moi. Sais-tu seulement qui a été ta mère ? Dans quelle sève puisent ses racines, ses émotions trop fortes, ses silences rentrés ? Sais-tu quelle enfant elle a été ? »

Connaissons-nous jamais tout à fait notre mère ? Que savons-nous réellement des jeunes années de sa vie, d’elle petite fille, de ses peurs, de ses luttes intérieures lorsqu’elle-même devient mère à son tour ? Au soir de sa vie, Marie décide de lever le voile. Elle écrit à sa fille Adèle. Elle raconte. Elle dévoile. Elle divulgue les secrets de son cœur et de son histoire familiale. Marie a décidé de mourir, avant l’année de trop, avant la dégénérescence du corps et la perte de son identité, Marie veut mourir en conservant sa dignité. Elle offre à Adèle l’histoire de ses racines, la terre qui l’a vue naître et grandir, la famille qui l’a élevée. Une enfance rythmée par les saisons, les odeurs, les récoltes, les coups du sort météorologiques, et cet épisode de grêle qui a bouleversé l’équilibre familial et a tout changé… jusqu’à déclencher le pire. « Je n’ai compris que bien des années plus tard le sentiment d’impuissance de mes parents, leur urgence permanente, à devoir toujours aller chercher le repas du lendemain, à vivre les yeux rivés à la colère du ciel, aux feuilles, à la terre. Nos vies dépendaient de bien plus grand et plus puissant que nous, de ce qu’on n’appelait pas encore le climat, de cet invisible que je voyais, moi, casser le dos de Joseph quand il rentrait le soir des champs et souiller de terre les ongles de Madeleine qu’elle cachait sous des gants lorsqu’elle allait à la messe. »

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C’est déjà l’heure du bilan lecture puisque le mois de juin est terminé. Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais moi, je n’ai pas vu les premiers mois de cette année passer. Enfin les vacances, on va pouvoir vivre sans montre et sans horaires ! Globalement, j’ai eu de très bonnes lectures ce mois-ci, éclectiques, et surtout riches en émotions. Certains romans ont été chroniqués, d’autres sont en attente de chronique, je ne me mets pas de pression. J’ai eu la chance de pouvoir lire 3 romans de la rentrée littéraire et je remercie les éditeurs de leur confiance. Enfin, le mois de juin a brillé par mon premier Saint-Maur en poche, nouvelle version où j’ai pu avoir des discussions passionnantes avec les auteurs, en revoir certains, mais aussi faire connaissance avec d’autres que je n’avais jamais vus « dans la vraie vie ». Ce week-end a été FABULEUX ! Et vous ? Quelles lectures formidables avez-vous faites ce mois-ci ? Quels livres sont déjà dans vos bagages ? Bonnes vacances à tous, prenez soin de vous.  Lire la suite

Anouk Shutterberg m’avait épatée l’année dernière avec « Jeu de peaux », un thriller d’excellente facture, véritable invitation au voyage et plongée dans l’art contemporain. J’avais été fascinée par son habilité à m’emporter dans le monde de l’art et du tatouage, et dans l’incapacité de refermer son roman tellement je l’avais trouvé bon et immersif. Elle revient cette année avec « Bestial », toujours édité aux éditions Plon. Si l’on retrouve certains personnages de « Jeu de peaux » auxquels je me suis beaucoup attachée, elle change de lieux et de thématiques pour une nouvelle enquête qui fait froid dans le dos. 

En 2007, 5 jeunes filles âgées d’une douzaine d’années disparaissent. En 2019, bis repetita, enlèvement de 5 autres adolescentes. En 2020, Mathilde disparaît en plein Paris alors qu’elle visitait la capitale avec sa famille. C’est le Commandant Stéphane Jourdain qui est chargé de l’enquête, secondé par la Capitaine Lucie Bunevial désormais riche et célèbre grâce à l’héritage Rizzoni (voir premier tome).

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Elin Hilderbrand possède la particularité d’emmener ses lecteurs sur l’île de Nantucket située au sud-ouest de Boston. « Été après été » ne déroge pas à cette règle. Mallory, étudiante à New York, se voit offrir une maison à Nantucket par sa tante Greta. Ravie de fuir la ville et sa colocataire difficile à vivre, elle s’installe avec bonheur dans ce lieu avec vue sur la mer. Son premier week-end, celui de « Labor Day » aux États-Unis, soit le premier lundi de septembre, elle le passera en compagnie de Cooper, son frère adoré et de ses amis les plus proches Frazier et Jake. Dès le premier regard, ce qui se joue entre Mallory et Jake est une évidence. Une osmose parfaite et l’envie de passer du temps ensemble, tout en respectant les choix de vie et les envies de l’autre. Ils se retrouveront chaque année durant 28 ans, tous les week-ends de Labour Day, « no matter what » (quoi qu’il se passe) pour un « même heure, l’année prochaine ».

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« Sous l’eau » avait tout pour me plaire : une couverture alléchante, une partie de l’action qui se déroule à Bora-Bora où j’ai été deux fois, un couple qui fait de la plongée dans cet aquarium à ciel ouvert où ils découvrent quelque chose qu’ils n’auraient jamais dû voir… et cette accroche « Plus d’un million de lecteurs conquis. » Sans doute, aurais-je dû me méfier !

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« La preuve des contraires » est un récit qui se déroule sur deux temporalités : celle du présent en 2019, et celle du passé 3 ans plus tôt, en 2015. L’action de 2019 oscille principalement entre deux personnages : Julia Hall et l’inspecteur Rice. Leurs échanges et leurs souvenirs ramènent tout naturellement le lecteur vers 2015. Celui-ci est assez vite persuadé que l’histoire qui va être racontée concerne principalement Julia, mais l’auteur prend finalement un chemin très différent. En 2015, le récit devient un roman choral où plusieurs personnages relatent tous à leur tour les faits. L’essentiel du roman est axé sur la famille Hall. Tony, le frère aîné est marié avec Julia. C’est son plus jeune frère, Nick qui va être la victime d’une agression effroyable. L’inspecteur Rice sera alors chargé de l’enquête. Grosso modo, nous avons ici l’essentiel des protagonistes dont chacun livrera sa vérité, et surtout ses émotions face à cet acte abject. Caitlin Wahrer est bien dans une logique de construction de récit sur qu’on appelle communément « Aftermath » aux États-Unis, c’est-à-dire ce temps qui succède à un évènement traumatique.

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Détourner le regard pour ne pas percevoir la misère ou la souffrance. Faire semblant de regarder ailleurs, ne pas voir, ne pas entendre, ne pas sentir. Avancer. Éviter de s’appesantir sur le dénuement. Résister au pouvoir d’imaginer quelle fut la vie de celles et de ceux qui habitent sur nos trottoirs, sous nos ponts, près des bouches d’aération qui renvoient de la chaleur en hiver. Ignorer. Par honte, par gêne, par refus d’images intrusives dans nos quotidiens bien huilés. Eddy, 10 ans, tombe sur une SDF morte dans la rue. Cette image le hantera durant vingt ans. Qu’a-t-il à se faire pardonner ? Pourquoi cette obsession de vouloir réparer ? Qu’espère-t-il trouver à travers cette quête : redonner un nom, reconstruire l’histoire personnelle de cette femme dont le visage l’obsède ? Eddy n’a pas eu une vie facile. Casanier, gêné dans ses rapports à l’autre, honteux de son passé, « inapte à l’existence », c’est son métier de veilleur de nuit et surtout une émission de radio « La nuit de Luciole » qui lui redonne le goût d’entreprendre, de réparer, de remonter le fil du passé. Il s’en passe des choses la nuit… c’est un tout autre monde qui ouvre ses portes. « Toi et moi allons additionner nos solitudes et traverser le pont jusqu’à l’aurore. » La nuit, c’est l’heure des confidences chuchotées, des aveux murmurés à des inconnus, et, parfois, des révélations. 

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« Le magasin des jouets cassés » fait partie de ces romans qui, quelle que soit l’époque, quel que soit le moment, quel que soit le vécu du lecteur distille des vérités qu’il est bon de réentendre et de relire. Cela lui confère une dimension éternelle, presque immortelle tant il délivre des messages sagaces et éclairants. Julien Rampin est un brillant observateur de ses contemporains, bienveillant, toujours en recherche du verre à moitié plein, une âme qui semble avoir vécu mille vies tant l’œil qu’il pose sur les êtres qui l’entourent est sage : sa vie, comme ses romans, est un poème.

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Avec un peu de retard, voici mon bilan lecture du mois de mai. Des lectures éclectiques, de beaux coups de cœur, mais aussi des abandons que je n’attendais pas forcément. Il y a eu beaucoup d’abandons ce mois-ci dont je ne vais pas forcément parler puisque certains ont eu lieu avant la page 50… et je ne peux décemment pas vous donner un avis dans ces cas-là. Grosso modo, il y a eu autant d’abandons que de lectures terminées, c’est dire ! Certains romans attendent toujours patiemment dans ma PAL…. J’attends le moment propice pour les savourer, je ne me mets plus aucune pression. Ainsi, le plaisir de lire est revenu, j’espère reprendre bientôt les chroniques de façon un peu plus assidue. Je vais profiter de l’été pour faire un petit break, mais on se retrouve sans faute pour la rentrée littéraire. Je vous embrasse.  Lire la suite

Benoît Philippon possède l’art du récit. Il a les images dans sa tête et y appose des mots. Rajoutez à cela une vraie dextérité des dialogues, de la virtuosité dans les échanges, une sacrée dose d’humour, des personnages hauts en couleur et un vrai scénario, vous obtenez ici tous les ingrédients nécessaires pour monter un vrai bon film… sauf qu’ici, le film est sur papier. L’aspect cinématographique de ses romans est sa marque de fabrique. Plus visuel, tu meurs. Au centre, il construit de vrais personnages susceptibles d’être croisés dans la vie réelle. Une mamie Calamity Jane dans « Mamie Luger », une tornade féminine dans « Joueuse », un père looser de formation dans « Petiote ». 

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Vendredi 27 mai, j’ai eu le plaisir d’être invitée à Paris par Audiolib, dans le cadre du prix du jury 2022, pour discuter avec d’autres membres du livre audio. Cette journée a été réellement formidable et ce fut un bonheur de pouvoir partager nos impressions autour de ce support. Après une visite de radio Nova, nous avons eu la chance de pénétrer dans l’antre d’enregistrement du livre audio.

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Bonjour à tous,

Voici quelques sorties repérées au gré de mes pérégrinations sur différents sites pour le mois de juin. Elles reflètent mes propres envies, n’hésitez pas à me dire ce que vous avez repéré de votre côté. La première moitié de l’année s’achève et je vais en profiter pour m’éloigner un peu des réseaux, me ressourcer afin de pouvoir attaquer sereinement la rentrée littéraire qui est une période que j’adore. Il y a déjà trois romans de cette rentrée que j’attends avec une grande impatience, je vous en dirai plus très prochainement. En attendant, je vous souhaite d’excellentes lectures, de belles découvertes et surtout de bonnes vacances. Je vous embrasse.  Lire la suite

Sylvain Bragonard exerce un métier peu conventionnel, mais pourtant essentiel, celui de thanatopracteur : pour quelques heures, il redonne aux morts un sursaut de vie. Pour cela, inutile de se fier à une photo donnée par la famille, Sylvain possède une méthode bien à lui : Il renifle les cadavres, et par les odeurs qui s’en dégagent, il parvient à reconstituer leur personnalité. Un vrai don pour ce Bragonard, qui, a une lettre près, suivait les traces d’un parfumeur bien connu. D’ailleurs, parfumeur était bien la carrière que Sylvain envisageait avant… un terrible drame personnel. Taiseux, taciturne, peu sociable, le Bragonard est un animal triste qui préfère la compagnie des morts à celle des vivants. Mort, il l’est d’ailleurs un peu, métaphoriquement j’entends. Il n’y a véritablement que ses horribles habitudes alimentaires qui provoquent suffisamment de secousses pour que son corps réagisse encore un peu. Alors, quand Alice entre dans sa vie, c’est comme un tremblement de terre de force 8 sur l’échelle de Richter. Alice écrit une thèse sur les thanatopracteurs, elle tutoie ceux qui côtoient la mort, mais elle est bien vivante. Solaire, drôle, pleine de vie, Alice est tout l’inverse de Sylvain. Son premier objectif est de lui arracher un sourire (et ça, ce n’est pas gagné…) et de percer à jour le secret de cet embaumeur cadavérique, suceur compulsif de bonbons à la menthe, force 8 !

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Après avoir été licencié du jour au lendemain, Brendan, la cinquantaine se retrouve sans emploi. Pour parer au plus pressé et gagner de l’argent rapidement, il décide de travailler pour Uber. Au volant de sa voiture, les clients se succèdent, certains plus odieux que d’autres, dans ce Los Angeles labyrinthique où la richesse la plus insolente côtoie la misère la plus désastreuse. Lorsqu’il prend Élise au hasard d’une course, rien ne lui permet d’anticiper le cataclysme sur le point de bouleverser son existence. Et pourtant… les évènements qu’il va vivre vont obliger cet homme durement touché par la crise, marié et père d’une fille, à reconsidérer ses priorités et à s’interroger sur des questions essentielles.

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