Aude Bouquine

BLOG LITTÉRAIRE

La fratrie s’agrandit. Après écouter, regarder, toucher, un quatrième sens est mis à l’honneur dans ce dernier recueil « Respirer le noir ». Il faut beaucoup aimer les nouvelles et la littérature de genre pour s’atteler encore une fois à mettre en lumière des textes courts, un peu boudés par les lecteurs plus friands de romans. Il est vrai que se frotter à l’exercice de la nouvelle est périlleux, et qu’en peu de mots, il faut susciter un attachement immédiat au récit, aux personnages, faire naître l’émotion comme on craque une allumette, et proposer une fin originale que le lecteur gardera en mémoire. Et pourtant, quel résultat ! Le coordinateur du projet, Yvan Fauth, n’a pas ménagé ses efforts depuis le début de cette aventure. Parce que la nouvelle, lui, il y croit. Il la défend. Il veut lui redonner ses lettres de noblesse. Il m’a d’ailleurs réconciliée avec le genre, moi qui en lisait très peu. Cette année, il s’offre une affiche à faire pâlir. Il y a les fidèles, le duo Barbara Abel/Karine Giebel, RJ.Ellory, et les nouveaux dont Franck Bouysse, Sophie Loubière, Hervé Commère, Jérôme Loubry, Dominique Maisons et toute la troupe de ceux que vous allez découvrir. Une palette impressionnante de talents regroupés sous un même chapiteau.

Avez-vous déjà pris le temps de focaliser sur votre respiration, de prendre conscience de tout ce qui se joue lorsque vous inhalez profondément ? Ce nouvel opus focalise sur les sens olfactifs, mais il vous dévoilera que l’on peut respirer de différentes façons… Chaque auteur possède sa propre interprétation de « Respirer », et chacun à sa manière réussit à vous coller des frissons, que l’air soit vicié, étouffant ou vivifiant. De nombreuses odeurs flottent ici, celle du laurier rose, celle du jasmin ou de la lavande, celle du sang, celle de la mort, celle du poisson, celle de l’haleine, celle de l’(in) humanité, celle des divagations humaines, celle des apparences, celle d’un potentiel futur. Les effluves noirs ondulent à chaque texte, mais pas seulement…

« Respirer le noir » est sans doute mon préféré des quatre tomes parce que les nouvelles sont profondément ancrées dans notre époque, donc dans mes préoccupations. Sans doute est-ce cette proximité avec notre réel qui fait que chaque texte me parle intimement. Ces nouvelles possèdent le charme d’une résonance très actuelle et fleurent bon l’air du temps. De facto, à mon sens, « Respirer le noir » est plus cérébral, et laisse place à de vraies méditations personnelles après chaque lecture. Ne vous y trompez pas, plus intellectuel ne veut pas dire sans EmOtionS. Des émotions, vous allez en ressentir à la pelle, suffoquer, transpirer, vous asphyxier, puis sourire, déstresser et même visualiser votre futur. 

« Respirer le noir » berne vos sens grâce au « parfum du laurier-rose » R.J Ellory

« Respirer le noir » va s’inscrire comme « Le tarin number one des réseaux sociaux » Sophie Loubière

« Respirer le noir » s’abat sur vos émotions comme « des insectes kamikazes remplis d’humeur transparente » Franck Bouysse

 « Respirer le noir » est « Un cristal qui sent » merveilleusement bon. Mø Malo

Le parfum de « Respirer le noir » flottera bien plus longtemps que « Deux heures et trente minutes » dans vos esprits. Dominique Maisons

« Respirer le noir » demeure « cent fois plus puissant que le sarin » François-Xavier Dillard.

« Respirer le noir » parcourt « cette ville noire, dans ce pays noir, dépouillé de sa rage et de ses illusions. » Adeline Dieudonné

Dans « Respirer le noir » existe un lieu de vacances « où tant de drames s’étaient noués. » Hervé Commère

« Respirer le noir » vous installe « un implant d’analyse » et « une interface neuronale. » Il devient un « pirate de cerveau. » Vincent Hauuy 

« Respirer le noir » incarne le « nez de la mort » Jérôme Loubry 

« Respirer le noir » provoque « l’amour à mort » Chrystel Duchamp

« Respirer le noir » est le « Novitchok » qui va hanter vos nuits. « (…) il suffit de le toucher pour en mourir. » Barbara Abel/Karine Giebel

Pour terminer, pardonnez-moi d’utiliser les mots des auteurs en les détournant. Je souhaite à « Respirer le Noir » de provoquer de nombreuses hallucinations olfactives. « (…) je trouverais le moyen de propager ce cadeau du ciel. »(Franck Bouysse) pour qu’il inspire de nombreux lecteurs. Au « Yvan, le charbonnier (…) un homme gentil et triste » (Adeline Dieudonné) je dis merci, tu as rassemblé autour de toi de belles personnes qui nous ont offert des textes, profonds, sincères, intelligents et émouvants. Tu peux être fier de toi (allez, souris) et d’eux !

ECOUTER LE NOIR, sous la direction de Yvan Fauth – Belfond, sortie le 16 mai 2019.

REGARDER LE NOIR, sous la direction d’Yvan Fauth – Belfond, sortie le 11 juin 2020.

TOUCHER LE NOIR, sous la direction d’Yvan Fauth – Belfond, sortie le 3 juin 2021.

7 réflexions sur “RESPIRER LE NOIR, sous la direction d’Yvan Fauth – Belfond, sortie le 5 mai 2022.

  1. laplumedelulu dit :

    Wooowww. Merci à toi Aude. 🙏😘

  2. Yvan dit :

    Tu as ressenti et tu as analysé ce recueils et tous ces formidables textes comme j’ai pu le faire ! Et ça c’est un pur bonheur, quand on voit ainsi que ça fonctionne et ça résonne chez une lectrice comme toi ! Un immense merci pour tes mots, merci pour les auteurs.

  3. Lord Arsenik dit :

    Je ne suis pourtant pas un grand fan de nouvelles (sauf quand elles sont signées Stephen King) mais j’avoue volontiers que ces recueils m’ont réconcilié avec le genre.

  4. Encore un recueil dont je n’ai fait qu’une bouchée ! Yvan m’a convertie au format !

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