Aude Bouquine

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Les dérives des partenariats littéraires, partie 2, Aude Bouquine

Après avoir décortiqué les dérives structurelles dans « La vérité sur les partenariats éditeurs », il est temps d’entrer au cœur de ce que ces pratiques provoquent réellement. Derrière ces mises en scène, cette injonction à plaire à tout prix, une autre réalité se dessine, « Les dérives des partenariats littéraires » : une critique littéraire qui se transforme en publicité, en marketing pur. La transparence se trouble et les mots sont savamment choisis pour ne froisser personne. D’abord imperceptible, ce glissement progressif a fini par contaminer l’ensemble du paysage littéraire. Ce n’est plus seulement une question d’esthétique, c’est un changement de nature. En effet, l’avis argumenté s’efface derrière la mise en scène, les nuances du texte derrière les exaltations obligatoires, la réflexion derrière la performance.

Il existe un autre acteur dans ce paysage littéraire que ceux évoqués dans la partie 1 : le partenaire rémunéré qui accepte une compensation financière pour présenter un livre et le mettre en avant.
Ce nouvel arrivant brouille encore davantage les frontières entre critique et communication. Ces partenariats sont nés de plusieurs évolutions : l’explosion du marketing d’influence, les croyances que la visibilité sur Instagram et/ou TikTok serait décisive sur les ventes (alors que réellement, elle ne peut pas être mesurée), et la professionnalisation de certains comptes. Dans cet article, j’interroge précisément cette dérive : comment garder un discours critique sans le transformer en publicité ? Car lorsqu’un livre devient un « produit », il cesse d’être un texte à rencontrer.

Il est vrai que, dans d’autres secteurs, tels que la beauté ou la mode, ces collaborations commerciales sont assumées. Mais, dans l’espace littéraire, elles créent un paradoxe. Le vrai problème ne réside pas dans le fait qu’un créateur de contenu soit rémunéré. Il s’agit plutôt de questionner sa transparence, un principe essentiel que je veux rappeler dans « Les dérives des partenariats littéraires». Lorsqu’un avis payé est présenté comme un coup de coeur désintéressé, on dépasse le seuil de la communication. Il s’agit en réalité d’un travestissement. Un trouble moral s’installe : on ne sait plus si on lit un lecteur… ou une ligne budgétaire.

Si l’on peut aisément en comprendre les motivations, le temps passé (lire, chroniquer, travailler le contenu visuel, soit le même que pour un chroniqueur lambda), la reconnaissance par l’argent qui confère une preuve de « professionnalisation», il est plus difficile de faire confiance, car la monétisation des contenus achète le ton. Quand il y a rémunération, différentes problématiques entrent en ligne de compte.
D’abord, la tentation d’adoucir le jugement, et la difficulté de dire « je n’ai pas aimé », car aucune maison d’édition ne paiera pour une chronique mitigée ou négative.
Ensuite vient l’obligation contractuelle de publier, livre terminé ou pas.
Enfin, on s’approche d’une homogénéisation des discours : tout est beau, touchant, magnifique. Or, l’éloge n’est pas synonyme de critique, mais de communication et de marketing.
À long terme, les lecteurs ne savent plus qui croire, les retours se ressemblent tous et ces collaborations deviennent « suspectes ». Ainsi, la parole perd en indépendance et en liberté ce qu’elle gagne en visibilité. Elle devient une illusion de « richesse » qui appauvrit tout. C’est ainsi que se fabrique une littérature aseptisée, où l’audace critique disparaît au profit de la convenance.

Et cette pression ne concerne pas seulement les partenariats rémunérés : même les partenaires non payés savent qu’une chronique franchement négative peut les priver de services de presse. L’honnêteté devient un risque, presque une faute professionnelle, et je voulais que cela soit mentionné dans « Les dérives des partenariats littéraires ». Cette autocensure rampante transforme peu à peu la critique en terrain miné : chacun avance prudemment, au détriment de la vérité du texte.

Si l’idée des maisons d’édition est d’accéder à un public plus large, d’occuper le terrain sur les réseaux et d’obtenir une représentation positive, elles oublient plusieurs réalités.
Une audience n’équivaut pas à un lectorat : plusieurs centaines de followers n’impliquent pas forcément des lecteurs supplémentaires.
La confiance des lecteurs est la monnaie la plus précieuse : une prescription rémunérée a moins de poids qu’une critique exigeante.
Enfin, ces collaborations rémunérées effacent les voix indépendantes et la diversité des regards, comme les critiques mitigées. En conséquence, ce sont toujours les mêmes voix qui dominent. Elles s’expriment avec les mêmes adjectifs. Ainsi, les mêmes livres se retrouvent en tête de gondole d’Instagram, tandis que des lectures plus singulières, moins « standard » disparaissent dans l’ombre. Les livres exigeants, plus silencieux, plus denses n’ont tout simplement plus le temps d’exister dans cette économie de l’instant.

Il faut ajouter à ces effets pervers le poids du flux. En effet, il faut poster souvent, montrer, s’exposer, présenter ses réceptions ou ce qu’on lit, et qu’on adore. Alors, on poste plus qu’on ne lit. Ces plateformes dictent le temps et la parole. Dans cette course, le lecteur devient performeur, et la pensée s’amenuise pour se conformer au rythme.

Dans « Les dérives des partenariats littéraires », cette mécanique implacable, je ne voulais pas oublier les auteurs, ceux pour qui un roman représente des mois de travail et d’espoirs. Lorsqu’une « chronique » se résume à une 4e de couverture légèrement retravaillée, que le livre est réduit à un accessoire décoratif, que pensent-ils ? Leur texte a-t-il réellement été lu ? Cette mise en scène permanente nie la plume de l’écrivain, ses intentions, son souffle. Le livre devient un prétexte visuel. Leur travail mérite mieux que des retours mécaniques interchangeables. Un auteur peut supporter la critique, jamais l’indifférence. Ce qu’il redoute le plus, ce n’est pas qu’on n’aime pas son livre : c’est qu’on ne l’ouvre même pas. Et cette forme de silence poli, recouvert d’emojis et de jolies photos, est sans doute la violence la plus moderne faite à la littérature.

En off, certains auteurs témoignent d’une réalité alarmante. Si leurs livres sont très présents sur Instagram, leurs chiffres de vente ne reflètent pas forcément cette occupation du terrain. Les livres photographiés sous toutes les coutures ne sont pas toujours le reflet d’une lecture. Certains auteurs finissent même par découvrir leurs textes en vente sur Vinted avant même la sortie officielle, et avant la parution de la moindre chronique. Il y a ici une double sanction : un effort créatif réduit à un produit de consommation et une absence d’analyse incompréhensible. À travers ces « dérives des partenariats littéraires », il faut comprendre que le contenu du livre et le livre lui-même sont dévalués. Le texte n’est plus un monde : il devient un objet jetable. Finalement, quand tous les contenus sont interchangeables, comment croire encore à ce que l’on a écrit ? La visibilité sans lecture est une illusion cruelle.

Le plus dommageable concerne les lecteurs, car ce qui se joue ici est essentiel. Lorsqu’une critique rémunérée est présentée comme une lecture authentique, le lecteur peut se sentir trompé. Alors, sa confiance s’effrite. La raison même de la chronique littéraire perd de sa crédibilité. Et lorsqu’il se rend compte que les « avis », tous identiques, sont biaisés, ce même lecteur risque de se détourner du livre lui-même. Ces dérives abîment la lecture refuge et le pouvoir de la transmission sincère. La littérature devient un décor plutôt qu’une expérience, et cela, c’est un appauvrissement culturel profond. Pendant ce temps, les plateformes, elles, ne s’en émeuvent pas. Les algorithmes privilégient les émotions simples, les superlatifs, les emojis, les visages en gros plan et la musique. Tout le reste performe beaucoup moins bien. On ne lit plus pour comprendre, mais pour « valider ». On ne recommande plus pour transmettre, mais pour exister.

Au cœur de ces « dérives des partenariats littéraires», une question se pose pour les vraies critiques, complètes et fouillées, qui analysent le fond et la forme. Celles-là sont noyées sous un flux de contenus promotionnels, éclipsées par des posts « glamour », la nuance et la profondeur passent pour trop exigeantes, la qualité disparaît au profit de la quantité et de la positivité forcée.
Les lectures exigeantes, les textes denses, les écritures singulières sont les premières victimes de ce système. Elles demandent du temps, de la disponibilité, parfois même plusieurs jours de maturation avant de pouvoir en parler. Elles s’accommodent mal de la story « en temps réel », de la consommation minute. Alors, on choisit souvent la facilité : le roman court, rythmé, immédiatement « instagrammable». Les dérives des partenariats littéraires fabriquent ainsi un paysage où certains livres n’ont presque aucune chance d’exister. Les œuvres plus ambitieuses, elles, demandent un temps long que le réseau ne sait plus accorder. Elles deviennent des lectures invisibles, absentes des feeds.

Il est donc nécessaire de définir son éthique et de passer un contrat moral avec ses lecteurs. « J’ai lu ce livre et je vais vous dire réellement ce que j’en ai pensé. »
L’idée est d’accepter qu’il n’existe pas de « valeurs sûres » en littérature, ni d’auteurs qui ne déçoivent jamais, ni de copinage.
Il faut analyser le texte dans sa globalité, le relier avec les émotions ressenties, imaginer les traces qu’il va laisser.
L’honnêteté se joue avec le livre, avec son auteur et avec son futur lecteur, en respectant au maximum le savoir-être et en déroulant son argumentaire. Cette démarche est précisément celle que revendique cet article, qui défend une parole libre, exigeante et argumentée. À mon sens, c’est le seul antidote possible dans ce paysage qui confond visibilité et vérité. Une critique n’a jamais pour vocation de plaire, elle a pour vocation de comprendre. Il faut accepter de perdre un service de presse pour conserver sa liberté de parole.

Soyons clairs, beaucoup d’éditeurs travaillent avec passion. Mais cette industrie est devenue une machine qui doit tourner vite. La durée de vie d’un livre est de trois mois en librairie. Si, durant ce laps de temps, il n’a pas fait sa place, la partie est perdue. Les attachés de presse sont sous tension. L’importance accordée aux chiffres devient colossale. Les éditeurs suivent un système qu’ils n’ont pas inventé, mais dans lequel ils jouent une place prépondérante, car ils le cautionnent. Ce rythme effréné est incompatible avec une lecture profonde. Il crée un écosystème où le texte n’a plus le temps de respirer et où l’exigence se heurte à l’urgence commerciale.

Avant d’accepter ou de demander un partenariat, il faudrait se poser des questions simples : ai-je vraiment envie de lire ce livre ? Serais-je capable d’en parler avec sincérité si je ne l’aime pas ? Est-ce qu’une chronique sur ce livre déclenchera une envie de lecture chez un autre lecteur ? Ces interrogations, essentielles à toute démarche honnête, doivent pallier « Les dérives des partenariats littéraires ». Elles rappellent que l’essentiel n’est pas de recevoir un livre, mais d’y plonger, de s’en imprégner et de ressentir des émotions. Le service de presse ne devrait jamais être une monnaie d’échange. Il est une invitation, pas un contrat de loyauté.

Dans un monde idéal, les partenariats devraient être plus raisonnés, et plus structurés. Envoyer le livre à la bonne personne parce qu’on a regardé son compte et qu’on s’est intéressé à son travail. Car lorsqu’un service de presse est envoyé à quelqu’un qui n’a ni le temps ni le désir de le lire, il ne devient pas un relais de lecture. Il finit en vente sur Vinted. C’est le signe le plus clair d’un système mal calibré, car un livre envoyé au mauvais lecteur n’existe pour personne. L’adresser suffisamment en amont pour que le temps de lecture soit raisonnable avant parution (comme cela se pratiquait il y a quelques années avant que des dizaines de chroniques soient publiées bien AVANT la sortie du livre). Favoriser des critiques « libres » qui ne remettent pas en cause un partenariat sous prétexte de ne pas suivre la ligne du parti (la chronique dithyrambique). Sortir de cette course infernale aux Followers qui poussent certains à faire tout et n’importe quoi, à dire tout et n’importe quoi. Valoriser le fond, la réflexion, la rédaction, les idées développées plutôt que le visuel où le livre est mis en scène. Tout le sens de cet article sur « Les dérives des partenariats littéraires » invite à réintroduire une éthique au cœur de la chaîne du livre.

Car, aujourd’hui, trop de publications coups de coeur cachent des transactions. Trop d’avis enthousiastes sont en réalité des obligations contractuelles ou reflètent des peurs de perdre des partenariats. Trop de « j’ai adoré » parce que les comptes et leurs partenariats dépendent de cette phrase. En réalité, ces dérives contaminent tout un système. Elles façonnent une économie de la recommandation où le doute devient permanent : doute du lecteur, doute de l’auteur, doute du partenaire lui-même.
Elles infectent les influenceurs eux-mêmes parfois enfermés dans un rôle qu’ils n’ont pas toujours choisis, ou qui voudraient ralentir. Sauf que l’algorithme ne pardonne pas non plus les changements de rythme. Le système les lisse, préfère la vitrine au texte. Elles blessent aussi les auteurs qui voient leur travail réduit à des objets de décoration. Leurs livres sont noyés dans un flux où l’image prime sur le contenu. Enfin, elles désorientent les lecteurs, quand ils comprennent que certaines recommandations relèvent d’un accord plutôt que d’un coup de coeur. Dans « Les dérives des partenariats littéraires », j’ai voulu montrer comment se construit cette immense mise en scène à laquelle chacun participe d’une façon ou d’une autre.

Il est urgent de retrouver du sens, de défendre l’analyse, la précision, la lenteur, de redonner de la valeur à la sincérité et de remettre au centre le texte, l’expérience intime de la lecture et l’émotion. Car la littérature ne réclame rien, sinon qu’on la lise vraiment.

D’autres articles à suivre…

La vérité sur les partenariats éditeurs, partie 1

ARPP, recommandations influenceurs

41 réflexions sur “Les dérives des partenariats littéraires.

  1. Yvan dit :

    C’est juste parfait. Rien à rajouter, tu dis tout de manière juste et forte. Merci, ce que tu fais là est essentiel, courageux et humainement admirable. Je te suis complètement !

  2. Aude Bouquine dit :

    Tu sais à quel point ton avis compte.
    Je ne sais pas si c’est humainement admirable mais il fallait que ce soit dit.

  3. Yvan dit :

    ah si si, je t’assure, ça l’est. Un gros bol d’air pur dans une atmosphère de plus en plus viciée

  4. Faivre dit :

    Bravo Aude et merci pour ce texte si juste et pertinent !

  5. Anonyme dit :

    Bonjour Aude,

    Lectrice passionnée, enthousiaste et exigeante, j’apprécie depuis longtemps vos chroniques et vous lis toujours avec grand intérêt. Ces deux articles sur les partenariats littéraires sont non seulement intéressants mais aussi instructifs pour quelqu’un qui, comme moi, est éloignée du monde éditorial mais également des réseaux (a)sociaux. Je vous remercie donc d’attirer l’attention des lecteurs sur ces dérives.
    Et puis, un grand merci pour toutes vos critiques, qui m’ont fait découvrir des autrices et auteurs ainsi que des pépites ! Je nous (!) souhaite que vous continuiez longtemps. Tous mes voeux de joyeuses fêtes.
    Bien cordialement. Elisabeth Tauzin.

  6. Anonyme dit :

    Toujours aussi excellent, pertinent, juste. Des vérités incontestables, un paysage littéraire qui résume à ces chiffres de vente.

  7. killing79 dit :

    Je n’ai jamais reçu aucune récompense pour un partenariat. Mais malheureusement, comme tu le dis si bien, je suis obligé de faire un gros travail de « communication » si je veux continuer à en recevoir ! J’essaye de garder mon indépendance mais c’est de plus en plus dur… Je continuerai, tant que je prendrai du plaisir sinon…

  8. Anonyme dit :

    Suite de l’article tout aussi pertinent et intéressant que la première partie. C’est si juste ce que vous dites.
    J’ai constaté ces dérives qui m’éloignent de plus en plus de l’envie et du plaisir de partager mes lectures sur mon blog. Je continue à lire pour moi, pour me nourrir, et parce que la lecture fait partie de moi. Je lis vos chroniques avec plaisir car elles sont sincères. Bravo pour cet article et belle continuation. Fabienne

  9. Aude Bouquine dit :

    Travail de communication que je comprends fort bien… Anthony tu fais plus que ta part pour recevoir des SP, retours écrits creusés et vidéos. Et tu fais encore partie de ces anciens qui font le job correctement.

  10. Aude Bouquine dit :

    Merci pour ce retour Fabienne. Je suis bien d’accord sur cette envie qui disparaît progressivement…

  11. Aude Bouquine dit :

    Et c’est bien dommage !

  12. speedilywidget426c093781 dit :

    Cet article reflète tout à fait ce que je pense également… mais quand tu dis que rien ne prouve que les followers achètent effectivement les livres, tu as sans doute raison à force de suivre les influenceurs, leurs contenus de plus en plus fréquents etc…on perd un temps fou sur nos loisirs et sur nos temps de lecture ! Je conçois également que ceux qui créent un contenu de qualité méritent notre attention. De mon côté, je ne regarde que les vidéos de ceux qui présentent également des classiques, leurs commentaires sont sans doute plus authentiques que sur les parutions récentes et puis à force ça se sent si la personne a quelque chose de pertinent à dire ou non.
    Je ne déteste rien de plus que ces influenceurs qui présentent les livres qu’ils ont acheté, qu’ils ont reçu, trouvé peut importe et qu’ils vont peut être commenter plus tard et qui feront l’objet d’une future vidéo… en fait ils n’ont rien à dire, si je veux une liste des parutions du mois, je peux la trouver sans eux … allez on zappe, adieu l’ami(e) !

  13. Fattorius dit :

    Bonjour Aude! Ainsi, il y a des blogolecteurs qui sont rétribués pour leurs publications livresques? Gosh! En effet, ça devient du publireportage.
    Dans ce débat, j’ajouterais encore les auteurs auto-édités dans l’équation: certains recherchent aussi les comptes à forte audience/communauté pour des chroniques, et évincent des blogs plus confidentiels mais parfois plus exigeants et quand même bien installés. Sans oublier qu’il arrive que certains auteurs envoient la meute de leur fans’ club à l’assaut d’un blogueur/chroniqueur en cas de chronique porteuse ne serait-ce que de réserves et nuances par rapport à un ouvrage.
    Une fois de plus, merci pour ce partage d’impressions et d’arguments!

  14. Une publication très intéressante, Aude. Ce que tu dis dans ton article explique en partie pourquoi, ces derniers temps, j’ai beaucoup de mal à me diriger vers les « nouveautés », car je fais une overdose des avis unanimes que l’on voit fleurir partout. Ce sont ces dérives et un ras-le-bol général qui m’ont incitée à retirer mes chroniques de quasiment tous les réseaux de lecture en septembre dernier.

    Concernant les critiques, je n’en écris pas, car je ne me sens pas légitime à le faire, intellectuellement et culturellement parlant j’entends, mais j’aime beaucoup en lire, surtout lorsqu’elles concernent des livres exigeants, à propos desquels tu te poses une multitude de questions. Et c’est aussi pour cette raison que j’aime les blogs, parce que le format permet d’approfondir un sujet autant qu’on le souhaite, sans limite de caractères. Et je te rejoins totalement sur le fait que ce genre d’ouvrages sont plus difficilement « vendables » sur un réseau social. Ils cadrent mal avec la politique du scroll, et sont donc invisibilisés. Ce qui fait qu’on a souvent l’impression de voir toujours les mêmes livres sur les réseaux.

    Pour ma part, je me sens plus à l’aise (et légitime) à l’idée d’écrire des chroniques. J’aime cette exaltation qui m’habite quand je couche par écrit ce que j’ai ressenti durant ma lecture. C’est mon âme qui parle, alors ce n’est pas toujours bien écrit mais c’est sincère. 😁

    Malgré tout, ces dérives ne m’inquiètent pas plus que cela, dans le sens où, si on prend un peu de recul, la majorité de la population qui lit n’est pas inscrite sur les réseaux sociaux et se fie à son instinct et aux libraires pour choisir un livre. Nous qui donnons notre avis par le biais d’un blog ou d’un réseau social (simple lecteur qui partage son ressenti ; influenceur ou partenaire, rémunéré ou non), nous ne représentons qu’une infime partie du lectorat, et par conséquent, ne sommes lus que par une infime partie du lectorat. Même si, comme toi, je pense qu’il est problématique que des avis rémunérés dithyrambiques ne soient pas sincères, car ils encouragent l’achat d’un livre pour de mauvaises raisons. D’ailleurs, cela soulève un autre problème, celui de la surconsommation de livres, ceux qu’on achète et qu’on ne lis pas.

    Bref, je conclus en disant que j’adore ce genre d’articles, qui engagent la discussion, et que j’aime cette honnêteté qui te caractérise. Merci Aude !

  15. Aude Bouquine dit :

    Merci pour ton long commentaire ! Il y a tellement de sujets à développer ! Mais tu le dis très bien : Instagram ne reflète pas la communauté des vrais lecteurs. Les chiffres du blog me le prouvent tous les jours. Cela reste un toute petite partie du lectorat qui a envie de se donner une très grande importance….

  16. laplumedelulu dit :

    Je l’attendais impatiemment. Suis pas déçue du voyage. Plus de cinq ans sans aller sur mon compte insta. Cela me manque beaucoup quelque fois, mais je préfère dorénavant suivre les blogs, où je me retrouve et où l’on se sent bien. Comme ça, je choisis moi même qui je dois lire, et ce que je dois lire ensuite ou simplement noter, au grand dam de ma whislist. Merci Aude pour les deux pieds dans le plat. 🙏😘

  17. Aude Bouquine dit :

    Merci à toi pour ta fidélité 😘

  18. laplumedelulu dit :

    ❤️

  19. Anonyme dit :

    Bonjour Aude

    J’aime ta sincérité, tes publications éclairantes et toujours très justes.
    J’apprécie nos échanges toujours passionnants.
    Merci pour ce post et tes avis toujours précieux sur les livres à lire !
    Je te souhaite de belles fêtes de fin d’année.
    Sylvie

  20. Anonyme dit :

    Tout est dit, détaillé et bien dit afin que tout le monde comprenne et sache qu’il y a des différences entre les termes employés. Tu reconnais le sérieux de certains editeurs et c’est important de le préciser. Tout ce que tu dis je le constate depuis plusieurs mois et je n’ adhèrerai jamais au paraître. Il me faut bien plus pour déclencher un achat. Aujourd’hui rentabilité et rendement sont les maîtres mots. Pas certaine que cela récompense le travail et le réel talent des auteurs. Merci Maud

  21. Comme je le disais précédemment, les maisons d’éditions ont des produits à vendre et aujourd’hui certaines pensent qu’il faut mieux des paillettes que du fond. Et comme tu le dis, je ne suis pas sur que cela soit vraiment efficace mais c’est leur choix, on peut le remettre en cause et le trouver « mauvais » mais c’est leur choix. On accepte le jeu ou on ne joue plus. Ce qui entraine la question suivante : Pourquoi on blog ? Pour partager ou pour recevoir des SP !

  22. Aude Bouquine dit :

    Ma réponse est très claire et cela depuis le début. Je reste droite dans mes bottes. Je sais exactement quels sont les risques liés à cet article et je m’en fiche complètement. J’ai tjs acheté des livres, et ça ne s’arrêtera pas. Par ailleurs, Je n’ai pas compris votre commentaire sur Instagram.

  23. Aude Bouquine dit :

    Merci Sylvie. Très bonnes fêtes à toi aussi 😘

  24. Lilou dit :

    J’ai lu tes deux articles avec attention et je suis entièrement d’accord avec toi. Je me sens très éloignée de ce monde rémunéré et artificiel. Je dis toujours avec sincérité mon ressenti concernant mes lectures, que j’aime ou non… Mais je n’aime pas, j’essaie d’argumenter et d’être respectueuse avec le travail de l’auteur, c’est la moindre des choses.
    J’aime bien ta démarche car il est nécessaire d’ouvrir les yeux et de remettre les livres et les lecteurs à leur place. Merci à toi !

  25. Aude Bouquine dit :

    Tu as bien compris le sens de ma démarche et je t’en remercie.

  26. Je pense qu’on en est tous à faire la balance plaisir/travail… et de mon côté, mes « récompenses » sont plutôt liées à tout ce que je vis autour qu’aux SP, et le fait d’avoir la « chance » de pouvoir assumer financièrement mes envies compulsives compense la faible quantité de SP que je reçois (et que je suis évidemment toujours heureuse de recevoir !). Je me sens toujours détachée de ce cirque mais j’observe évidemment ces choses pour le moins pathétiques !

  27. belette2911 dit :

    Tu fais bien de le dire ! 😉

  28. couriretlire dit :

    Il y a plus de 10 ans, on a connu ça avec le sport et surtout le running …ça n’a fait qu’empirer . J’avais espoir que le monde littéraire serait préservé, mais tu m’apprends que maintenant il y a des partenariats rémunérés…

  29. Aude Bouquine dit :

    Tu ne savais pas ?

  30. Aude Bouquine dit :

    Merci beaucoup ☺️

  31. Merci pour cet article ! Depuis des années, je reçois des SP mais sans contrainte, sans rémunération, et j’ai toujours donné mon avis sincère, et j’espère que c’est le cas de la majeure partie des blogueurs. Toutefois sur Instagram, cela doit être une autre histoire malheureusement… Je me rappelle d’un roman reçu en SP que je n’avais pas aimé et donc, ma chronique allait dans ce sens (sans le descendre violemment toutefois car je reconnais tout de même le travail de l’auteur). L’attachée de presse était revenue vers moi en m’indiquant que la ME souhaitait que je retire ma chronique car cela risquait de porter préjudice à l’auteur… Une aberration ! En somme, ils ne souhaitaient que de bonnes critiques et rien d’autre. Je n’ai jamais plié et n’ai jamais plus eu de contact ni avec l’attachée de presse ni avec la ME… Rester droit et honnête me semble être l’essentiel et je préfère ne pas continuer à être partenaire de ME avec ce genre d’état d’esprit. Mais après, si cela fonctionne avec d’autres alors… Je trouve cela dommage car le monde littéraire finit par manquer de sincérité. Le business et la comm’ dévorent tout, dans tous les domaines…

  32. Aude Bouquine dit :

    Oh !! Alors celle-là, on ne me l’avait encore jamais faite. Retirer le chronique ? Et quoi encore ??? Je peux vous demander qui est cette maison ? Les anglophones sont bien plus virulents que nous le sommes parfois et pourtant il n’y a pas de problème de ce genre…

  33. Cela m’est arrivé une seule fois (heureusement). J’en étais estomaquée… C’était il y a plusieurs années, je ne me souviens même plus du nom de la ME, mais elle n’était pas connue du tout…

  34. couriretlire dit :

    mais pas du tout …je vais peu sur le bookstagram depuis un an , quand je veux un avis je viens ici ou sur babelio et j’ai jamais vu de mention partenariat rémunéré ou j’y ai jamais prêté attention ?

  35. Aude Bouquine dit :

    Certains l’indiquent, d’autres non… et c’est bien le problème

  36. Anonyme dit :

    Encore un article incroyable qui est bien loin de ma vie quotidienne.
    Avec mon blog, j’ai parfois des services presses soit avec Babelio, parfois mais très rarement avec des maisons d’éditions (et maintenant elles ne donnent que des epub, fini le joli livre à toucher respirer et à abimer ou pas) et aussi sur Netgalley (aussi en audio ou epub) et là encore c’est de plus en plus difficile, alors d’une manière générale, je reste sur les livres qui peuvent être lus par tous (il y a une rubrique spéciale pour ça)
    D’ailleurs une fois j’ai fait un mauvais retour argumenté et largement détaillé que un roman proposé par Netgalley et maintenant je dois être blacklistée, parce que j’ai demandé d’autres livres de la maison d’édition et mes demandes sont toutes rejetées. Et c’est dommage, car je trouve en tant que bloggeuse « authentique », je lis tous mes livres et j’en abandonne parfois, je dis clairement et en toute honnêteté ce que j’ai ressenti de mes lectures. Mais je me rends compte que finalement ça ne plait pas.
    Petit exemple aussi, je lis beaucoup d’autoédité que je choisis dans le catalogue de Librinova, et j’en fais le retour que je veux : bon ou mauvais, mes chroniques sont toujours bien écoutée et c’est agréable. Maintenant, c’est parfois l’auteur qui n’aime pas ce que j’ai pu écrire et ne se remet pas en question sur son travail, même si je suis toujours très respectueuse car je sais l’investissement que ça représente.
    J’ai une dernière question : tous ces livres que je viens d’évoquer, il faut signaler qu’il y a une influence commerciale ? ou je ne sais pas bien le terme approprié car je ne le fais pas.
    Merci encore pour ce super article et à bientôt.

  37. couriretlire dit :

    ça me dépasse ….je viens de prendre un coup de vieux

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