Aude Bouquine

BLOG LITTÉRAIRE

Blackwater « La crue » se déroule à Perdido en Alabama lors d’une terrible inondation qui ravage le village en 1919. Deux hommes en barque, Oscar, un notable du village issu de la famille Caskey et son employé Bray. Ils découvrent une jeune femme, survivante de ce terrible drame prénommée Elinor. Comment a-t-elle survécu, seule, dans cet hôtel ? Nul ne le sait, mais elle semble avoir une étrange connexion avec la rivière. « La crue » premier tome d’un roman-feuilleton est un tome introductif qui pose le lieu et les personnages. Cinq autres tomes doivent paraître à raison d’un tous les quinze jours comme c’était la volonté de l’auteur Michael McDowell. Le premier volume est paru aux États-Unis en 1983 et les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont choisi de redonner vie à ces romans en les parant d’un magnifique écrin. Quelle sublime couverture dorée, tout en relief qui renvoie à l’aspect mystérieux du roman. 

Car mystère il y a au fil du récit qui se déverse entre les pages comme la rivière toute puissante. Le lecteur entre dans un monde nimbé d’incertitudes et de secrets où le fantastique flirte avec le merveilleux. Entre conte féerique, ésotérisme et récit réaliste grâce à une plume très simple, parfois presque enfantine, Michael McDowell ouvre les portes d’un univers singulier : une famille. Car, ne nous y trompons pas, « La crue » est avant tout une saga familiale principalement matriarcale. Ce sont les femmes qui ont le pouvoir et font danser le destin des hommes telles des marionnettes. Les deux personnages de femme, la mère Caskey, Mary-Love qui tient la famille de main de fer, et Elinor Dammert, la rescapée qui fait tourner bien des têtes par sa beauté évanescente et son passé énigmatique accaparent toutes les attentions. Car, bien sûr, Elinor ravage les cœurs, notamment celui d’Oscar ce qui crée de grandes dissensions dans l’équilibre familial. La toute-puissance de Mary-Love au sein de son clan va devoir rivaliser avec les pouvoirs que semble détenir Elinor, cette symbiose parfaite qui l’unit à la rivière responsable de tous les maux du village. Les forces en présence sont posées, attendons de voir comment évolue l’histoire. 

Difficile de donner un avis très tranché sur ce premier tome, car je ne suis pas encore vraiment rentrée dans l’histoire. « La crue » m’a donné l’impression d’un très grand prologue qui présente avec force détails les tomes suivants. Incontestablement, la saga familiale est le genre du récit, mais je reste sur la sensation que l’auteur va nous en livrer bien plus. L’atmosphère risque fort de pousser certains curseurs dans un sens ou dans l’autre. Roman fantastique ? Roman ésotérique ? La suite nous le dira, mais je peux déjà affirmer que je sens la venue d’un mélange des genres certainement très intrigant envelopper cette famille comme une brume tantôt épaisse, tantôt laiteuse qui laisse deviner quelques rayons de soleil. Je suis également très intriguée par l’insistance de l’auteur sur la couleur de peau. Pour un récit daté de 1983, c’est-à-dire après les années de ségrégation, il ne peut en découler qu’une raison majeure. La rédaction est également singulière. Entre l’aspect enfantin que je soulevais plus haut et le côté un peu suranné pour un roman somme toute très contemporain, ma curiosité est piquée. Une chose est sûre, l’écriture est très visuelle et le lecteur n’a aucun mal à s’imaginer en ces lieux. 

Pour se faire une idée de cette œuvre, il me paraît évident de devoir l’appréhender dans sa globalité. Suite au prochain épisode !

5 réflexions sur “BLACKWATER « LA CRUE », Michael McDowell – Monsieur Toussaint Louverture, sortie le 7 avril 2022.

  1. laplumedelulu dit :

    J’aime quand ça pique la curiosité. Merci à toi Aude. Ça donne envie. 🙏😘

  2. Yvan dit :

    J’attends beaucoup de cette série. Je pense que j’en parlerai tout à la fin, difficile effectivement de se faire un avis sur un premier épisode.
    Dans l’idéal j’adorerais le lire en une seule fois

    1. Aude Bouquine dit :

      Je suis d’accord avec toi. Ce tome là est vraiment un tome introductif dont on ne sait trop quoi dire… masse critique oblige, j’ai donc tenté de rédiger un retour, mais honnêtement, c’est beaucoup trop tôt pour avoir une opinion.

      1. Yvan dit :

        Oui tu avais une contrainte

  3. J’ai aimé ce premier tome. Surtout le début où l’auteur place avec brio ses personnages dans une atmosphère étrange. J’ai bien ressenti les moments de tension. De même, les derniers chapitres sont tout en tension et conflit et donnent très envie de poursuivre avec le tome 2. Le récit est parfois ambigu sur les intentions de l’auteur. Comme avec une bonne série, je me suis retrouvée à faire des hypothèses sur ce qu’il pourrait advenir ensuite.

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