Aude Bouquine

Encore, toujours, tout le temps et partout …

Bruno Hamel, médecin,  voit son univers s’écrouler lorsque sa fille Jasmine âgée de 7 ans est retrouvée violée et assassinée. Alors que son épouse Sylvie tente de vivre son deuil et de se reconstruire, Bruno, lui est assommé par la violence de la nouvelle.
C’est une simple hypothèse prononcée par un policier  préjugeant d’une sanction pénale de 15 ans qui va le faire basculer de l’autre côté.
« Mais il ne restera pas en prison pour le reste des ses jours ?
C’est long 25 ans, Monsieur Hamel. Même 15 ans. Pour demeurer en prison jusqu’à la mort, il faut avoir fait quelque chose de vraiment… »
Quand le meurtrier de sa fille apparait à la télé, un sourire crâneur sur son visage, les jeux sont faits : Bruno va s’occuper de son cas. Il kidnappe le tueur et projette de le torturer puis de le tuer au bout de 7 jours. Oeil pour oeil, dent pour dent.
Il s’enfonce alors dans une sourde descente aux enfers alimentée par une haine grandissante, une violence interne insoupçonnée et une envie incommensurable de vengeance.

« Les 7 jours du talion » a été écrit par Patrick Senécal en 2002. Il ne s’agit donc pas d’une nouveauté au sens propre du terme. Fleuve Noir ne diffuse pas ses romans dans l’ordre de parution au Canada mais je suppose que la maison d’édition a pris le parti de créer un lectorat autour de cet auteur en publiant d’abord ses livres les plus marquants.
Alyss, écrit en 2000, publié par Fleuve en mai 2017
Le Vide, écrit en 2007, publié par Fleuve en novembre 2015
Hell.com, écrit  2009, publié par Fleuve en juin 2016
En ce sens, pour chroniquer ce livre, je me replace volontairement en 2002 où le monde du polar/thriller n’était pas tout à fait ce qu’il est aujourd’hui.
De plus, pour avoir lu les 3 livres pré-cités, je ne peux que constater que l’écriture de Patrick Senécal a considérablement évolué et la plongée dans la société qu’il propose à ses lecteurs, aussi.
Dans ce roman, le début va très vite. Ce n’est pas la disparition de l’enfant qui intéresse l’auteur, mais différents sujets qui permettent de s’interroger soi-même  :
– L’incompréhension de la sentence judiciaire
– Le déshumanisation de l’être humain par l’ignorance volontaire du simple nom ou de diverses informations inhérentes à la vie du meurtrier.
– La force de l’opinion publique dans le traitement d’un fait divers : ceux qui se rallient à sa cause, ceux qui font confiance à la justice.
– Le besoin de légitimiser un acte totalement illégal pour avoir bonne conscience
– La différence fondamentale entre avoir un avis arrêté sur un sujet précis sans jamais y avoir été confronté, et un avis considérablement différent lorsqu’on y a été confronté.
Exemple : la peine de mort pour les assassins d’enfants
« C’est facile d’être un bien-pensant quand tout va bien dans sa vie. C’est facile d’être humaniste quand on n’a pas connu la souffrance et le malheur. »
– La violence qui sommeille en chacun de nous

Ce qui dénote vraiment dans l’oeuvre littéraire de Patrick Senécal c’est ce besoin de démontrer comment l’être humain bascule et avec quelle facilité il en oublie jusqu’à ses valeurs, sa morale, pour assouvir vengeance, rêve de gloire ou besoin d’exister. (Cf les ouvrages pré-cités)

A mon sens, ce n’est pas le meilleur Senécal, mais ce livre vous invite à entrer dans son univers et vous offre la possibilité d’une gradation dans les scènes de violence qu’il propose dans Hell.com ou dans Le vide, bien plus décapantes et plus brutales que dans celui-ci.
Cela permet de découvrir l’auteur à ses débuts et de fournir une base solide aux sujets qu’il développe dans ses autres livres.

Sept jours du talion est aussi un film réalisé par Podz

9 réflexions sur “LES 7 JOURS DU TALION, Patrick Senécal – Fleuve noir

  1. Yvan dit :

    J’ai adoré Le vide, moins Hell.com. Senécal flirte toujours avec la ligne jaune concernant la violence. mais il a un sacré talent !

    Aimé par 1 personne

    1. Aude Bouquine dit :

      Ca c’est sûr ! Je voudrai en savoir un peu plu sur la stratégie de publication de Fleuve Noir….

      Aimé par 1 personne

  2. Bravo Aude pour ton blog !
    Superbe chronique ci-dessus, mais je n’aime pas ce genre de livres ou films avec beaucoup de violence.

    J'aime

    1. Aude Bouquine dit :

      Pas sûr que ce soit pour toi das ce cas là… ET encore !!! Je m’attendais à tellement pire !!

      J'aime

  3. Merci pour cette chronique Aude. Du coup tu me conseilles de commencer avec celui-ci plutôt que Le vide ?

    J'aime

    1. Aude Bouquine dit :

      Celui-ci est le plus « light »
      Parcontre le Vide ou Hell.com sont meilleurs. La Vide a même été un choc car c’est avec lui que j’ai découvert l’auteur.

      Aimé par 1 personne

  4. Véronique dit :

    Je n’ai pas vraiment eu le temps de faire le tour de tes chroniques, y’en a trop ! 🙂
    En tous cas, pour celles que j’ai parcourues, je vois qu’on a pas mal de goûts en communs donc je ne te remercie pas : ma PAL est déjà bien trop grande ! 🙂
    Je pense qu’on va souvent « se croiser », bonnes lectures et à bientôt

    J'aime

    1. Aude Bouquine dit :

      Ma PAL aussi déborde mais je ne me sens bien que lorsqu’elle déborde 😉
      On va pouvoir échanger et ça c’est chouette !!!

      Aimé par 1 personne

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :