Aude Bouquine

Blog littéraire

Blizzard de Marie Vingtras version Audio

Toutes les conditions étaient réunies pour faire de « Blizzard » une écoute réussie. Le temps glacial, les températures sous zéro, un vent à décorner les bœufs… De quoi se mettre dans l’ambiance pour entrer pleinement dans le roman. « Blizzard » se déroule en Alaska, une région que j’ai eu la chance de visiter… en été ! Pas tout à fait la même chanson… Dans le roman, l’hiver a pris ses marques, une tempête de neige fait rage, un enfant disparaît. Il aura fallu une seconde, le temps de détourner les yeux pour que Bess, chargée de s’occuper du petit Thomas, le perde. Une seconde, et c’est l’effondrement, une seconde et toutes sortes de questions envahissent les esprits de la majorité des protagonistes qui partent à sa recherche. Bess évidemment, Benedict le père, Cole et Freeman. Dans ce huis clos à ciel ouvert, les recherches s’allient rapidement avec des questionnements ou des réflexions intimes. Tour à tour, le lecteur devient le témoin privilégié des pensées de l’un, puis de l’autre, des secrets, des colères inavouées, des rages dissimulées… Dans cette vaste contrée où vivre ensemble demande plus qu’ailleurs une nécessité d’entraide, on se rend rapidement compte qu’aucun des personnages n’a vraiment atterri là par hasard. Chacun a sa raison obscure.

« Blizzard » est un roman choral où chacun s’exprime à tour de rôle. Pour la version audio, il était logique d’avoir quatre voix : Alice Lencquesaing, Stéphane Boucher, Patrick Mille, Sébastien Pouderoux. L’auditeur entre peu à peu dans l’intimité de chacun, et sent très rapidement que certaines paroles sont refrénées. Au départ, les sous-entendus prennent beaucoup de place, on sent bien que chacun voudrait en dire plus, mais qu’il faut du temps pour confier les secrets de son âme. 

Curieusement, si l’on évoque l’enfant seulement par sa disparition, « Blizzard » est monopolisé par des pensées d’adultes. Des adultes qui éblouissent par leur noirceur. Ils n’ont pas décidé de « s’exiler » en Alaska par choix, ils ont des choses à cacher et petit à petit, le lecteur est placé dans le rôle de confident, voire de confesseur. Reste à comprendre les liens qui unissent ces quatre protagonistes touchés par une tempête du cœur plus forte encore que ce « Blizzard » qui fait rage. 

Je n’avais pas lu le roman en version papier, et pour la première fois depuis que je fais des écoutes audio, je l’ai regretté. En connaissant l’histoire, j’aurais peut-être pu ressentir un minimum de compassion, ou à défaut, d’attachement. Mais rien. J’en ressors le cœur sec. Je n’ai pas ressenti la moindre émotion, ni pour cet enfant introuvable, ni pour ces personnages auto centrés sur leurs petites personnes. Je n’ai pas ressenti l’urgence de retrouver Thomas perdu dans le grand blanc alors que cela aurait dû être ma première préoccupation (et celle des quatre voix), car finalement ce qui aiguise les convoitises c’est Bess… L’homme est décidément un être vil…L’un d’entre eux a même réussi à fortement m’agacer et lorsque son tour venait, je priais pour qu’on en finisse vite avec ses propos nauséabonds. Lorsqu’enfin le « Blizzard » se calme, les esprits s’apaisent, chacun a vidé son cœur et moi je ne suis pas mécontente que l’histoire se termine. « Blizzard » ne m’a fait ni chaud ni froid. J’ajoute que j’ai trouvé fort dommage de ne pas exploiter le lieu qui aurait pu être un personnage à part entière, car il y avait vraiment des choses à dire sur cette terre retirée du bout du monde. Dommage….

En lice pour le prix Audiolib 2023.

Ecoutez un extrait sur Audiolib

Chronique de Caroline, blog le murmure des âmes livres, sur la version papier

Chronique de Claudia, blog les lectures de Claudia, membre du jury

Chronique de Caroline, blog Carobookine, membre du jury

Chronique de ma précédente écoute, Tant que le café est encore chaud

6 réflexions sur “BLIZZARD, Lu par Alice Lencquesaing, Stéphane Boucher, Patrick Mille, Sébastien Pouderoux – Audiolib paru le 10 août 2022.

  1. Yvan dit :

    Il est dans ma PAL depuis un an…
    Oui, ce serait intéressant de voir si à l’écrit plutôt qu’à l’oral, les émotions passent différemment

    1. Aude Bouquine dit :

      Tu me diras quand tu le liras. Je ne vais pas retenter l’expérience pour le moment.

  2. Souvent, j’ai les mêmes sentiments que toi à la lecture d’un livre. Le fait que tu n’aies pas ressenti d’émotion durant ton écoute m’intrigue. Je voulais écouter ce titre après tous les autres, mais finalement, je vais profiter des derniers jours d’hiver pour rester dans l’ambiance. Je te dirais ce que j’en ai pensé.

    1. Aude Bouquine dit :

      Oui surtout dis-moi, je suis curieuse… j’en attendais beaucoup !

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