Aude Bouquine

Encore, toujours, tout le temps et partout …

« Nous étions jeunes et larges d’épaules
Bandits joyeux, insolents et drôles
On attendait que la mort nous frôle
On the road again
On the road again. »
Désolée Monsieur Manook, mais je dois être trop vieille pour connaitre la version de Tryo (que j’ai dû chercher). Ca c’est Lavilliers, ce sera toujours Lavilliers 😉
Ok, j’arrête mes taquineries pour parler de votre bouquin. 

Après la mort de sa femme et le traumatisme familial que celle-ci a provoqué au sein de sa famille, Soulniz décide d’emmener sa fille Beckie en Islande, terre déjà foulée en 1973 alors qu’il n’était qu’un ado. C’est l’opération de la dernière chance pour reconquérir sa fille qui le considère responsable de la mort de sa mère et qui l’a fuit de nombreuses années. 
Soulniz espère que devant les lieux et paysages de ce pays un peu magique, le dialogue finira par se renouer entre sa fille et lui.
C’est sans compter le caractère de cette ado têtue qui est fermement décidée à emmerder son père par toutes les moyens.
C’est sans compter la résurgence d’un décès vieux de plus de 40 ans qui avait entaché les aventures islandaises du père. 

Vous me dites Islande ? j’ai déjà froid, c’est psychosomatique. Pas du tout envie d’aller me geler les orteils dans ce pays reculé qui m’évoque un No Man’s land perdu au milieu de nulle part. 
Sauf que je vis en Californie, au chaud et que de temps en temps, j’aime lire des romans où on se caille. (Je sais, je suis un peu masochiste)

Ian Mannok a réussi un tour de force inespéré (pour mon mari surtout,  qui avait réussi à me trainer en Alaska, après une promesse dont je ne me souviens pas et une soirée légèrement arrosée) : envisager un trip en Islande en 2019 !! De mon plein gré !

Qu’on se le dise, ce bouquin est une ode à la terre islandaise ! 
Avant de commencer la lecture, j’ai pris en photo la carte du pays, je l’ai imprimée, et j’ai suivi le road trip de Beckie et Soulniz.
Tour de force absolu ? J’ai cherché TOUS les lieux évoqués par l’auteur en contemplant ébahie, des paysages de toute beauté, où l’homme ne semble pas être le bienvenu tant la nature a repris les pleins pouvoirs.
S’en est hypnotisant, fascinant, et diablement jouissif. 
« Heimaey » est un guide de voyage vers une contrée sauvage, bercée de contes et légendes plus fascinantes les une que les autres, qui donne au livre une ambiance irréelle, voire mystique. 
« Le soleil perce à travers les roches noires de l’horizon et creuse la lande d’ombres bleues dans lesquelles flamboient les corolles de pavots. Le lac se cuivre sous le ciel qui rosit. »

Le livre s’ouvre sur une scène digne d’un « Mission Impossible ». En quelques pages seulement, j’ai été happée par la promesse d’un livre riche en action, flagellée par les eaux furieuses qui s’écrasent sur les rochers.
L’histoire se monte progressivement, toute en détails et en construction millimétrée des personnages, comme la lecture que je ne souhaitais pas se voir finir tant l’invitation au voyage de Ian Mannok était forte. 
Une fois dans l’ambiance, impossible de quitter ces terres de son plein gré. 
J’ai beaucoup aimé la façon que l’auteur a de décrire cet univers presque hostile en vous poussant en même temps à vouloir vous y rendre à tout prix. 
Venez plonger dans les eaux volcaniques du Blue Lagoon, marcher sur le pont des Continents, découvrir les solfatares, les fulmars et l’étrange pouvoir des corbeaux. 
Venez vous dépayser dans des paysages subjuguants et envoûtants. Le tout peuplé de légendes (mention spéciale pour la malédiction du Nábrók), et d’un chant étrange dont je vous mets le lien plus bas. 
L’intrigue policière est très aboutie dans ce paysage lunaire, les personnages très réussis, tout particulièrement celui de Beckie qui m’a fait sourire étant moi même maman, et d’ado !
Dans cette ambiance chimérique, rajoutez l’émergence des instincts primaires dont le corps, dénué de tout artifice s’autorise un épanouissement dans une totale liberté.
« On ne peut que se présenter nu et désarmé devant tant de beauté. »
Le livre n’est pas dénué de poésie, de reflexions sur notre monde, de nos incohérences humaines, et de magie.
« Pedda redast, petta kemur » est un mantra qui sonne comme la promesse certaine qu’il peut toujours y avoir un miracle, quelle que soit la situation, même désespérée. 

« Ami sais-tu que les mots d’amour 
Voyagent mal de nos jours
Tu partiras encore plus lourd 
On the road again
On the road again »

 
Bon voyage à tous !

 








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