Aude Bouquine

Blog littéraire, chroniques, sorties, bilans lecture : passionnée de polars, thrillers et romans noirs mais pas seulement !

Elsa Préau, institutrice et directrice d’école à la retraite, a une vie bien réglée. 
Elle lit, fait ses courses, fait la cuisine, écrit des lettres à qui veut bien les lire et espionne ses voisins. 
A force, elle finit par se persuader que quelque chose cloche dans la maison d’à côté. 
Cette famille, les Desmoulins a 2 enfants. Sauf que, de temps en temps, le dimanche, Adèle Préau croit en apercevoir un autre toujours assis sous le même arbre, à jouer avec les mêmes cailloux. 
Alors, à cet âge avancé, lorsque l’on prend quelques médicaments pour dormir ou calmer ses angoisses, est-on bien sûr de ce que l’on voit ? 
Elsa en est persuadée, cet enfant est en danger et elle décide de mettre en place un plan pour le sauver. 

Voilà tout ce que je peux vous dire de l’histoire construite par Sophie loubière en en révélant le moins possible. Toute la réussite de ce roman réside dans ce que je ne vous dis pas. 
J’aimerai pouvoir en dire plus, pour vous donner envie de l’ouvrir mais ce serait vraiment vous gâcher une grosse partie du plaisir des découvertes successives, surtout en deuxième partie de roman. 

Je ne peux que vous parler de mon expérience de lecture. 
Le début a été très très fastidieux. J’ai failli le refermer plusieurs fois, pas par ennui mais pas incompréhension totale de la trame de l’histoire. Il faut dire que l’auteur prend son temps pour poser son personnage central, Elsa. Puis elle prend son temps pour que vous ayez vos certitudes. Quand elle est bien sûre de votre avis bien arrêté, elle déconstruit tout, insinue à nouveau le doute, et reconstruit tout sous un angle différent. Si bien que vous passez votre temps à osciller entre ce que vous croyez être, et ce qui pourrait être. 
La façon dont elle le fait est très ingénieuse car vous ne la voyez pas venir. 
Alors folle ou pas folle la vieille ? Vous vous poserez la question 258 fois environ. 
Ces chapitres là sont donc construits de manière labyrinthique pour faire écho au fonctionnement du cerveau d’Elsa : c’est le fouillis total dans sa tête, et du coup dans la nôtre aussi. 

Dans la seconde partie, la tension monte crescendo. 
Sophie Loubière distille des informations au compte-gouttes et fait des révélations qu’il est absolument impossible de voir venir. 
Là encore, elle prend un malin plaisir à balader le lecteur dans un sens, puis dans l’autre, le laissant seul à ses appréciations qui de toute façon seront fausses !
J’ai particulièrement aimé la façon dont elle nous laisse juger des événements pour nous donner, plus tard, un élément nouveau qui va nous amener à reconsidérer les choses sous un nouvel angle. Ne jugez pas trop vite, vous ne savez pas tout….
Jusqu’à la dernière page, elle vous met KO debout. 
La fin est juste dingue !! Ca fait bien longtemps que je n’ai pas lu un bouquin qui apporte autant de révélations et du coup, un éclairage tellement différent sur les événements que ça vous donne envie de relire le début pour en apprécier la saveur (vous savez le début qui vous ennuyait presque à mourir ?)

Enfin bref, je ne sais pas si ma chronique est très claire car je n’ai au final pu parler de rien. Je ne peux pas non plus vous parler des thèmes abordés, ce serait trop en dire là aussi. 

Il faut ABSOLUMENT lire ce bouquin, c’est tout ce que j’ai à dire !






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