Aude Bouquine

BLOG LITTÉRAIRE

Gonfler son compte Instagram, pratiques et manipulations, Aude Bouquine

Comment « gonfler son compte Instagram », titre volontairement provocateur qui fait suite à deux articles déjà publiés : « La vérité sur les partenariats éditeurs » et « les dérives des partenariats littéraires». Pourquoi Instagram ? Parce que, hormis TikTok, c’est sur cette plateforme que beaucoup de choses se jouent. Voilà plusieurs mois que j’observe ce qui s’y passe et que je fais des constats assez dérangeants. Cet article a pour but de décortiquer toutes les pratiques désormais utilisées pour gonfler son compte Instagram, donc se rendre attractif pour l’algorithme. Et, lorsque son compte grimpe en nombre de followers, on intéresse les marques et les maisons d’édition. Gonfler son compte ne dit rien de la qualité du contenu, uniquement de sa visibilité.

Dans le milieu littéraire, on s’imagine encore que les chiffres reflètent l’influence et que les communautés se construisent de façon sincère. Il suffit de soulever un peu le rideau pour que ce joli décor se fissure. Instagram est un théâtre où les courbes de croissance sont parfois très artificielles. Les stratagèmes sont nombreux et donner l’illusion de popularité devient un projet en soi. Ces pratiques, assumées ou clandestines, sont utilisées à dessein pour faire gonfler son compte Instagram. Si vous êtes encore dupes de la manœuvre, je vais vous aider à y voir clair. 

Pour être certaine de me faire bien comprendre, il me faut aborder quelques mots clés pour expliquer comment Instagram trie, sélectionne et propulse certains contenus. 

Le premier c’est le taux d’engagement. En gros, il mesure comment une communauté réagit à un contenu par le nombre de likes, de partages, de commentaires et d’enregistrements. Plus ce taux est élevé, plus Instagram met le contenu en avant. Ce pourcentage ouvre les portes à une visibilité accrue, à des partenariats éditoriaux et à des collaborations rémunérées. C’est ce chiffre que les maisons d’édition regardent en premier.

Le second concerne la portée, c’est-à-dire le nombre de personnes réelles qui voient la publication. Je vous donne un exemple : un compte peut avoir 50 000 followers, mais une publication ne peut être vue que de 2000 personnes. 

Le troisième s’intéresse au « reach ». Il correspond au nombre total de personnes ayant vu un post, qu’elles aient interagi ou non avec ce post.

Le dernier est l’algorithme, cette petite boîte noire qui observe les fréquences de publication, le temps passé sur un post, les interactions et la vitesse de réaction. Pour comprendre comment « gonfler son compte Instagram», il faut comprendre la terminologie. Pour satisfaire cette mécanique, beaucoup de stratégies ont été inventées. L’algorithme ne valorise pas le fond, mais la réaction.

Dans un écosystème où tout se monnaie, visibilité, services de presse, collaborations, et donc reconnaissance, gonfler son compte Instagram devient un moyen d’attester de son influence, même lorsqu’elle n’existe pas vraiment. La plateforme s’intéresse peu à ce que vous lisez, mais elle se passionne pour ce qui vous fait réagir. Cette distorsion a ouvert les portes à de très nombreuses dérives que je vais vous lister. Voici donc l’inventaire des grandes illusions d’Instagram. 

Quand les chiffres gonflent 

Le premier moyen de gonfler son compte Instagram et son nombre d’abonnés est de sortir sa carte bancaire. Vous avez certainement déjà reçu des offres pour acheter vos abonnés (j’en reçois au moins une par semaine). Ces propositions créent des comptes automatisés, achètent en masse des comptes réels, mais dormants (souvent à l’étranger d’ailleurs, mais certaines plateformes vendent désormais des followers ciblés « France » pour paraître encore plus crédibles). Ces followers sont évidemment totalement fictifs. Ainsi, un compte peut passer de 800 à 2500 abonnés en quelques minutes, voire de 2500 à 10 000 en une nuit. Ils se repèrent assez facilement par cette hausse brutale, mais aussi pas une absence d’interaction. À terme, on constate une chute de portée et un taux d’engagement bas. Les comptes qui cachent leurs followers, ceux dont on ne peut voir que quelques noms, veulent, en réalité, dissimuler ces pratiques et entretenir l’illusion d’une croissance « naturelle ».

L’achat de likes

De la même manière, il est possible d’acheter des likes. Quelques euros et hop, un post devient curieusement très apprécié, et revient sans arrêt dans votre feed. Cela permet aussi d’éviter que les « marques » voient un taux d’engagement trop faible.

La ruse du follow/unfollow

Autre technique, celle du boomerang, dite du « follow/unfollow ». Si vous me suivez sur Instagram, vous savez que j’en dégage au moins 50 par semaine. La façon de faire est simple : X s’abonne à un compte, Y s’abonne aussi par politesse, et, dès que la réciprocité a eu lieu, X se désabonne. Ainsi, le nombre de followers de X augmente comme par magie. Les gros comptes qui utilisent cette méthode ont souvent un ratio abonnés/abonnements très déséquilibré ou très instable, genre 4000 contre 500. Allez explorer, vous verrez…

 À mon grand désespoir, cette technique est de plus en plus utilisée par de petits comptes qui arrivent sur la plateforme et cherchent à se faire connaître. Utiliser cette méthode pour gonfler son compte Instagram dès le départ, en dit long sur celui qui l’a créé.

Les concours

Il existe aussi les concours qui généralement attirent énormément de monde. Pour participer, vous devez suivre toute une liste de consignes : s’abonner aux différents comptes qui organisent le concours, partager avec tout votre carnet d’adresses, mentionner plusieurs personnes en commentaires, repartager en story. L’afflux est alors spectaculaire, mais l’engagement retombe en flèche dès la fin du concours. Mauvaise pioche, car Instagram n’enregistre pas cette vague… Et, il faut le signaler, certains organisateurs ne tirent même pas de gagnants au sort. C’est une pratique très répandue.

D’autres comptes créent des interactions forcées par des quiz, des sondages, des questions (vous savez, la petite boîte à question qui fait semblant de s’intéresser à ce que vous dites). Encore un outil qui permet de simuler une interaction qui n’en est pas une, et de faire monter les chiffres.

Les alliances secrètes 

N’oublions pas les alliances secrètes par messages privés. Certains comptes s’organisent en confrérie pour liker, commenter, enregistrer les publications. C’est beau la chaleur humaine ! Sauf que… pas ce biais, ils essaient de tromper l’algorithme. Certains « pods » sont même payants, avec des abonnements mensuels. Comment les détecter ? Vous trouverez toujours les mêmes commentaires mécaniques et des mots redondants. Amazing!

Le DM Magnet 

Mon préféré, qui nous vient tout droit des États-Unis, très utilisé sur les comptes littéraires : le DM, « direct message », soit message privé. Je vous préviens, il arrive en force ! La technique est simple : X présente 3 livres sur le thème du thriller et te dit clairement que, si tu veux la liste complète, écris en commentaire « DM ». Alors, X t’enverra en message privé la fameuse liste. Une technique qui relève du génie, parce qu’elle fait monter en flèche le taux d’engagement, déclenche une conversation, crée une illusion de proximité, nourrit l’algorithme. En réalité, c’est une escroquerie qui ne dit pas son nom. Cette technique crée une illusion de communauté soudée alors qu’elle repose sur un mécanisme purement algorithmique… CQFD.

Les comptes satellites

Comme on n’est jamais mieux servis que par soi-même, certains comptes créent des comptes secondaires qui likent tous les posts du compte principal, le commente, l’enregistre, etc. L’art d’être son propre public est une idée ingénieuse, mais très très solitaire… et totalement fake. On reconnaît ces comptes, car ils n’interagissent qu’avec une seule personne… eux-mêmes ! N’est-ce pas un peu pathétique ?

Les partenariats inventés 

Une autre pratique fascinante consiste à taguer des partenaires qui n’existent pas. Je vous donne un exemple. X achète un livre, il en fait une photo qu’il poste et remercie l’éditeur qui, en réalité, ne lui a rien envoyé. Cela donne l’illusion que l’on est très très demandé, que la boîte aux lettres déborde, et qu’on est sollicité de partout. Là, encore, c’est de la visibilité et de la reconnaissance qui sont recherchées. Les maisons d’édition découvrent qu’elles sont « remerciées » pour des envois fictifs. Une autre forme de génie…

Le drama et le shadow ban

Si vous êtes utilisateur régulier d’Instagram, vous avez sans doute remarqué que le « drama » fait beaucoup de buzz (et fait parler). Nouvel exemple : soit, X se la joue de façon mystérieuse en postant un message cryptique « C’est horrible, il m’est arrivé un truc affreux, mais je vous en parle demain » pour laisser son auditoire suspendu. Soit X y va franco avec un sujet polémique à souhait qui va déclencher des dizaines de commentaires « Vous pensez quoi du livre de J.B ? Vous pensez qu’il a un agenda à 2 ans des élections ? » Et chacun y va de son commentaire… Plus le « drama » tape dans le registre émotionnel, plus il performe.

Il y a aussi ceux qui font des carrousels censés vous expliquer qu’Instagram a changé l’algorithme en douce et qui va vous expliquer comment faire pour le contourner. En commentaire, il y aura tous les « ouins ouins » de la planète qui se plaindront. Et hop, taux d’engagement en hausse. Dans le même genre, quand l’engagement baisse de manière générale, des posts fleurissent pour en faire mention. C’est devenu une narration très utilisée pour susciter de la pitié, donc de l’engagement. Le tour est joué. Cela s’appelle le « shadow ban». Et si vous êtes à court d’idées, il vous reste le fameux « Je quitte Instagram» et hop, 300 beaux commentaires de soutien. 

Les commentaires automatisés

Ces commentaires sont générés par un « bot » (un programme informatique robotisé) qui publie des commentaires à votre place sous les posts d’autres comptes. L’objectif est de faire croire que vous êtes actifs, que vous êtes vus par de nouveaux comptes, d’inciter aux abonnements en retour et de faire grimper le taux d’engagement. Pour les repérer, chercher les mots : « amazing », « love this , « so inspiring », etc., et cela sous toute forme de contenu (imaginez l’annonce du décès de pépé Gérard avec le commentaire « amazing »… c’est du vécu, je l’ai vu !).

Poster, poster encore 

Enfin, pour « gonfler son compte Instagram », l’algorithme récompense celui qui ne s’arrête jamais. Il faut poster, encore et toujours, tous les jours, voire plusieurs fois par jour. Alors, on publie pour exister. Avec un peu de chance, on récolte quelques commentaires au passage. Une exigence de la plateforme qui tourne rapidement à l’obsession… Vous avez peut-être remarqué que certains comptes republient une photo, une vidéo, ou un réel déjà utilisé 3 semaines plus tôt ? Du grand recyclage qui est, en réalité, une technique de gonflage. Cela permet de montrer à l’algorithme que l’on reste actif même quand on n’a rien de nouveau à montrer. Cerise sur le gâteau : rester dans les « feeds » !

L’arrivée de l’IA 

Je termine par l’arrivée de l’IA qui sera le sujet d’un autre article. Parce que oui, on voit fleurir de plus en plus de chroniques écrites par l’IA. Certains signes ou formulations ne trompent pas, simplement parce qu’elles ne sont pas naturelles (et qu’au fond, on connaît le style de quelqu’un que l’on suit). Si l’IA peut être d’une grande aide pour des recherches, ou dans la proposition d’un plan, quel est l’intérêt de la laisser écrire des chroniques à notre place ? 

Voici un petit tour d’horizon de toutes les pratiques en cours pour gonfler son compte Instagram. Et encore, je suis sûre d’en avoir oublié certaines, peut-être parce que je ne les ai pas encore constatées. Si, en quelques semaines, j’ai pu observer tout ce cirque, comment se fait-il que les attachés de presse, les éditeurs, les maisons d’édition et les lecteurs continuent à se laisser berner ? Nous sommes dans une stratégie de l’attention, tournée vers son propre ego. Où est le vrai partage ? Quel est le sens de tout ce cirque ? Et surtout, pourquoi continuer à le cautionner ? 

La vérité sur les partenariats éditeurs.

Les dérives des partenariats littéraires.

Transparence des règles sur Meta

34 réflexions sur “Gonfler son compte Instagram.

  1. Yvan dit :

    Oui, où est le livre là-dedans ? Où est le respect des auteurs (ce n’est pas en allant leur faire la bise en salon à longueur de photos reportages qu’on défend pour autant réellement leurs romans). Tout ça m’a foutu la gerbe, d’où ma décision de m’en éloigner. Parce que ceux qui contiennent ce système sont tout aussi responsables que ceux qui le pratiquent, et je suis (comme toi) convaincu que les livres n’en sortent pas vainqueurs.

  2. Yvan dit :

    Je tiens à te féliciter pour ton engagement et ta volonté forte de faire comprendre tout ce système délétère. C’est admirable.

  3. Aude Bouquine dit :

    Merci ☺️

  4. Voilà un article bien éclairant sur une situation qu’on observe au quotidien…
    Je rejoins Yvan : on pense tous beaucoup de choses tout bas, mais toi, avec ta ténacité et ton honnêteté, tu as creusé pour mettre à jour des pratiques qui font du livre un accessoire d’auto-valorisation et qui éloigne de ce qui, à la base, rassemblait : le plaisir de lire et d’échanger. Tout ça est évidemment écœurant, et tu lèves courageusement le voile sur tout ça. Merci, Aude !! Et bravo ! (Et je t’avoue que j’attends impatiemment l’article sur l’IA car j’ai repéré certaines choses et j’aimerais vérifier que mon radar a vu juste…😉)

  5. Aude Bouquine dit :

    C’est juste que j’en ai marre de me taire et de laisser faire sans rien dire ! Qu’ils sachent : on vous voit, et on sait.

  6. Anonyme dit :

    Bravo Aude pour tes commentaires pertinents et étayés qui (pour un type comme moi qui ne connaît absolument pas les réseaux sociaux) me confirme que j’ai bien fait de ne jamais m’y intéresser.
    La vraie vie est ailleurs….
    Je te félicite pour ta plume toujours aussi agréable à lire
    Crostif

  7. Anonyme dit :

    Bravo Aude pour ce nouvel article qui nous montre la jungle des réseaux sociaux et comment les contenus perdent de leur authenticité. J’ai, pour ma part, pris du recul par rapport à ces réseaux, en gardant mon profil juste pour les informations locales, pour le reste je ne publie plus, je ne « like » plus. Juste mon blog et un message perso à l’auteur dont je viens de lire le livre. Je suis nostalgique de la période où l’on écrivait aux écrivains, aux artistes…

  8. Faivre dit :

    Encore une fois édifiant !!!

  9. Aude Bouquine dit :

    Il faut essayer de prendre un maximum de recul, même si ce n’est pas toujours facile parce que ça énerve. En anglais il y a une expression qui correspond bien à l’ambiance du moment : fake it until you make it !

  10. Aude Bouquine dit :

    Merci beaucoup ☺️

  11. Mylene dit :

    Si j’avais connaissance de la plupart des choses, j’en découvre aussi de nouvelles qui me laissent encore plus sur les fesses (j’en ai quelques uns des exemples de compte qui ont vu exploser le nombre d’abonnés en même pas 6 mois…)

  12. Laurence D dit :

    Encore un article qui retranscrit parfaitement la dure réalité. Il est important d’avoir su mettre des mots sur ce qui désespèrent les blogueurs sérieux et les passionnés des livres. Il serait bon de savoir ce que les éditeurs en pensent .

  13. laplumedelulu dit :

    Les pieds dans le plat, épisode 3. Servi sur un plateau par Notre Envoyée Spéciale Aude. Merci à toi pour tes recherches et ton travail d’investigation. 🙏😘

  14. Laurence D dit :

    Encore un article qui retranscrit parfaitement la dure réalité. Il est important d’avoir su mettre des mots sur ce qui désespère les blogueurs sérieux et les passionnés des livres. Il serait bon de savoir ce que les éditeurs en pensent ainsi que les auteurs.

  15. Moi qui me disais que je reprendrai bien instagram… Plus trop sûre maintenant.
    Il y a une chose que je ne comprends pas, c’est pourquoi autant d’efforts malhonnêtes pour des livres gratuits ?
    J’adore les livres, mon budget loisirs passe quasiment dans les livres mais même quand je ne pouvais pas acheter de livres, j’en trouvais sans attendre les éditeurs : boîtes à livres, bibliothèques, prêts entre proches, classiques gratuits sur le net…
    Alors je me demande, est ce vraiment pour les livres, pour l’égo ou la croyance en de l’argent facile à se faire en vendant des livres reçus gratuitement ?
    Si tu fais une enquête sur les motivations des personnes tombant dans les pratiques que tu expliques, je la lirai avec plaisir.

  16. anchorsweetly40648e697c dit :

    J’ai bien du mal avec Instagram ! Au point de décider de ralentir mes publications. Pas le supprimer, parce que ça reste une plateforme importante pour une blogueuse, et que j’ai tout de même des personnes avec qui j’aime bien discuter et que j’y fais aussi de la veille. C’est une plateforme compliquée, d’où sans doute ces dérives.

  17. Aude Bouquine dit :

    Tout à fait. S’en servir comme vitrine oui, y jouer sa vie, non.

  18. Aude Bouquine dit :

    C’est une excellente question.
    Je pense qu’il y a une partie « ego », une partie recevoir des livres gratuits et une partie « vouloir montrer qu’on pèse dans le Game ». C’est de l’influence, rien de plus. D’autant que, pour certaines, il y a tellement de livres qui arrivent qu’il y a impossibilité de tous les lire même en s’y collant 10 heures par jour. Et, les mêmes, vont maintenant faire du coaching pour expliquer à d’autres comment magouiller. C’est fascinant !! Comme tu le dis, même si on n’a pas de budget pour acheter 25 livres par mois, il reste les médiathèques, les boites à livres, les librairies d’occasion. C’est de la consommation à outrance.

  19. Aude Bouquine dit :

    J’oubliais : il faut aussi montrer qu’on a lu le bouquin avant tout le monde !! Ça c’est hyper important 😉

  20. Vu que je peux lire un livre de ma PAL plusieurs mois voire années après son arrivée, je crois que je suis mal partie pour être influenceuse 🙂
    Ta remarque me rappelle un auteur au début du blog qui m’avait remerciée d’avoir parlé de son roman sorti il y a plusieurs années. À l’époque, je n’avais pas compris…

  21. Aude Bouquine dit :

    Le service de presse a ceci de pernicieux qu’il encourage à ne lire que des nouveautés. C’est chouette c’est vrai mais dans l’année, on achète quand même bcp de livres qu’on n’a pas le temps de lire…. c’est fort dommage. A chaque fois je te tape dans la PAL, j’aime
    Énormément ce que je lis. Il faudrait trouver le parfait équilibre entre les deux.

  22. Encore un article passionnant, qui m’a fait sourire plus d’une fois. J’avais déjà constaté certaines pratiques, mais d’autres m’étaient totalement inconnues.

    Quand je me suis inscrite sur Instagram pour la première fois fin 2020, je ne connaissais pas du tout ce réseau social. Et j’ai commencé, naïve et enthousiaste, en me disant « Chouette, je vais parler avec des gens qui ont la même passion que moi ». Comme je suis lente à la détente parfois, il m’a fallu quelques mois pour comprendre qu’une partie des gens qui s’abonnaient à mon compte ne le faisaient pas parce qu’ils appréciaient mes retours ou mes lectures, mais parce qu’ils voulaient que je m’abonne au leur. Ce que je faisais toujours, et que je ne fais plus du tout. Aujourd’hui, si je m’abonne à un compte, je le fais parce que j’ai été voir ses publications et qu’elles me plaisent (qu’il s’agisse des lectures, des avis ou de la proposition esthétique qui va avec). Je ne suis quasiment abonnée qu’à des comptes à « taille humaine », où l’échange est possible et ne se limite pas à trois mots sans saveur qui ne contribueront jamais à faire plus ample connaissance.

    Je vois rarement passer les dramas, parce que je m’en fiche, et de toute évidence la plupart de mes abonnés aussi. Et je me demande toujours pourquoi les gens commentent ce genre de post, alors qu’il suffit juste de ne pas les lire pour qu’ils deviennent invisibles. Si tu réponds en commentaire, même pour t’offusquer, tu leur apportes de la visibilité.

    Quant à ton dernier point sur l’IA, il rejoint nos nombreuses conversations en MP. Depuis le jour où tu m’as éclairée sur le fait que, lorsque j’étais déstabilisée parce qu’on copiait des parties de mes chroniques, c’était peut-être simplement dû au fait que la personne avait utilisé l’IA pour écrire la sienne, je t’avoue que depuis, je n’ai plus la même flamme. Je me dis « À quoi bon ? ». C’est pour ça que j’ai arrêté de partager mes chroniques sur plusieurs plateformes.

    Malgré tout, Bookstagram reste un réseau social que j’apprécie, en complément des blogs, car si tu l’utilises à bon escient, et que tu privilégies non pas la quantité d’abonnés, mais la qualité de tes propres abonnements, tu peux vraiment découvrir des personnes qui valent le détour. Il ne faut simplement pas se soucier du reste.

    Bref, tout ça pour dire qu’encore une fois, tu as fait un énorme travail de recherche et de mise en lumière et je t’en remercie.

  23. Anonyme dit :

    Merci pour cet article. C’est très intéressant voir même inquiétant en fait!

  24. Aude Bouquine dit :

    La parole de la sagesse !! Tu as tout compris et depuis notre rencontre, tu n’as jamais dévié de tes principes ! Sur le plagiat de chronique tu as raison… J ai constaté que ChatGPT venait chercher des infos sur mon blog, et cela très régulièrement. Ce n’est pas un hasard…. Quand J écris une chronique de 1800 mots sur le blog et que j’en vois un résumé en 2000 caractères sur Insta, d’une personne que je connais ( en plus !!), je sais comment on s’y est pris ! C’est en observant qu’on se rend compte. Il y a des personnes qui se sont abonnées à ma page insta, puis désabonnées. Je l’ai notées en faisant des copies écran. Après le désabonnement, elles reviennent s’abonner en force en ayant oublié qu’elles avaient déjà joué à ce petit jeu. La tentation est grande de les afficher … et un jour, ça va me prendre 😉

  25. belette2911 dit :

    Ouf, pas d’instamachinchose ! J’évite donc les faux gonflements et toutes ces merd** ! Je me contente de mon blog et des quelques copinautes avec qui je partage des moments de papotes et de littérature 😉 Merci pour ces éclairages ! 😉

  26. Aude Bouquine dit :

    Je pense que c’est une excellente façon de faire ! La meilleure, celle de la vraie vie !

  27. Bouquindom dit :

    J’étais loin de savoir tout ça. Suis d’autant ravie de ne pas être sur ces réseaux. Merci

  28. Tout cela est bien effrayant… Je me sens complètement à part de ce monde qui me semble bien lunaire. S’inventer une vie, une communauté, une reconnaissance, un succès, devient l’objectif n°1 d’un bon nombre de personnes et c’est vraiment triste (surtout pour eux)… Jamais je ne me travestirai de la sorte, la lecture doit rester un plaisir, une passion et j’ose croire que nous sommes encore quelques uns à le penser. Merci pour cet article éclairé.

  29. Aude Bouquine dit :

    J’ai tjs bcp lu, et ce n’est pas demain que cela s’arrêtera. S’inventer une vie c’est l’objectif de beaucoup malheureusement…

  30. Oui, moi non plus je ne m’arrêterai pas de lire, mais partager, c’est une autre histoire… Parfois je suis dégoûtée de voir comment le monde littéraire évolue.

  31. Aude Bouquine dit :

    Nous en sommes au même point avec les mêmes conclusions…

  32. C’est triste parce qu’il y a quelques années, c’était vraiment une autre ambiance, on échangeait beaucoup plus, il n’y avait pas toute cette superficialité. Tout était plus simple. Les temps changent…

  33. Exuline dit :

    Un article très intéressant et qui confirme le fait que je ne regrette pas de ne pas avoir Insta. Je ne savais pas que ça fonctionnait comme ça et ça ne me donne pas du tout envie.
    En revanche je mettrai un bémol sur l’IA. Car elle peut aider des personnes qui ont du mal à écrire ou à organiser ses idées et qui pourtant veulent partager sur ses lectures. Il faut le voir plus comme une aide à la page blanche que un rédacteur complet de chronique.

  34. Ludivine dit :

    Quelle belle trilogie d’article ! Je suis arrivée par ici grâce au blog de Yvan et je suis curieuse de voir le prochain article sur l’utilisation de l’IA. Je n’utilise pas Instagram, j’ai essayé pendant quelques mois quand j’ai ouvert mon blog il y a cinq ans. Ca me paraissait trop rapide, trop tape à l’œil. Ca m’a donné des angoisses, peur de ne pas arriver à suivre. Et parfois j’avais le sentiment d’une forme de compétition chez certains comptes. J’ai arrêté, trop néfaste pour moi. Je me suis consacré au blog. Maintenant j’utilise un peu Twitter, pour suivre certaines sorties (livres, jeux, musique), pourtant je reconnais bien certaines techniques que tu présentes, comme la fameuse follow/unfollow ou les dramas. Par contre je découvre le DM Magnet et les alliances secrètes, c’est fou ce qu’on peut voir pour un peu de visibilité sur Internet. Ce serait presque drôle si ca ne remettait pas en cause des univers passions, si ca ne reléguait pas le travail des auteurs et l’implication des vrais lecteurs en arrière plan. Merci en tout cas pour cette série d’article.
    Et je te souhaite de très belles fêtes de fin d’année ! ✨🙂

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