« Mon désir le plus ardent » était de retrouver la sensibilité de Pete Fromm découverte avec « La vie en chantier », et d’y retrouver la promesse d’un moment de lecture tout en émotion. Maddy et Dalton sont deux jeunes adultes lorsqu’ils se rencontrent. Vibrant d’énergie, de soif de vivre, ils souhaitent accorder leurs battements de coeur à la nature, et vivre en son sein. Ils sont un peu déjantés, passionnés, pleins d’humour et, dès les premières pages, j’ai compris que j’allais laisser un morceau de moi dans ce roman.
« Mon désir le plus ardent » s’ouvre sur cette étincelle entre eux. D’abord une toute petite flamme qui crépite, et qui devient rapidement un grand feu de joie. Autour de passions communes pour la montagne, les sports d’eau et l’aventure, Mad et Dalt jouent au chat et à la souris. Ils se tournent autour, se flairent, s’apprivoisent. L’amour naît le plus naturellement du monde, ces deux-là c’est pour la vie. Je les observe, je me souviens de mes premières fois, des rires qui scellent la musique d’un couple. Ils sont beaux. Le monde leur appartient.
Mais la vie est souvent imprévisible et sans pitié. « Je les préviendrai, dit-il. De faire très attention au bonheur. Je leur dirai qu’il risque de les prendre par surprise, de leur couper le souffle, et qu’ils en voudront toujours plus. » Mad tombe malade, une sclérose en plaques s’invite dans son corps, dans leur vie où ils ont un plan pour tout, sauf pour ça. Cette foutue saloperie va ravager leur « désir le plus ardent »… L’avenir s’assombrit, le plan qu’il avait pour leur vie à deux doit changer de trajectoire. Elle vit très mal l’arrivée de cet hôte cruel. Mais, lui s’adapte. Car son « désir le plus ardent », c’est prendre soin d’elle et continuer à l’aimer passionnément.
« Mon désir le plus ardent » suit l’histoire de ce couple, dans les bons et les mauvais jours. Quand la maladie s’invite dans leur histoire et en fait le siège, que la frustration, l’épuisement et l’incompréhension silencieuse prennent toute la place. Parfois, les mots sont tus, parfois l’humour refait surface. Ensemble, ils continuent pourtant de danser sur ce champ de ruines… Le désir subsiste, malhabile, mais têtu même quand le corps se dérobe. « On va commencer le décompte de nos vies tout de suite. On a des décennies devant nous, Mad. Toi et moi, côte à côte, front contre front. Peau contre peau. Une vie entière. »
L’écriture de Pete Fromm est un ravissement tant il a su capter l’alchimie de ces deux êtres. Jamais voyeur, jamais larmoyant, il décrit la maladie telle qu’elle est, il décortique cette nouvelle météo qui change la dynamique du couple avec pudeur et délicatesse. Et dans cette affliction qui les frappe parfois, il instille une lumière qui réchauffe les âmes et caresse les corps épuisés, celui de Mad assailli, celui de Dalt fourbu par un travail acharné. « Mon désir le plus ardent » navigue entre tendresse et déchirement, et éblouit par la justesse des émotions.
« Mon désir le plus ardent » garde en mémoire les rires de Maddy, les souvenirs des échappées belles sur la rivière, et de ces petits riens de la vie quotidienne qui font la beauté d’un couple solide. C’est un roman qui parle de la vie, des rêves qui s’effilochent, des victoires personnelles, des déceptions et des combats à mener. De l’existence qui nous emporte parfois vers l’inconnu et provoque bien des séismes.
Mais c’est aussi un texte qui nous fait ployer, tant il réveille des peurs enfouies, et des questions qui restent sans réponse. Pourquoi nous ? Pourquoi maintenant ? Et après, quoi ? Il bouscule, il serre le coeur, il oblige à regarder les aléas de la vie en face et à prendre conscience que, demain, tout bonheur peut s’arrêter. « Mon désir le plus ardent » a malmené mes émotions et mis en lumière ma propre fragilité actuelle. Qu’il est difficile d’accepter que, parfois, nous ayons tant besoin des autres pour nous soutenir…
Et pourtant, je vais le garder comme un talisman, et le rappel continu que l’essentiel réside dans les gestes simples du quotidien qui valent tellement plus que les mots. Une main sur une joue, une caresse dans les reins, un baiser sur les cheveux.
« Mon désir le plus ardent » était de follement aimer ce texte, d’y trouver de l’émotion, une forme d’apaisement, un endroit où me retrancher pour quelques heures. Merci d’avoir si bien transmis l’amour, même dans ses heures les plus sombres, même lorsqu’on espère la fin d’un nouveau matin pour ne plus souffrir. « Mon désir le plus ardent » n’est pas un roman sur la maladie, c’est un roman sur ce que l’on choisit de vivre… même quand la vie fait tout son possible pour reprendre ce qu’elle nous a donné.
Je vous confie « Mon désir le plus ardent », je vous passe le flambeau. Si ce n’est déjà fait, lisez-le. Et continuez d’aimer un peu plus fort.
Traduction: Juliane Nivelt
Titre original : If Not For This
Editeur : Gallmeister
Sortie : 9 mai 2019
288 pages, 9,90 euros
Ton désir le plus ardent était de sortir une belle lecture de ta gigantesque PAL, c’est une double réussite 🙂
Tout à fait 😂
Un roman dont j’ai beaucoup entendu parler, mais j’ai peur qu’il soit trop triste.
Il est plein de lumière et d’humour mais il est vrai qu’il parle de la maladie et certains passages sont poignants.
Ma première lecture de l’auteur et de Gallmeister et depuis, je suis une inconditionnelle des deux..
Très belle chronique encore une fois. Merci à toi 🙏 😘
Un roman que j’ai adoré ! Un coup de coeur 😉
Il est magnifique ♥️
Je vais lire le dernier 😉
Merci d’être là 😘
Un véritable coup de cœur
Moi aussi j’y ai laissé une partie de moi, et je prend un peu de maddy et dalt, comme un caillou ramassé sur la plage et qu’on aime sentir dans sa poche.
Merci pour cette découverte !
Magnifique roman ♥️