Aude Bouquine

BLOG LITTÉRAIRE

La femme de ménage de Freida McFadden, version Audio

Ceci est la chronique de « La femme de ménage » en version audio, parue chez Lizzie.

Résumons succinctement « La femme de ménage », en parlant des deux protagonistes. Millie est une jeune femme déterminée à reconstruire sa vie après un passé trouble. Elle est embauchée comme femme de ménage par les Winchester, espérant que ce travail marquera le début d’une nouvelle existence. Sa patronne, Nina, est une femme riche qui semble mener une vie parfaite. Elle est mariée à Andrew, et a une petite fille du prénom de Cecelia. 

Dès son arrivée, Millie remarque des éléments inquiétants dans la maison : des pièces verrouillées, des objets déplacés, et un comportement étrange de la part de Nina qui sait être aussi charmante que terrifiante. Au fur et à mesure des journées qui s’égrènent, Millie découvre des indices troublants sur la véritable nature des Winchester. La tension monte au gré des humeurs de sa patronne. Le récit est entrecoupé de révélations sur le passé de Millie, dévoilant ses « erreurs » de jeunesse et les expériences difficiles traversées.

Je ne pense pas que ce soit la version audio de « La femme de ménage » qui ait déclenché cela (j’écoute très peu de polar en audio), mais j’ai vu l’intégralité des péripéties venir à des kilomètres. La structure narrative est assez linéaire (y compris le twist de milieu de récit) et simpliste, et j’ai très vite compris où Freida McFadden voulait en venir. Les rebondissements, censés maintenir le suspense, sont prévisibles et manquent cruellement de profondeur. 

Les thématiques abordées auraient pu être captivantes si elles n’avaient pas été si vite survolées. Ainsi, la manipulation psychologique par le pouvoir (une mise en position de vulnérabilité constante), les différentes classes sociales et leurs privilèges (contraste entre la vie opulente des Winchester et la précarité de Millie), les secrets et les mensonges (façade de famille parfaite versus réalité), la confiance puis la paranoïa, et enfin la rédemption sont tous survolés. Même réflexion pour les relations familiales où il y aurait eu beaucoup de choses à déployer. 

Les interactions entre les personnages sont terriblement clichées… si clichées qu’elles mettent rapidement la puce à l’oreille. Les intentions des antagonistes sont évidentes dès leur introduction, laissant peu de place à l’imagination ou à l’anticipation.

La fin de la « La femme de ménage », bien que souvent encensée pour son dénouement, est d’une prévisibilité affligeante. Tout au long du récit, l’auteur laisse des indices trop évidents sur le sort final des personnages et la résolution des conflits. Lorsqu’elle arrive, elle ne provoque aucune secousse ni surprise, car je l’avais anticipée de longue date. Même les tentatives de renversements de situation tombent à plat, car elles sont téléphonées trop tôt dans l’histoire. Je crois vraiment qu’un lecteur attentif aura déjà deviné ces révélations bien avant qu’elles ne se produisent, rendant le climax du livre terriblement décevant. De plus, lorsqu’on a lu beaucoup de thrillers, il est quasiment impossible de ne pas déjà avoir vu ce schéma des dizaines des fois dans d’autres romans… 

« La femme de ménage » est un thriller domestique et psychologique que j’ai choisi de découvrir dans sa version Audio. Qu’on se le dise d’emblée, les deux comédiennes, Laure Filiu et Audrey Sourdive sauvent le roman tant elles incarnent les deux femmes à la perfection. Il est clair que sans leur interprétation, je n’aurais pas pu lire ce texte en version papier. (J’ai tenté la lecture, mais impossible d’y trouver le moindre intérêt) Elles usent à merveille de leurs voix pour retranscrire tous les clichés qu’il m’aurait été insupportable de lire, mais qui m’ont procuré un appétit certain pour avoir envie de continuer : la bipolarité de Nina, son côté bourgeoise détestable, ses problèmes inexistants qui prennent des proportions inimaginables, sa gamine à baffer tant elle est mal élevée, sa façon de souffler le chaud et le froid. Quant à Millie, son exaspération parfaitement maîtrisée, sa naïveté mêlée à son intuition plutôt bien développée, et ses inquiétudes sont un régal à l’audio. La tension de certains passages, parfaitement retranscrite par les comédiennes, a même permis un certain attachement envers les deux femmes ! Un miracle ! Pour faire un parallèle avec une situation que vous connaissez sûrement : plusieurs fois, j’avais l’impression de me retrouver dans un film d’horreur où les protagonistes font plusieurs groupes de deux pour partir en escapade dans la forêt… (quand on te dit « pericosolo », tu dégages !)

Dans cette version audio, il faut reconnaître que la comédienne qui joue Millie (il me semble qu’il s’agit d’Audrey Sourdive) s’en donne à cœur joie dans les dernières pages. La tonalité offre un petit côté sadique dans la répétition du « mais pas tout de suite » qui m’a fait jubiler ! 

J’ai coutume de dire que la version audio offre un magnifique écrin à la version papier. Concernant « La femme de ménage », cela va bien au-delà : elle donne à la fois de la consistance au texte en lui apportant la substance qui lui fait cruellement défaut, et cela en gommant la majorité des points négatifs. C’est dire à quel point le travail des lectrices est phénoménal ! 

D’autres avis sur le roman, site Babelio

Écoutez : ENTRE FAUVES, Lu par Thierry Blanc, Charlotte Campana, Alexandre Nguyen, Cyril Romoli – Audiolib, paru le 7 décembre 2022.

18 réflexions sur “La femme de ménage, Freida McFadden.

  1. Marie-Christine GRONER dit :

    J’ai adoré ce livre, hâte d’écouter la suite. J’écoute les sept maris sur tes conseils ♥️😘

  2. Aude Bouquine dit :

    Ah super ! Tu me diras 😉

  3. laplumedelulu dit :

    Je l’ai adoré, mais pas en version audio. Je l’ai lu. Merci à toi pour la chronique 🙏 😘

  4. Anonyme dit :

    J’ai également beaucoup aimé cette lecture et, contrairement à ton avis, rien vu venir. Pour te consoler avec cette autrice, je ne peux que t’encourager à lire « La psy », dernier roman paru.

  5. Aude Bouquine dit :

    J’écouterai en audio je pense ( quand il sera sorti ) 😉

  6. Yvan dit :

    Comment te dire ? Je n’avais déjà pas du tout envie de le lire avant, je ne pensais pas que je pouvais en avoir encore moins envie, ben si 😉

  7. Aude Bouquine dit :

    😂 dommage ! C’était un autre plan pour ton late birthday 🥳

  8. Lilou dit :

    Merci pour ta chronique. Vu mon énorme PAL je vais passer mon tour ! 😉👍

  9. J’attendais ta chronique avec impatience, j’étais sûre que ça allait piquer ! 🤣 En attendant, tu m’as donné trop envie de le redécouvrir en audio alors que je l’ai déjà lu en papier ! Tu es trop forte Aude !

  10. Aude Bouquine dit :

    Ah mais les comédiennes de l’audio sont géniales !!

  11. Je déteste quand tout est prévisible, et j’ai tendance à deviner même si ce n’est pas prévisible… ma PAL te remercie ! Next 😅

  12. Fab!en dit :

    Ça doit changer la perspective qu’on a de l’histoire quand on l’écoute en version audio. J’aurais bien aimé découvrir la dernière partie de cette manière-là (rien que sur le papier, je n’ai pas arrêté de sourire et de rire). Sinon, en effet, ce n’est pas le roman de l’année, ni du siècle. Mais ça se lit bien et même si on devine ce qui se trame, c’est prenant de bout en bout. J’ai d’ailleurs débuté la tome 2 de suite après la fin du 1.

  13. Aude Bouquine dit :

    Tout à fait : la version audio apporte quelque chose de très agréable lié au fait que les deux interprètes prennent un plaisir fou à lire cette histoire.

  14. Patricia Brassinne dit :

    Bonjour, je suis nouvelle sur le blog. (Merci à Nadia de Livresse du Noir. )
    Je partage ton avis, je l’ai lu et terminé, que ce fut long. Je fais l’économie des suites. Pas du tout pour moi.
    Je n’ai encore écouté aucun livre audio. J’essaierais.
    Merci pour les chroniques

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