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Paris Hollywood, Cécile Mury.

 Paris Hollywood Cécile Mury

Take my breath away and let me enjoy « Paris Hollywood », le premier roman de Cécile Mury, journaliste cinéma dans le très sélect et parfois mordant magazine Télérama, comme son héroïne Marianne Corvo, une catastrophe ambulante qui n’a pas peur du ridicule. Lorsque sa rédaction l’envoie interviewer le célèbre Ben Whyte, un avion de chasse du box-office, mauvais comme une carne avec les journalistes, Marianne est en PLS. Vingt minutes de conversation c’est dix-neuf de trop. La pâle copie de Bridget Jones se rend à l’hôtel Meurice, son courage en bandoulière et son anglais en erreur 404. Le mâle néo-zélandais le plus susceptible du métier l’attend avec sa cour, prêt à en découdre et à utiliser l’humiliation publique comme arme de destruction massive. 

Quand Marianne est stressée, Marianne est hors de contrôle : elle s’ébouillante avec son café, s’assoit sur des humains, utilise un mot pour un autre et pose des questions tellement ridicules que c’en est hilarant. Tout en chair, en charme, et en fossette, Ben Whyte se bidonne. Cette fille-là ne ressemble à aucune de celles qui gravitent dans son giron. Il faut dire que personne ne lui lèche aussi facilement le cou en guise de bise d’au revoir… En même temps, rencontrer une star qui nous fait fantasmer, je voudrais bien nous y voir ! Après ce premier entretien « crash en flammes » qui pouvait imaginer la naissance d’un flirt transatlantique ? Cécile Mury ! « Paris Hollywood » est raconté avec une plume vive, mordante, drôle à souhait, et truffée de jeux de mots. Du grand art littéraire !

Il n’est pas si facile de faire rire en littérature sans tomber dans l’excès ou la caricature. Comme il n’est pas aisé d’écrire une « comédie romantique » qui ne soit pas nunuche, entre deux protagonistes cliché à souhait, sans travailler l’environnement de leur histoire. « Paris Hollywood » séduit autant par la verve des deux personnages : celle de Marianne est hilarante, celle de Ben, en anglais, très imagée. Le texte renvoie à tant de références musicales et cinématographiques, qu’il ferait pâlir un stand-uppeur d’excellente facture. C’est un festival, un feu d’artifice de punchlines acérée et de dialogues ciselés, de réflexions subtiles et de culture générale tout à fait remarquables. Et pour donner vie à l’ensemble, Zita Hanrot, la lectrice de la version audio, y met tout son coeur et toute son énergie. Une interprétation tout à fait épatante !

Pour une fois, c’est la statue grecque soupe au lait qui tombe raide dingue de la journaliste un peu empotée. Il baisse les armes pour laisser entrevoir son côté un peu plus humain, car les failles et gaffes de Marianne l’émeuvent. Perpétuellement entouré de faux-culs à la pelle, et de trouillards qu’il aime malmener, Ben Whyte apprécie le franc-parler d’une femme qui n’a pas peur du ridicule. 

« Paris Hollywood » déroule une succession de situations rocambolesques et désopilantes qui vous offriront une excellente thérapie par le rire. Sans ordonnance, sans effets secondaires, cet antidépresseur audio vous transporte des grands hôtels parisiens aux tournages de films, des studios de 20M 2 aux limousines aux vitres fumées. Brique après brique et page après page, la tour bancale de flirt improbable vous pousse vers des fous rires incontrôlés.

Que ça fait du bien ! À quelques jours de la rentrée littéraire où beaucoup d’ouvrages sont de l’autofiction, moi et mon enfance, moi et mon père, moi et ma mère, moi, moi, moi, on ne peut qu’apprécier cette bouffée de fraîcheur et de franche rigolade. Le tout est emballé dans une prose joyeusement littéraire, travaillée et tendre. On en reprendrait bien une belle part, tant « Paris Hollywood » surprend par son déroulé inattendu et ses dialogues qui claquent.

Si vous êtes fan de « Bridget Jones », « Coup de foudre à Notting Hill », « Love Actually » ou toute autre forme de « romcom », foncez. Mon petit doigt me dit que les droits d’adaptation au cinéma ont été achetés avant la parution du roman. Tu m’étonnes ! Pourquoi se priver d’une telle opportunité qui met du baume au coeur et fait marcher les zygomatiques ?

Pour un premier roman, c’est un coup de maître : jubilatoire, enjoué, délicieusement réconfortant, tendre, et touchant. Cécile Mury, « Peter » en talons de 12 face à Ben Whyte, star adulée, sait y faire et sait écrire. Quant à Zita Hanrot, elle sublime le texte ! « Paris Hollywood » c’est de l’or en barre dans ce monde devenu si anxiogène, un bonbon acidulé à savourer.

Je ne peux que vous recommander cette lecture réjouissante si vous manquez de raisons de sourire, mais pas seulement… Faites-vous du bien et détendez-vous, ça vaut le coup !

Découvrez aussi : Les heures fragiles, Virginie Grimaldi.

D’autres avis sur le roman – Babelio –

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