« La psy », le roman de Freida McFadden publié en avril 2024 chez City éditions, nous plonge dans un huis clos assez oppressant où chaque personnage semble dissimuler quelque chose. Tricia et son mari Ethan, jeunes mariés, visitent une maison isolée en pleine tempête de neige. Dès leur arrivée, un malaise s’installe. La maison a appartenu à Adrienne Hale, psychiatre brillante, mystérieusement disparue quelques années plus tôt. Alors que Tricia trouve des cassettes enregistrées par « La psy » avec ses patients, elle réalise peu à peu que le danger ne vient pas que de la maison, mais également de ce qui s’est dit entre ses murs… En effet, le passé d’Adrienne est plus trouble que le jeune couple ne l’imaginait.
Freida McFadden excelle à explorer le fil ténu qui sépare la vérité du mensonge, la rationalité de la folie. En tant que psychiatre, Adrienne Hale maîtrisait l’art de détecter le mensonge chez ses patients, mais ce pouvoir semble se retourner contre elle lorsque ses propres secrets font surface. À travers les enregistrements audio d’Adrienne et les interactions de Tricia et Ethan, le roman soulève une question intéressante et finalement identique à celle posée dans « La femme de ménage » : Peut-on vraiment connaître ceux qui nous entourent ? Les personnages, rongés par leurs non-dits, illuminent le fait que chacun a une part d’ombre qu’il dissimule.
La thématique de la folie est omniprésente. La maison elle-même devient un personnage à part entière « à traiter » : poussiéreuse, silencieuse et chargée d’un passé tragique, elle exacerbe les tensions psychologiques des protagonistes. Comme un labyrinthe, elle reflète l’esprit de ses habitants, rempli de secrets inavouables.
La structure narrative de « La psy » alterne entre deux points de vue : Tricia, prisonnière de cette maison qui semble « vivante », et le passé d’Adrienne, au moyen de ses enregistrements. Ce procédé nous donne accès aux pensées les plus intimes des deux femmes et amplifie le suspense.
Les cassettes audio constituent un élément clé du roman : elles dévoilent progressivement les confessions terrifiantes des patients. L’écoute des enregistrements instaure une tension que j’ai vraiment beaucoup aimée dans la version audio, car le lecteur s’interroge sur leur lien avec le destin d’Adrienne (et sur l’histoire au présent évidemment). Chaque révélation est comme une pièce ajoutée à un puzzle dont l’image progressivement révélée nous glace le sang.
Si vous êtes familier des romans de Freida McFadden, vous savez que la romancière est passée maître dans l’art des twists inattendus. Et « La psy » ne déroge pas à la règle. Sans en dévoiler trop, le dénouement renverse tout ce que j’avais anticipé, et cru savoir ! Freina McFadden joue avec nos perceptions et nous laisse croire que nous détenons la vérité pour mieux nous piéger. Et franchement, je défie quiconque de trouver cette fin !
Comme pour les 3 tomes consacrés à la femme de ménage, j’ai écouté « La psy » dans sa version audio. Celle-ci est lue par Léovanie Raud et Alice de Ferran qui interprètent tour à tour les voix de Tricia et d’Adrienne. La voie d’Adrienne est posée, analytique, presque froide. Elle incarne une professionnelle qui maîtrise ses émotions, mais dont les failles transparaissent peu à peu. Ses enregistrements donnent l’impression d’une femme qui perd pied au fil des révélations. La voix de Tricia, plus nerveuse, parfois tremblante, traduit l’angoisse croissante d’une femme prise au piège dans une maison hostile. Ses monologues intérieurs nous font ressentir un certain malaise physique et psychologique.
Encore une fois, les deux comédiennes font le sel de « La psy ». Elles livrent une performance époustouflante qui respire une joie communicative. Elles se sont manifestement éclatées à incarner leurs personnages respectifs, et ce plaisir transparaît dans chaque intonation. Leur jeu dynamique et énergique transforme l’écoute en une expérience immersive où chaque échange, en alternance, semble avoir été pensé pour nous faire frissonner ou sourire d’effroi. On sent que les deux comédiennes ont pris une joie évidente à jouer sur le fil du suspense, et ce plaisir est hautement contagieux pour l’auditeur, qui se laisse happer par ce duel aussi troublant que fascinant. L’ajout des extraits des cassettes audio écoutées par Tricia ajoute à l’ensemble un petit plus très apprécié.
« La psy » est un thriller qui joue avec nos nerfs et nos certitudes. Freida McFadden nous emmène dans un jeu d’illusions où la frontière entre réalité et folie s’efface. Les amateurs de thrillers psychologiques y trouveront leur compte, surtout grâce à ce final explosif qui nous rappelle pourquoi l’écrivaine a le vent en poupe.
Que ce soit en version papier ou audio, préparez-vous à être hanté par cette maison et par ses voix… jusqu’à la dernière page. Une écoute vraiment plaisante !
Publié chez Lizzie le 12 décembre 2024, 7 h 23 d’écoute.
Publié chez City éditions le 17 avril 2024, 384 pages, traduit par Karine Forestier.
Ce n’est vraiment plus mon genre de livres, actuellement 😉
Je fais des bredeles est ma réponse 😂
le jeu des acteurs changent vraiment la donne, c’est typiquement le style de livre que j’aurais du écouter plutôt que de le lire.
J’en suis venue à la même conclusion : jamais je n’aurais lu ce livre en papier mais les comédiennes rendent la chose vraiment distrayante.
Je ne suis pas encore convaincue par l’audio, à petite dose et dans ma voiture sur un long trajet, ça passe…
Mais bizarrement, malgré (ou à cause !) de tout le tapage autour de l’auteure, je ne suis pas tentée.
Il attendra la version poche pour mettre avec ses petits frères. Merci à toi pour la chronique 🙏 😘
Je n’ai pas encore lu le premier, mais il semble que cette auteure est vraiment bien partie !
Pas sûre de vouloir me tourner vers cette histoire, du moins en ce moment, mais si je le fais, ça sera sûrement en audio !
En vrai ça s’écoute bien en faisant plein d’autres choses mais encore une fois, les comédiennes rendent le livre meilleur qu’il n’est en réalité. Mais c’est mon avis